Casablanca : Hôtels à couteaux tirés

Casablanca : Hôtels à couteaux tirés

La redistribution des cartes dans l’hôtellerie casablancaise ne profite pas à certaines vieilles institutions de la capitale économique. Un établissement comme le Royal Mansour, datant des années 50, n’est plus aussi impérial qu’il l’était il y a de cela deux ans. Le départ de Phillipes Seigle, adepte de l’hôtellerie «made in France » avec un penchant pour les opérations de promotion a ouvert une nouvelle ère, dédiée au réalisme.
L’établissement se concentre sur son activité, en réduisant la voilure. « C’est la première fois en autant d’années qu’il n’y a pas eu une opération fin d’année », remarque un habitué.
Pressé par la concurrence, élargi avec l’arrivée de nouveaux acteurs, le Royal Mansour a dû aussi faire avec un marché des touristes arabes en récession. Pourtant pour le staff actuel, il n’est pas question de répondre aux chants du sirène et de plier le genou devant la tentation du package. L’année 2004 aurait été bouclée sur des chapeaux de roue avec un taux d’occupation tournant autour de 60%. Motif de satisfaction, certains clients que les concurrents étaient parvenus à arracher» reviennent petit à petit». Parce qu’ici, ils ont le privilège d’être traités en roi avec un personnel qui les appelle par leurs noms, précise fièrement un cadre de l’établissement.
Mais derrière cette assurance de marbre, il y a des signes qui ne trompent pas. D’abord le retard pris dans la rénovation, un sujet que le groupe Méridien devrait bien aborder un jour où l’autre s’il veut maintenir le palace en tête des hôtels de Casablanca. Il y a eu ensuite le départ de quelques cadres du département marketing, lequel se trouve directement exposé devant la culture du résultat prôné par l’irréprochable Heinz Grub.
L’Allemand dont le contrat arriverait à terme courant mars a engagé dès son arrivée un important programme de restructuration interne, sans parvenir pour autant à trouver le sacerdoce pour capter une clientèle du Golfe devenue volatile. Les Saoudiens, les Koweïtiens, sensibles à la piscine et à l’animation s’orientent volontiers vers le Hyatt Regency, lequel tire les premières dividendes d’une rénovation coûteuse.
L’établissement (250 chambres) a bouclé l’année 2004 avec un taux d’occupation de 62% pour un prix moyen de la chambre estimé à 1040 dirhams. Des performances qui n’ont pas toutefois atteint les objectifs affichés au départ, à savoir un taux d’occupation de 67%. Le succès actuel du Hyatt Regency s’explique par les efforts entrepris pour améliorer la restauration et l’introduction des formules nouvelles comme le Café M. La sérénité est affichée aussi au Farah Casablanca. Mohamed Achetouane fait aussi état d’un taux d’occupation tournant autour de la soixantaine. Cet établissement qui a retrouvé lui aussi une seconde virginité après un programme de rénovation réusssi mise ouvertement sur la clientèle européenne. Il y a quelques exercices, cela aurait étonné, mais ajourd’hui, les Européens et les individuels sont devenus la force du Farah, explique un cadre de la direction marketing.Tout à côté, au Sheraton, l’heure est d’abord au repositionnement. Devenu du jour au lendemain, le seul établissement Starwood au Maroc, ce sont toutes les structures commerciales et les réseaux de vente que l’Egyptien Ismaël Sidky (très discret) est appelé à revoir.
L’établissement puise sa force dans une clientèle régulière et plutôt de bonne qualité que sont les équipages d’avions.
Sur les congrès et les conférences, la compétition, très vive, a des effets immédiats sur les prix. Ceux-ci ne cessent de dégringoler. Nouvellement arrivé, le Palace d’Anfa doit se faire accepter par ses concurrents qui, comme c’est de tradition, l’accusent déjà de casser les prix. «Les prix sont en train de chuter, c’est dommage pour une ville qui compte autant d’enseignes de luxe comme Casablanca », soupire le directeur adjoint d’une grande chaîne.
Aucun de ces établissements par contre ne semble avoir trouvé le sacerdoce pour capter la clientèle nationale, pourtant très présente. Sur la Corniche, le retard pris dans la mise à niveau se fait aussi sentir.
Les compagnies aériennes ne s’y sont pas trompées. Adeptes du meilleur confort au moindre coût pour le client, elles ont signé des contrats en béton avec les nouveaux établissements comme l’hôtel Galaxy, sur la route d’El Jadida. Cet établissement s’accapare exclusivement de la clientèle d’Emirates privant la corniche d’une bonne partie de sa clientèle.
La concurrence n’est qu’à ses débuts, puisque actuellement dix- sept hôtels sont en construction à Casablanca.

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