Comment réussir le virage numérique ? : La feuille de route de l’ADD

Comment réussir le virage numérique ? : La feuille de route de l’ADD

Au Maroc, les citoyens passent en moyenne 50 heures par an à interagir avec des administrations publiques. Ce qui génère une insatisfaction importante. En même temps, les entreprises marocaines passent en moyenne environ 200 heures par année en contact avec les services publics, avec un taux d’insatisfaction élevé.

Conscient des différents challenges et opportunités qu’implique la révolution numérique, le Maroc a mis en place il y a quelques années déjà des structures pour accompagner le développement du digital. C’est dans ce cadre qu’est née en 2017 l’Agence de développement du digital (ADD) qui a pour mission de structurer l’écosystème du digital et faire émerger des opérateurs dans l’économie numérique. Il s’agit aussi de contribuer à la promotion de l’administration digitale en assurant un rapprochement avec les usagers (citoyens et entreprises). Cette agence a un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques liées au numérique. Dans ce contexte, elle a émis en mars 2020 une note d’orientations générales pour le développement du digital au Maroc à l’horizon 2025.

Des e-services à parfaire

En termes de perspectives, cette note repose sur 3 volets essentiels, à savoir : l’amélioration de la qualité des services publics, l’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’économie marocaine et la réduction des inégalités sociales. Ce document part d’une série de constats. Il faut ainsi dire qu’au Maroc, les citoyens passent en moyenne 50 heures par an à interagir avec des administrations publiques. Ce qui génère une insatisfaction importante (>85% des citoyens s’estiment non ou peu satisfaits de ces interactions). En même temps, les entreprises marocaines passent en moyenne environ 200 heures par année en contact avec les services publics, avec un taux d’insatisfaction élevé (près de 70% des entreprises se disent insatisfaites ou peu satisfaites desdits contacts). Il s’avère aussi que les e-services déployés ne sont pas encore à la hauteur des attentes des citoyens et des entreprises (resp. 92% et 87% des citoyens et entreprises se disent non ou peu satisfaits des e-services en place). Et pour cause, l’absence de digitalisation de bout en bout des parcours et le manque d’ergonomie des sites.

Le digital au service de la compétitivité de l’économie marocaine

Nul n’a de doute que la digitalisation peut être un véritable atout de compétitivité sur le plan économique. Dans ce sens, l’un des principaux moteurs de l’économie numérique est le e-commerce électronique soutenu par des plates-formes numériques dédiées à la transaction de biens et services. «Ce secteur a connu ces dernières années au Maroc une progression importante, dynamisée par l’évolution de l’usage des TIC, l’augmentation du nombre d’internautes et des cyberconsommateurs. Dans ce cadre, le renforcement des conditions nécessaires pour le développement du commerce électronique permettrait au Maroc de profiter des potentialités qu’offre ce secteur pour l’économie nationale», relève la même source soulignant par ailleurs que la transformation digitale offre au Maroc l’opportunité de se positionner en tant que «Hub Digital Africain, à même d’attirer des entreprises digitales innovantes et des talents de tout le continent, des investissements et ainsi fédérer les offres technologiques, et l’écosystème entrepreneurial national».

Un levier contre les inégalités sociales

Le digital permettrait d’atténuer les inégalités socio-économiques en démocratisant l’accès à Internet. La technologie pourrait être un vecteur de développement des territoires ruraux. Cette approche sera significative aussi dans le domaine de la santé avec la télémédecine et l’accès aux soins. Le numérique permet en effet de mieux gérer les informations et les données de masse et assurer une diffusion plus rapide et efficace pour une meilleure prise en charge du patient. Le secteur de l’éducation pourrait aussi en bénéficier avec des classes numériques et des formations plus flexibles, notamment dans les zones éloignées des villes.

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