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Ces maux qui continuent à guetter le tourisme

Ces maux qui continuent à guetter le tourisme

Le secteur mis sous la loupe d’un webinaire

Il est vrai que le secteur du tourisme, qui affiche de grandes ambitions, accomplit de bonnes performances en dépit de la crise. Cependant, certains écueils continuent à le guetter. Le diagnostic en est fait, jeudi dernier, à l’initiative de l’institut CDG et le groupe Madaëf qui en relève, le temps d’un webinaire intitulé «Impulser les écosystèmes du tourisme». Le tout avec la contribution de fins connaisseurs en la matière qui mettent également en avant les cartes à jouer par le pays. C’est le cas de l’augmentation de la durée passée dans le Royaume.

Passer à un séjour de 4 jours au lieu de 2,5
Cet exemple est donné par le président du Cconseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat, Othman Chérif Alami, qui précise : «La durée moyenne de séjour est de 2,5 jours». «Nous devons passer à 4», suggère-t-il. A son sens, la réflexion autour des nuitées est censée être révolue. Quant au tourisme rural, toutes les régions ont, pour lui, l’obligation d’y investir. Et ce n’est pas tout ! Il s’exprime même sur le quai de croisière de Casablanca qui a coûté 600 millions DH alors que sa gestion dépend d’études, ainsi que sur le «gâchis» de la non-utilisation d’infrastructures comme le stade Al Amal fermé depuis 15 ans.
Le responsable, qui met l’accent sur l’obligation d’avoir un palais de congrès déjà acté dans le plan régional, évoque, de plus, le chiffre de 400.000 chômeurs qui peuvent être associés en marketing territorial. «Il faut commencer par le citoyen en essayant de l’engager dans sa région. Des milliers de personnes doivent profiter de l’industrie touristique avec des emplois déterminants», enchaîne-t-il.

Par la même occasion, l’intervenant, qui ne manque pas de rappeler les subventions du gouvernement au secteur, nourrit des ambitions quant à la feuille de route 2026 qui se veut d’atteindre 6 millions de touristes. «J’espère qu’elle sera validée», s’exprime-t-il. Et ce n’est pas tout ! pour lui, le pays est «très demandé». «C’est ça le vrai capital», avance-t-il au moment où d’autres participants creusent en termes d’écueils.

Seulement une «certaine hétérogénéité»
De son côté, le professeur à l’Ecole supérieure de technologie d’Essaouira relevant de l’Université Cadi Ayad, Larbi Safaa, qui rappelle la célébration de la journée mondiale du tourisme le 27 septembre dernier, met en avant les caractéristiques de l’écosystème. Tel qu’il le qualifie, celui-ci est marqué par «une certaine hétérogénéité des acteurs». Entre-temps, le professeur, qui révèle l’envie beaucoup plus forte de voyager chez tout un chacun, n’hésite pas à donner l’exemple du plan Azur.
«Seulement deux stations sur six arrivent à marcher», souligne-il en rappelant que les destinations marocaines sont quand bien même en train de faire de belles prestations. Il va même jusqu’à proposer un «storytelling territorial» en donnant l’exemple de Marrakech. Il suggère, en outre, d’aller «dans les ressources extratouristiques». «La formation est le parent pauvre de ce secteur», ajoute-t-il. Le tout en considérant que «chacun des acteurs a un business model différent».

La qualité du parcours à améliorer
Egalement de la partie, le consultant en tourisme, Jean Luc Boulin, abonde quasiment dans ce sens. «Quand le client voyage, il se retrouve en face d’un écosystème non organisé à moins d’aller à un resort par exemple», fait-il remarquer en donnant par la suite l’exemple de la métropole.
A Casablanca, il y a, tel qu’il l’explicite, du transport, de la restauration et de l’hébergement à proximité. «Même si on ne peut pas coordonner un écosystème, on peut améliorer la qualité du parcours», recommande-t-il en mettant en avant le principe de «la confiance». A cet effet, il est question pour lui d’accueillir le visiteur «avec performance». Il s’agit aussi, à son sens, de «valoriser l’écosystème pour que chaque entreprise soit fière d’en faire partie». Le conseiller s’exprime même sur la gouvernance censée, tel qu’il l’indique être «vertueuse pour anticiper et être résilient par rapport aux crises». «L’enjeu ce n’est pas la promotion», avance-t-il. Pour lui, il est plutôt question «d’appuyer les ressources humaines avec une organisation de l’offre». «Une bonne gouvernance consiste à avoir un système de gestion de crise», poursuit-il.

Des pistes à creuser selon Madaëf
De son côté, la directrice innovation et business transformation chez Madaëf, société d’investissement touristique relevant du Groupe CDG, Housna Medaghri Alaoui, met en avant le soutien apporté par cette structure aux porteurs de projets. Dans ce sens, elle donne l’exemple du programme Eco6 en rappelant l’édition d’octobre 2020 dédiée à Taghazout où un appel à projets a été lancé pour «offrir un financement et un accompagnement aux lauréats afin de créer leurs entreprises». Elle rappelle également l’organisation, dans ce cadre, de «meetings clubs par région pour créer une synergie entre lauréats et partenaires».

En tout, 600 candidatures ont été soumises dans le cadre de ce programme. «20% des projets portent sur la valorisation de l’artisanat, 25% sont innovants et 30% sont portés par des femmes», détaille l’intervenante qui met en avant l’implication des porteurs de projets tout en proposant des projets de reconversion vers l’écotourisme, de mobilité douce et d’animation entre autres comme pistes à creuser. Un programme qui plaît à M. Chérif Alami qui propose de l’extrapoler dans d’autres régions.

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