Economie

Change : L’Europe prépare le voyage de ses dirigeants en Chine

Les ministres des Finances de la zone euro vont préparer ce lundi une visite au sommet prévue en fin de mois en Chine pour protester contre la faiblesse du yuan, au moment où l’euro continue son ascension spectaculaire sur les marchés des changes.
Les trois principaux dirigeants économiques européens, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et le commissaire européen aux affaires économiques Joaquin Almunia, ont prévu une visite à trois sans précédent à Pékin le 27 novembre.
Lundi soir à Bruxelles, les ministres des Finances de la zone euro réunis au sein de l’Eurogroupe veulent peaufiner le message qui sera délivré aux autorités chinoises, selon une source diplomatique européenne.
Pékin est accusé de maintenir sa monnaie à un niveau artificiellement bas pour soutenir ses exportations et sa très vigoureuse croissance économique. Ce qui pousse l’euro à la hausse par contrecoup.
Les Européens, faute de moyen d’action face à la faiblesse du dollar, se sont repliés sur le yuan chinois. Le principe de visite de la «troïka» européenne à Pékin avait été décidé en octobre. Ce déplacement interviendra à la veille d’un sommet UE-Chine plus large à Pékin, où les dossiers commerciaux, autre pomme de discorde avec la Chine, tiendront une large place.
Il coïncidera aussi avec une visite prévue dans le pays du 25 au 27 novembre du président français Nicolas Sarkozy, dont le pays est l’un de ceux qui souffrent le plus en Europe de l’euro fort, avec un important déficit commercial. Cette semaine à Washington, le chef de l’Etat a estimé que la faiblesse du dollar et du yuan contribuait à un «désordre monétaire» mondial risquant de «se muer en guerre économique». «Le yuan est déjà le problème de tous, le dollar ne doit pas rester seulement le problème des autres», a-t-il insisté. L’euro a atteint un nouveau sommet cette semaine au-dessus de 1,47 USD, poussant la BCE, fait très inhabituel, à exprimer sa préoccupation. Si cette vigueur permet à l’Europe de limiter sa facture pétrolière, libellée en dollars, elle pèse sur les exportations en les rendant moins compétitives. «Chaque fois que le dollar perd 10 centimes, nous perdons à terme plus d’un milliard d’euros», a averti le président exécutif d’EADS, Louis Gallois, cette semaine. La flambée des prix du pétrole, qui se rapprochent du seuil de 100 dollars le baril, devrait aussi être abordée par l’Eurogroupe car elle nourrit l’inflation et pèse sur l’activité. La Commission européenne a réduit vendredi sa prévision de croissance en zone euro à 2,2% en 2008, contre 2,5% auparavant, et a donné une première prévision de croissance pour 2009, plutôt modeste, à 2,1%.