Le ministère de l’économie et des finances et Bank Al-Maghrib publient le rapport annuel de la Stratégie nationale d’inclusion financière.
Il s’agit en effet de la deuxième publication du genre depuis la mise en œuvre de cette feuille de route dont l’implémentation a démarré à la veille de la crise sanitaire. Le document revient sur l’activation des principaux leviers stratégiques de cette vision durant 2020, un exercice marqué par son contexte exceptionnel des suites du déclenchement de la crise sanitaire au niveau national et mondial.
«Dans ce contexte particulier, les leviers de la Stratégie nationale de d’inclusion financière ont montré toute leur pertinence. En effet, le secteur bancaire et le secteur de la microfinance ont contribué aux efforts des autorités publiques visant à atténuer l’impact économique de la pandémie à travers notamment la distribution des aides du gouvernement aux ménages, en particulier dans les régions reculées du Royaume», indique dans ce sens Nadia Fettah Alaoui en sa qualité de présidente du Conseil national d’inclusion financière.
Pour sa part, Abdellatif Jouahri, président du Comité stratégique, revient sur les principaux enseignements tirés durant ce contexte pandémique. «Dans le domaine de l’inclusion financière en particulier, la pandémie a permis de donner un coup d’accélérateur à la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’inclusion financière», indique-t-il. Le nouveau contexte de crise a, selon le responsable, amené le département des finances et la banque centrale à engager une réflexion avec les acteurs de l’écosystème sur la repriorisation des actions en cohérence avec les besoins de la réponse nationale face à la crise.
Tour d’horizon des actions engagées dans ce contexte pandémique. Se référant au ministère de l’économie et des finances et Bank Al-Maghrib, la Stratégie nationale d’inclusion financière s’est confirmée comme une composante de la réponse à la crise de Covid-19. Elle s’est érigée, en effet, parmi les leviers de la politique de la relance. Cette feuille de route a contribué à renforcer la résilience économique des segments les plus vulnérables de la population et des entreprises. Citons dans ce sens la distribution des transferts directs aux ménages dans le cadre de l’opération Tadamoun. Cette opération a imposé le développement du paiement au niveau national. A cet effet, la loi de Finances rectificative a contenu des incitations fiscales ayant permis une accélération de l’adhésion des commerçants de proximité. Au total, 5 établissements ont été impliqués directement dans l’opération Tadamoun.
On recense, à fin août, 6.380 points d’accès mobilisés au profit de 3,38 millions de bénéficiaires d’au moins un mandat. Le montant total servi s’est élevé à ladite période à 3,79 milliards de dirhams. De même, Bank Al-Maghrib a mis en œuvre des initiatives pour faciliter l’accès aux services bancaires, à travers en particulier l’édiction d’un cadre réglementaire régissant l’ouverture de comptes à distance. De même, Bank Al-Maghrib a conclu un protocole d’accord avec les ministères en charge de l’Education et de l’Industrie et le Groupement d’intérêt économique du paiement mobile en vue de la digitalisation des paiements des aides à la scolarisation octroyées dans le cadre du programme Tayssir franchissant ainsi une première étape d’une politique de digitalisation graduelle des transferts sociaux basée sur le paiement mobile.
2020 a été marquée par la mise en place du cadre légal et réglementaire nécessaire au développement de modèles alternatifs de financement. La priorité étant aux jeunes porteurs de projets et entrepreneurs. Ces efforts ont abouti à la finalisation du projet de loi sur les bureaux d’information sur le crédit ainsi que du processus d’adoption du projet de loi sur le crowdfunding. Pour ce qui est de la microfinance, les autorités publiques ont œuvré à ce que ce secteur consolide et préserve son rôle dans l’inclusion économique des populations vulnérables.
S’agissant de l’assurance inclusive, le rapport note que des avancées tangibles ont été réalisées grâce à la mobilisation de l’ACAPS et la FMSAR. «Une nouvelle approche a été définie pour la conception d’offres adaptées aux besoins spécifiques des populations cibles, en particulier la TPE opérant dans certains secteurs comme l’artisanat, l’agriculture ou le commerce», relève-t-on dans ce sens. Des efforts tangibles ont été, également, consentis en matière d’information et de sensibilisation à l’éducation financière, notamment pour les plus jeunes, les femmes et les populations rurales.
[box type= »custom » bg= »#fddeef » radius= »5″]Les leviers de la stratégie en chiffres
Il est à préciser que 2020 a connu le déploiement du dispositif de suivi de la mise en œuvre de la stratégie d’inclusion financière. Ce système permet le suivi et l’évaluation des réalisations pour opérer, le cas échéant, les ajustements nécessaires. Les principaux indicateurs relatifs à l’accessibilité et la pénétration du paiement mobile font ressortir à fin 2020 un total de 16 établissements de paiements (EP) opérationnels. De même, 13 EP ont lancé leur offre «m-wallet ».
Les EP ayant homologué leur QR-Code étaient de l’ordre de 15. Le nombre d’agents (principaux et détaillants) s’est élevé à 11.935. Notons que 27,8% des communes ont été couvertes par le réseau des EP en 2020 contre 79,8% en milieu urbain. Le nombre de m-wallets émis s’est établi à fin 2020 autour de 2,44 millions. Pour ce qui est de la microfinance le secteur a connu 865.612 clients actifs à fin décembre 2020 adressés par 12 Associations de micro-crédit. L’encours attribué est estimé à 8,06 milliards de dirhams. Quant à l’accessibilité et l’usage des offres bancaires, les indicateurs font ressortir 7.372 points d’accès en 2020, soit 1 point d’accès pour 1.379 adultes.
Il ressort également que 53% d’adultes ont au moins un compte bancaire. 12% d’entre eux ont au moins un crédit bancaire. En ce qui concerne le registre électronique de sûretés mobilières, il a enregistré depuis son opérationnalisation au cours du premier trimestre 2020 plus de 104.000 notifications d’inscriptions, soit un montant d’environ 173 milliards de dirhams. La répartition du montant total par type de sûretés démontre que la cession des créances professionnelles à titre de garantie détient 27,42% des parts, suivie du nantissement de comptes bancaires (15,57%) et le nantissement du fonds de commerce (19,72%).









