EconomieUne

Coopératives agricoles, un tremplin vers l’autonomisation des femmes

© D.R

Une récente analyse met en lumière les actions à prioriser pour y parvenir

Tissu socio-économique : Les coopératives contribuent fortement à l’autonomisation des femmes, notamment dans le monde rural et par conséquent renforcer le tissu socio-économique des communautés rurales. Publiée par Springer Nature et Policy Center for the New South (PCNS) , une analyse sous le thème «Autonomisation des femmes par le biais des coopératives agricoles : une analyse à plusieurs niveaux dans la région Marrakech-Safi au Maroc», explore les potentialités des coopératives dans la région tout en proposant une série de recommandations pour renforcer leur impact.

Le potentiel des coopératives féminines marocaines décrypté par une analyse intitulée «Empowering women trough agricultural cooperatives : a mulltilevel analysis in Morocco’s Marrakech-Safi region». Il s’agit de promouvoir l’autonomisation des femmes selon cinq dimensions : la prise de décision personnelle, la prise de décision économique, la prise de décision au sein du foyer, la liberté de mouvement et la participation communautaire. Ces coopératives ont démontré leur capacité à renforcer l’autonomie des femmes, leur leadership et leur accès aux ressources. Toutefois, des obstacles systémiques tels que les normes socioculturelles, les opportunités inégales entre les zones rurales et urbaines, ainsi que des disparités sociales et infrastructurelles persistantes continuent de limiter leur impact et leur inclusivité. A cet égard, cette analyse émet une série de recommandations pour développer ces coopératives et leur permettre d’améliorer leur croissance. Comme l’explique ce document, réduire ces disparités nécessite une approche multidimensionnelle centrée sur l’autonomisation des femmes et la résolution des inégalités structurelles et sociales. «L’autonomisation doit commencer par des programmes de formation complets axés sur le développement personnel. Renforcer la confiance en soi, les compétences en leadership et la littératie financière des femmes constitue une base solide pour leur participation aux activités coopératives. Cela doit être complété par des formations agricoles ciblées qui améliorent leur expertise technique dans des domaines tels que la gestion de l’irrigation, la diversification des cultures, la lutte contre les parasites et les technologies post-récolte. Offerts localement et de manière pratique, ces programmes répondent aux défis spécifiques auxquels font face les femmes dans les zones reculées », selon les auteurs de cette analyse notant que des programmes de mentorat peuvent également soutenir cette autonomisation, en accompagnant les femmes avec des mentors expérimentés qui leur offrent des conseils, partagent leur expertise et renforcent leur confiance en leadership. Pour ce qui est des disparités infrastructurelles, les auteurs de cette analyse expliquent que l’investissement dans les infrastructures agricoles peut améliorer la productivité des coopératives et leur compétitivité sur le marché. Dans le même sens, cette étude met l’accent sur les réseaux de transport en milieu rural estimant que des systèmes de transport efficaces et accessibles sont essentiels pour connecter les coopératives rurales aux marchés compétitifs et réduire les défis logistiques. Elle explique que la priorité doit être donnée à la réduction de ces écarts infrastructurels pour permettre un accès équitable aux ressources et aux opportunités.

Renforcer le digital pour réduire les disparités

L’intégration numérique peut contribuer à combler les disparités infrastructurelles. Comme le relève la même source, le développement des infrastructures numériques dans les zones rurales permet aux femmes d’accéder à des formations en ligne sur les pratiques agricoles modernes, la gestion financière et la gouvernance. Les outils numériques et les plateformes de commerce électronique permettent un accès direct au marché, réduisent la dépendance aux intermédiaires et permettent aux femmes de capter une plus grande part des bénéfices. Cette intégration favorise également la connectivité, contribuant à combler le fossé entre zones urbaines et rurales, et assure que les femmes dans les coopératives rurales bénéficient de réseaux économiques plus larges, précise la même analyse. La création de centres dédiés aux coopératives locales peut également aider à réduire les disparités régionales et infrastructurelles. «Ces centres offriraient des espaces où les femmes peuvent collaborer, innover et accéder à des ressources partagées, favorisant ainsi la construction de communautés et réduisant l’isolement. Le renforcement des connexions interrégionales à travers ces centres peut faciliter l’échange de connaissances, de ressources et de bonnes pratiques, promouvant l’inclusivité et une croissance partagée», souligne la même source.

Des modèles agricoles «Eco-friendly» pour autonomiser les femmes

Les modèles agricoles écologiques offrent des opportunités supplémentaires pour autonomiser les femmes tout en répondant aux inégalités sociales et infrastructurelles. Selon la même analyse, des activités telles que l’agriculture biologique, la permaculture et la culture de plantes à forte valeur ajoutée comme les oliviers et les plantes médicinales sont en accord avec l’héritage environnemental et culturel du Maroc. «Ces pratiques durables permettent de diversifier les sources de revenus et offrent aux coopératives un avantage concurrentiel tout en favorisant la résilience à long terme», indique la même source.

Accès au microcrédit adapté

L’accès au microcrédit adapté aux besoins agricoles serait, comme le relève la même source, une autre stratégie clé pour combler les disparités infrastructurelles. Le financement peut aider les femmes à créer ou à développer des coopératives, à investir dans des équipements agricoles modernes et à développer des activités à valeur ajoutée telles que la transformation alimentaire et la production artisanale, explique la même analyse. Il est également important de s’attaquer aux barrières socioculturelles pour promouvoir une autonomisation équitable. «Des campagnes de sensibilisation ciblant les communautés rurales peuvent remettre en question les normes traditionnelles qui limitent la participation des femmes à l’agriculture et aux processus décisionnels.
La création de structures communautaires de garde d’enfants peut alléger les responsabilités domestiques, permettant aux femmes de s’engager davantage dans les activités coopératives et le développement professionnel. Des structures de gouvernance inclusives au sein des coopératives peuvent aussi garantir que tous les membres, quel que soit leur contexte socio-économique ou infrastructurel, aient une voix égale dans les processus décisionnels», affirme la même source.