Contribution sociale : Un front se déploie

Contribution sociale : Un front se déploie

L’UMT saisit les leaders des partis ainsi que les présidents des groupes parlementaires pour rejeter cette disposition

L’UMT veut faire barrage à la contribution sociale de solidarité. Dans ce sens, la centrale syndicale vient de saisir les présidents et secrétaires généraux des partis politiques ainsi que les présidents des groupes parlementaires pour rejeter cette disposition contenue dans le projet de loi de Finances (PLF 2021). «L’UMT considère cette mesure comme discriminatoire et injuste alors que le gouvernement compte l’appliquer même si cet impôt est de nature à détériorer encore plus le pouvoir d’achat de la classe moyenne avec un impact sur la consommation des ménages qui constitue l’un des principaux moteurs de la croissance nationale», apprend-on auprès de la centrale dirigée par Miloudi Moukharik. «Le syndicat demande le retrait de cette mesure qui s’apparente à une baisse déguisée des salaires, en guise de reconnaissance de la classe des travailleurs qui participe avec 73% du total de l’impôt sur le revenu, prélevé à la source», ajoute la même source appelant à une réforme fiscale globale pour plus d’équité.

Ces développements arrivent à un moment où les nouvelles mesures fiscales prévues par le projet de budget sont examinées par les députés de la première Chambre parlementaire. Reste à savoir si la mobilisation permettra de revoir cette disposition. Pour le moment, le gouvernement, à travers le ministre de l’économie et des finances et de la réforme de l’administration, défend cette mesure. Dans ce sens, l’argentier du Royaume, Mohamed Benchaâboun, a affirmé il y a quelques jours au Parlement que 99% des entreprises et 92% des salariés ne sont pas concernés par la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus au titre de l’exercice 2021, proposée dans le cadre du projet de loi de Finances de 2021. «Il faut absolument souligner que 99% des entreprises ne sont pas concernées par cette mesure, étant donné qu’elles déclarent un bénéfice inférieur à 5 millions de dirhams (MDH), ou un résultat déficitaire et que 92% des salariés ne le sont pas aussi, vu que leur salaire net ne dépasse pas 10.000 dirhams», a indiqué M. Benchaâboun qui répondait à des interventions des membres de la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, lors de la discussion générale du PLF 2021.

«Nous devons être d’accord que nous faisons face à une conjoncture exceptionnelle qui a durement impacté nos ressources financières et nous sommes également en train de mettre en place un chantier de réforme tant attendu par les Marocains, à savoir celui de la généralisation de l’assurance maladie obligatoire», a-t-il poursuivi, rappelant dans ce sens que près de 22 millions de Marocains vont bénéficier de ce chantier, dont 10 millions en situation précaire, inscrits au Ramed, et qui pourront, aujourd’hui, bénéficier de cette assurance maladie obligatoire, à l’instar de leurs concitoyens opérant dans les secteurs public et privé ou exerçant une activité libérale. «Cette catégorie de Marocains ne mérite-elle pas que nous soyons solidaires avec elle pour qu’elle puisse accéder aux soins dans des conditions qui préservent sa dignité ? Ne devrions-nous pas consolider les valeurs de solidarité auxquelles les Marocains ont spontanément adhéré dans cette conjoncture exceptionnelle, et qui incarne les dispositions de l’article 40 de la Constitution?», s’est-il interrogé, notant que des pays leaders dans le domaine de la protection sociale à l’échelle mondiale ont instauré ce type de contributions de solidarité pour financer leurs systèmes de protection sociale de manière permanente et non exceptionnelle, et à des taux plus élevés que ceux proposés dans le cadre du PLF 2021.

Par ailleurs, le ministre a relevé que l’Etat «a fourni et continue à fournir des efforts considérables en faveur de cette classe importante pour notre équilibre social», ajoutant que les dialogues sociaux successifs ont coûté au budget de l’Etat plus de 46 milliards de dirhams (MMDH) depuis 2008, soit près de 4 MMDH annuellement.

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