Economie

Conjoncture : Le HCP explore l’avenir de l’agriculture

Après le tourisme et l’énergie, le Haut commissariat au Plan s’attaque à l’agriculture et dresse trois scenarii d’évolution du secteur d’ici 2030.
Le Maroc peut en effet opter pour une «ouverture subie» qui se fait, explique Ahmed Lahlimi, selon «les rythmes prévus par les accords de libre-échange déjà signés et les progrès de la négociation internationale». C’est une politique qui demeure «réactive» et ne prend pas entièrement en compte les facteurs : climat, modes de vie et gestion de l’eau. «Les conséquences d’un tel scénario ne sont pas très encourageants», prévient M. Lahlimi. En effet, il s’en suivrait d’ici 2030 une forte dégradation de l’environnement, une crise de l’eau et une accentuation de la désertification ; avec comme conséquence une forte pression de la population sur les villes.
La seconde option dite « ouverture accélérée » suppose la mise en œuvre d’une « politique ultralibérale, corrigée en partie par des filets de protection sociale ». L’agriculture est considérée sous son angle productif et c’est le marché qui est le principal acteur de changement. Ses conséquences sont loin d’être souhaitables pour le Maroc.
Ainsi, les simulations faites par le HCP prévoient une chute de production de blé, de lait et de viandes rouges. La croissance des autres productions ne dépasserait pas 8,5% et aura un impact limité. Le bénéfice économique global ne serait que de l’ordre de 0,5% du PIB. Ce scénario aurait pour conséquence une perte de 300.000 ha de terres agricoles qui seront cédées à l’habitat et aux infrastructures.
La troisième option, la plus souhaitable, suggère une «ouverture maîtrisée». Ce qui conduirait à un «développement harmonieux des tendances qui pourraient s’installer durablement», précise M. Lahlimi. Ce scénario se base sur un «nouveau pacte agricole rural». Cela revient à mettre en place une politique renforcée de mise à niveau agricole. Ces réformes apporteraient, souligne le HCP, des réponses adaptées à chaque filière et limiteraient les pertes au niveau des petites et moyennes exploitations. Cette option favoriserait la coexistence d’une agriculture, moderne performante et compétitive et une autre familiale traditionnelle et redynamisée. 
Ce scénario permettrait de promouvoir et valoriser les produits méditerranéens de terroir qui pourraient représenter de 20 à 30% de la production en 2030.