Chefchaouen : L’activité commerciale à la peine

Chefchaouen : L’activité commerciale  à la peine

Près de 80% de l’économie dépend du tourisme qui est sévèrement impacté

Après une légère reprise pendant les dernières vacances scolaires, les principaux quartiers commerciaux intra-muros et extra-muros à Chefchaouen sont pour leur plupart du temps quasiment déserts. Ils peinent à retrouver leur dynamisme habituel de ce début du printemps tant attendu par les Chefchaounais et les visiteurs de la ville. A l’exception de la vente et distribution de produits alimentaires, les représentants des différents autres commerces ont perdu la grande partie de leur clientèle depuis le début de la pandémie du Covid-19, entrainant certains d’entre eux à mettre la clé sous le paillasson. Cette crise a été ainsi à l’origine de la perte d’emploi de beaucoup de jeunes et de femmes, notamment dans les hôtels, les maisons d’hôte et les salons de thé. D’autant plus que près de 80% de l’économie de Chefchaouen dépend du tourisme qui est sévèrement impacté depuis l’entrée en vigueur des premières restrictions sanitaires dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Une lueur d’espoir
Comme partout au Maroc, l’opération de vaccination contre le Covid-19 a suscité une lueur d’espoir parmi les représentants des différents commerces ou les simples chefchaounais pour pouvoir reprendre le rythme de leur activité d’avant la pandémie. Surtout que la période de crise sanitaire a connu une augmentation d’état de dépression et de désespoir particulièrement chez les personnes en situation de précarité ou les plus touchées par cette crise. D’ailleurs, la ville est toujours sous le choc après la mort dernièrement, d’un artisan chefchaounais noyé en essayant d’émigrer vers l’Europe. Même avant le lancement de l’opération de vaccination, «les Chefchaounais se sont montrés plus favorables au vaccin qui est à nos yeux le meilleur moyen permettant à Chefchaouen de retrouver son dynamisme habituel et son positionnement comme lieu de prédilection pour les touristes nationaux et internationaux. Cette crise a été à l’origine de la baisse, voire de l’arrêt de plusieurs commerces, dont ceux les plus dépendants du tourisme et à leur tête l’artisanat. Beaucoup d’artisans ont continué de recevoir de moins en moins de commandes qu’en temps normal. Ce qui a entraîné une chute de leur activité et par conséquent un endommagement de leurs matières premières. Mais ils continuent de garder espoir grâce au lancement de l’opération de vaccination et souhaitent à un véritable retour à leur activité après le mois de Ramadan», souligne Mohamed Rahmouni, président de la commission de partenariat et des relations extérieures au sein de la Chambre d’artisanat de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, faisant remarquer que Chefchaouen a encore besoin de renforcement «d’infrastructures de base et de restauration des sites historiques et naturels pour la promotion du tourisme, dont dépendent la plupart des secteurs dans la province».

Appel de soutien aux responsables

A l’instar des autres provinces et préfectures de la région du Nord, Chefchaouen a connu, ces dernières années, la création et développement d’un grand nombre de coopératives féminines, qui sont parmi les plus touchées par cette crise. «Nous avons bénéficié d’un grand soutien des autorités pour la création de notre coopération qui a eu lieu juste peu de temps avant la pandémie. Dès le début de notre activité, nous avons réalisé un grand succès et nous avons été beaucoup sollicités. Mais avec l’arrivée de la pandémie, nous avons dû arrêter notre travail qui est notre seule source de revenus. C’est pourquoi nous multiplions notre demande de soutien aux responsables pour nous aider à reprendre, comme c’est le cas des autres secteurs, notre activité avec le strict respect des mesures de protection en vigueur face au Coronavirus», fait savoir Houria Bouchafrati, présidente-gestionnaire de la coopérative féminine Jawharat Rif pour les pâtisseries et les repas de fêtes.

Une reprise très difficile pour le tourisme

A l’instar des représentants des autres secteurs clés de l’économie, le lancement de l’opération à Chefchaouen redonne beaucoup d’espoir aux opérateurs touristiques qui ont raté beaucoup d’occasions (précédente saison estivale, fêtes du Nouvel an,…) pour pouvoir maintenir leurs établissements ouverts en ce temps de crise. Surtout que «les dernières vacances scolaires ont suscité grâce une reprise de 30 à 40 % du secteur. Cette reprise n’a pas profité à tous les établissements hôteliers. Car les touristes nationaux qui voyagent généralement en groupe optent pour les appartements et les maisons d’hôte», a dit Mustapha Aghzal Chefchaouen, président du conseil provincial du tourisme de Chefchaouen, avant d’ajouter que les professionnels misent beaucoup, grâce au vaccin mais aussi aux programmes de communication et de promotion de la province menés par l’Office national marocain du tourisme (ONMT) et le Conseil régional du tourisme de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, sur l’après-pandémie pour pouvoir se rattraper de cette crise.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *