Creusement du déficit commercial du Royaume: La recette de Abbou pour s’en sortir

Creusement du déficit commercial du Royaume: La recette de Abbou pour s’en sortir

Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Mohamed Abbou, tire la sonnette d’alarme sur le creusement du déficit commercial du Royaume.

En effet, intervenant lors des «Rencontres régionales de l’export», en escale ce week-end à Marrakech, le ministre a souligné que le déficit de la balance commerciale va en se creusant ces dernières années avec un déficit de plus en plus important du taux de couverture exportation-importation. Il a également précisé que le commerce des marchandises a atteint un déficit de 196 milliards de dirhams avec une facture énergétique de 100 milliards de dirhams.

Aussi, pour lui, élargir la base des entreprises exportatrices et tirer meilleur profit des accords de libre-échange qui donnent accès à 52 pays sont les meilleures options pour freiner le creusement du déficit de la balance commerciale qui est de l’ordre de 53%. Dans le même sillage, le ministre a expliqué qu’il importe de déployer des efforts pour élargir la base des entreprises exportatrices, prospecter de nouveaux marchés et tirer meilleur profit des accords de libre-échange conclus par le Maroc et qui donnent accès aux marchés de 52 pays qui totalisent plus d’un milliard de consommateurs.

Par ailleurs. M. Abbou a relevé qu’il existe au Maroc 26.000 entreprises importatrices contre 5.000 entreprises exportatrices, dont seulement 9% exportent régulièrement.

«L’objectif de ces Rencontres est d’identifier l’offre exportable régionale et les exportateurs confirmés et potentiels. Il s’agit aussi de communiquer autour des programmes de soutien à l’export mis en place par son département: audit à l’export, contrats de croissance à l’export et le programme d’appui aux consortiums d’exportation Export Synergia», a souligné M. Abbou.

Aussi, concernant ces programmes, le ministre a indiqué que ces Rencontres visent aussi à mieux répartir cet appui sur l’ensemble des régions du Royaume, puisque l’essentiel des entreprises bénéficiaires sont implantées du Grand Casablanca. Et de citer, à titre d’illustration, le programme contrats de croissance à l’export où 57% des demandes proviennent d’entreprises sur le Grand Casablanca, contre seulement 1% pour les entreprises de la région de Marrakech.

S’agissant de la prospection de nouveaux marchés, le ministre a insisté sur l’importance des marchés émergents, notamment ceux de l’Afrique, exhortant les entrepreneurs à s’impliquer dans la dynamique de la coopération Sud-Sud enclenchée par le Royaume envers les pays d’Afrique subsaharienne.

Pour sa part, le wali de la région de Marrakech-Tensift-El Haouz et gouverneur de la préfecture de Marrakech, Abdeslam Bikrat, a souligné le potentiel d’exportation de la région, particulièrement dans les secteurs de l’artisanat et de l’agriculture où la région occupe la première position dans plusieurs produits.

«La conjoncture de crise qui prévaut à l’échelle mondiale devra être l’occasion de revoir les procédés de production et se repositionner sur des produits compétitifs. La compétitivité n’est pas uniquement une question de coûts de production, mais plutôt de créativité, d’innovation et de qualité», a précisé M. Bikrat. Et de poursuivre: «Beaucoup de marchés sont à la portée de l’entreprise marocaine à la condition d’une forte implication en matière de qualité et ses standards internationaux».

De son côté, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la wilaya Marrakech, Kamal Eddine Faher, a annoncé la mise en place d’un observatoire économique qui aura pour mission de cerner les secteurs productifs de la région et mettre des informations fiables à la disposition des investisseurs. Dans le même sillage il a plaidé, à cette occasion, pour l’aménagement de zones dédiées aux activités d’exportation au niveau de la région de Marrakech.

Par ailleurs, plusieurs opérateurs de la région ont exprimé, lors des débats, leurs attentes et évoqué les difficultés que rencontrent plusieurs secteurs d’exportation. Ils ont notamment plaidé pour une approche sectorielle de la promotion des exportations, et soulevé des questions relatives aux coûts de production eu égard à la hausse de 17% des coûts de la logistique, au financement et au problème des garanties qui pèse sur les ressources de l’entreprise.

À noter que les Rencontres régionales de l’export sont un programme qui s’étale sur trois mois (avril-mai-juin) avec des escales dans 16 villes. Ces rencontres ciblent plusieurs types d’entreprises: productrices, exportatrices et potentiellement exportatrices, ainsi que les associations professionnelles sectorielles et les associations à caractère horizontal.

Avec MAP

 

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