Cette analyse donne un aperçu des facteurs qui influent sur la survie des coopératives agricoles. Ces derniers peuvent être utilisés pour éclairer l’élaboration de politiques et de programmes visant à soutenir la viabilité des coopératives agricoles.
Analyse
Tenant compte du rôle stratégique que joue le secteur coopératif agricole marocain dans la promotion de l’auto-emploi, Policy Center for the New South analyse dans une récente publication la pertinence des programmes d’aide au démarrage de ces structures pour une activité pérenne et durable.
La durabilité des coopératives agricoles et pertinence des programmes d’aide au démarrage a été au cœur d’un article du Policy Center for the New South (PCNS). Ce travail élaboré par Aomar Ibrouk et Karim Al Aynaoui évalue l’impact du programme Mourafaka sur la pérennité et la viabilité des coopératives agricoles au Maroc. L’idée étant de mettre l’accent sur les dysfonctionnements qui rongent le tissu coopératif, et ce en adoptant une double approche. «Cet article contribue à la littérature existante de deux façons : Analytiquement, en montrant la pertinence des programmes d’appui sur la viabilité des coopératives tout en mettant en évidence les principaux déterminants de la survie des coopératives. Méthodologiquement, en mobilisant les données originales construites à partir d’une enquête auprès de 232 coopératives et d’une deuxième base de données de 1.131 coopératives», relève-t-on dans ce sens.
L’article du Policy Center for the New South découle du constat suivant : Près de 20 % des coopératives deviennent inactives dans les premières années de leur création, et ce à cause des obstacles liés notamment à la gouvernance, à la gestion, à la commercialisation, à la législation, à la supervision et au financement. Partant de là, cette analyse donne également un aperçu des facteurs qui influent sur la survie des coopératives agricoles. Ces derniers peuvent être utilisés pour éclairer l’élaboration de politiques et de programmes visant à soutenir la viabilité des coopératives agricoles. Il ressort dans ce sens que les coopératives agricoles ayant bénéficié du programme Mourafaka ont une fonction de survie plus élevée que celles des coopératives non bénéficiaires.
«Ceci atteste de l’impact de ce programme sur la viabilité des coopératives agricoles. Il contribue, par ailleurs, à combler l’écart en termes de capacités de gestion parmi les dirigeants des coopératives», peut-on lire dans ce sens. En gros, l’analyse a démontré le double impact positif du programme d’appui sur la survie et la gouvernance des coopératives. Citons en premier le renforcement des capacités des gestionnaires de coopératives dans les domaines de la gestion, du marketing, de l’organisation et du financement.
A cela s’ajoute la mise en place d’un système transparent de normes et de règles par l’organisation d’assemblées générales ainsi que des conseils d’administration. Évoquant les déterminants de survie des coopératives agricoles, l’article du Policy Center for the New South indique que la réduction du taux élevé d’inactivité et de mortalité des coopératives dépend de la capacité à anticiper et à répondre aux défis de la concurrence, de l’évolution des besoins des consommateurs, des fluctuations économiques et des changements de politique gouvernementale.
Cette analyse rappelle également que les coopératives se heurtent particulièrement à un changement important, notamment suite aux mutations industrielles marquées par l’émergence de l’industrie 4.0, une ère qui se caractérise par l’intégration de technologies avancées telles que l’Internet des objets, le big data, la blockchain, la robotisation et l’intelligence artificielle. L’étude appelle en outre au renforcement des capacités pour les dirigeants de coopératives, de l’accès au financement, au marketing et à la formation pratique pour assurer la durabilité des coopératives.
Il est à rappeler que le programme «Mourafaka» est un dispositif d’appui post-création aux coopératives nouvellement créées. Ce dispositif prend en considération plusieurs dimensions. Le programme met en effet l’accent sur les activités novatrices. Il favorise également les projets qui se caractérisent par leur ancrage territorial. Le programme privilégie également les activités qui donnent plus d’opportunités à la femme. La dimension environnementale s’inscrit au cœur de ce programme. Parmi les composantes du programme on relève le diagnostic stratégique de la coopérative, la formation groupée des gestionnaires et le coaching individuel.










