COP 26 : L’expérience marocaine au rendez-vous

COP 26 : L’expérience marocaine  au rendez-vous

Le coup d’envoi a été donné ce lundi à Glasgow

Le coup d’envoi de la 26ème Conférence des parties des Nations Unies sur le changement climatique (COP 26) a été donné ce lundi à Glasgow au Royaume-Uni. Placée sous la présidence britannique, cette grand-messe du climat, qui se poursuit jusqu’au 12 novembre, sera une occasion pour les parties de débattre des pistes d’accélération de l’action climatique. L’engagement étant de contenir le réchauffement de la planète au-dessous de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle ainsi que de renforcer la résilience au changement climatique. Le Maroc prend part à ce grand rendez-vous climatique à travers une délégation conduite par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch. La partie marocaine présentera à cet égard les politiques et stratégies ambitieuses engagées par le Royaume afin d’asseoir les bases du développement durable, de favoriser la transition énergétique et de soutenir les technologies propres. Autant d’actions menées avec succès au niveau national et qui renforcent la contribution du Royaume à l’effort mondial et ce conformément aux engagements du Maroc face à la communauté internationale. Retour sur les principales actions engagées par le Royaume.

La NDC Maroc récemment actualisée

Le Maroc a soumis en 2021 sa nouvelle «Contribution déterminée au niveau national» ( NDC). L’ambition étant de baisser les émissions de gaz à effet de serre de 45,5% à l’horizon 2030. Le portefeuille déterminé pour la réalisation de cette NDC porte sur 61 projets et un coût prévisionnel de 38,8 milliards de dollars américains. Cette contribution actualisée porte également sur le renforcement de la résilience des secteurs les plus affectés. Citons dans ce sens l’eau, l’agriculture, la pêche, l’aquaculture, les forêts et la santé. A ces pôles s’ajoutent les milieux et écosystèmes les plus vulnérables tels que les oasis, les montagnes et le littoral. Il ressort qu’en termes d’adaptation, les besoins de financement identifiés dans la nouvelle NDC s’élèvent à 40 milliards de dollars américains.

Un nouveau Plan national stratégique d’adaptation

Parmi les actions récentes mises en œuvre par le Royaume, on cite l’élaboration d’un Plan national stratégique d’adaptation (PNSA). Cette feuille de route, articulée autour d’une approche hautement concertée, promeut trois grands objectifs. Il est ainsi question de renforcer la résilience de façon adéquate et urgente de la population et des territoires. L’ambition étant également d’accroître le soutien politique national à haut niveau à l’adaptation ainsi que de mobiliser le soutien technique et financier au niveau international à l’adaptation.

Un intérêt particulier pour l’eau et l’agriculture

Étant des secteurs fortement vulnérables aux changements climatiques, le Maroc a accordé une attention particulière à l’eau et l’agriculture. L’engagement étant d’améliorer leur capacité d’adaptation et de résilience. A cet égard, le Maroc a engagé de nombreuses réformes durant ces deux dernières décennies aussi bien dans le cadre du Plan Maroc Vert sous ses composantes «développement de l’agriculture solidaire» (Pilier II) et «économie d’eau» que dans le cadre du Plan national de l’eau (PNE) dont les dispositions sont fixées à l’horizon 2050. Des actions qui se consolideront davantage dans le cadre de la nouvelle vision agricole «Al Jayl Al Akhdar» et du déploiement du programme prioritaire national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (2020-2027). Il est à noter que les changements climatiques ont un impact néfaste sur la dégradation des terres et de la biodiversité mettant ainsi en péril la sécurité alimentaire des pays. De même, la croissance démographique ainsi que les rejets urbains et industriels menacent de façon directe les ressources hydriques.

Articulé autour d’une approche à la fois hydro-agricole et macroéconomique

Un side-event dédié au projet «Gemmes-Maroc»

Le Maroc présentera lors d’un side-event prévu le 9 novembre au pavillon marocain le projet «Gemmes-Maroc». Il s’agit d’une initiative déployée selon une démarche de partenariat entre pairs, de co-construction et de mobilisation de l’expertise marocaine, française et internationale.

Ce projet de modélisation est ainsi mené par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’économie et des finances et l’Agence française de développement (AFD) en collaboration avec la Direction générale de la météorologie (DGM), la Direction de la recherche de la planification de l’eau (DRPE), du ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, la Fondation Initiative AAA, ainsi que l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE).

Il s’articule autour d’une approche à la fois hydro-agricole et macroéconomique, et ce dans l’optique d’analyser les impacts de différents scénarios climatiques sur l’économie marocaine à l’horizon 2050. L’objectif étant d’éclairer la décision et l’action publique en matière d’estimation quantitative des évolutions des ressources en eau de surface, des potentiels de production des principales cultures marocaines et leurs besoins en eau durant les prochaines décennies à l’horizon 2050.

Le projet vise, en outre, à identifier les mécanismes de transmission des chocs de stress hydrique ainsi que les impacts climatiques sur l’agriculture vers l’économie marocaine, et ce à travers un modèle macroéconomique Gemmes national et territorial couplé à un modèle hydro-agricole. Il est également question d’identifier les scénarios d’adaptation et de résilience appropriés à même de faire face aux effets néfastes du changement climatique sur l’économie.

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