Crédit-bail : Une perte de 3,6 milliards de dirhams en 9 mois

Crédit-bail :  Une perte de  3,6 milliards de  dirhams en 9 mois

La production du crédit-bail a basculé en une année de 16,7 milliards de dirhams à 11,1 milliards de dirhams à fin septembre 2020. L’encours comptable a ainsi reculé de 3,9% pour revenir à 1,9 milliard de dirhams.

L’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) évalue l’impact de la Covid-19 sur leur activité. L’augmentation des impayés en cette conjoncture actuelle a plombé la dynamique de ce secteur ayant accordé des moratoires dépassant le 1 milliard de dirhams. «L’absence d’une définition claire de la notion de difficulté pousse beaucoup de clients à déposer des demandes de moratoire. La réponse à toutes ces demandes aura un impact sur les besoins de financement des sociétés de leasing qui peuvent doubler ou même tripler selon certaines estimations», peut-on relever du rapport annuel de l’APSF qui a tenu récemment son conseil d’administration sous la présidence de Abdallah Benhamida.

L’APSF évoque par ailleurs dans son analyse le risque de dégradation des résultats et des fonds propres. «La suspension de la facturation durant 3 ou 6 mois signifie l’abandon de 50% à 75% du PNB et l’enregistrement de pertes conséquentes», indique l’Association. En analysant l’impact de la Covid-19 sur le marché du crédit-bail, l’APSF fait ressortir aux 9 premiers mois de l’année un repli de l’ordre de 32,7% à fin septembre 2020, soit une contraction de 3,6 milliards de dirhams par rapport à la même période de l’année précédente. C’est ce que l’on peut relever du rapport annuel de l’APSF ayant tenu récemment son assemblée générale. Ainsi, la production du crédit-bail a basculé en une année de 16,7 milliards de dirhams à 11,1 milliards de dirhams à fin septembre 2020.

L’encours comptable a ainsi reculé de 3,9% pour revenir à 1,9 milliard de dirhams. L’encours financier s’est pour sa part établi à 1,6 milliard à fin septembre, en repli de 3,2% par rapport à fin décembre 2019. Pour ce qui est du crédit à la consommation, l’APSF fait ressortir une baisse de 24,7% des financements, soit un retrait de 3,4 milliard de dirhams par rapport à la même période de l’année passée.
La production s’est, à cet égard, établie autour de 10,3 milliards de dirhams contre 13,7 milliards de dirhams enregistrés à la même période de l’année passée. En revanche, l’encours brut des crédits à la consommation s’est inscrit en amélioration. Il a atteint à fin septembre les 55,6 milliards de dirhams, en consolidation de 315 millions de dirhams, soit une hausse de 1,2%. Se référant à l’APSF, la part des créances en souffrance dans l’encours brut ressort à 13,1% à fin juin 2020 au lieu de 10,4% une année plus tôt. Pour ce qui est de l’activité factoring, l’APSF fait ressortir une baisse de 1,3 milliard de dirhams, soit un repli de 10,6% comparé aux neuf premiers mois de l’exercice précédent.

Dans ce sens, l’encours des remises de créances s’est chiffré à 3,5 milliards de dirhams, en progression de 13,9% par rapport à fin 2019, soit un additionnel de l’ordre de 428 millions de dirhams. L’APSF a établi par ailleurs une rétrospective sur l’impact de la Covid sur les résultats financiers des sociétés de financement au premier semestre. «La crise a impacté les résultats financiers des sociétés de financement au cours du 1er semestre 2020, davantage les sociétés de crédit-bail que les sociétés de crédit à la consommation, avec une nette augmentation du coût du risque (évolutions par rapport au 1er semestre 2019)», commente l’APSF dans ce sens. Et de préciser que «le montant des loyers facturés au cours du 1er semestre 2020 s’élève à 7,3 milliards de dirhams, en baisse de 771 millions ou 9,5%.

Le Produit net bancaire ressort à 670 millions, en recul de 69 millions de dirhams ou 9,3%. Le résultat net s’établit à 39 millions au lieu de 208,4 millions de dirhams». S’agissant des établissements de crédit à la consommation, leur chiffre d’affaires au premier semestre ressort à 5,1 milliards de dirhams, en baisse de 1,5%. Leur Produit net bancaire s’est rétracté de 4,5% pour atteindre les 1,7 milliard de dirhams au moment où leur résultat net s’est situé autour de 2,5 millions de dirhams contre 517 millions de dirhams une année auparavant. Les indicateurs du factoring démontrent pour leur part une baisse du chiffre d’affaires de 9,2%, un repli du produit net bancaire de 6,6% et une contraction du résultat net de 40,2%.

Moratoire : 1,3 milliard DH concrétisé à fin juin

Se référant à l’APSF, la valeur des moratoires concrétisés par les sociétés de leasing à fin juin s’élève à 1,3 milliard de dirhams. Cela a concerné un encours de 13,5 milliards de dirhams sur un encours global de 50,1 milliards de dirhams que portent ces sociétés. Il est également prévu d’appliquer un deuxième moratoire à fin décembre spécialement pour le secteur du tourisme. Une mesure inscrite dans le contrat programme conclu pour la relance du secteur.

Il est en effet question de mettre en place un moratoire pour le remboursement des échéances des crédits bancaires et pour le remboursement des échéances des leasings jusqu’au 31 décembre 2020 sans paiement de frais, ni de pénalités pour les entreprises touristiques et leurs employés. Le secteur du tourisme reste le premier secteur sinistré de cette crise sanitaire. Les prévisions tablent sur une baisse de 69% des arrivées, un repli de 60% des recettes en devises et la perte de 50% des emplois dans le secteur.

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