Economie

Des circuits pour flambeurs

© D.R

La formule existe ailleurs et gagne à être largement exploitée au Maroc. Des circuits destinés aux joueurs sont commercialisés. Comprenant avion, hébergement et accès aux ères de jeux, ce produit connaît un succès sous d’autres cieux. Si toutefois des formules ayant fait leurs preuves existent, en tête le prestigieux Mamounia de Marrakech ou le tout nouveau Movënpik de Tanger permettant de drainer une clientèle prestigieuse, d’autres projets sont en gestation. Certaines stations du plan Azur pourraient intégrer ce genre de produit.
Mieux encore, un projet original tentait de rendre la destination Mohammedia plus attrayante. Le légendaire hôtel Miramar, actuellement fermé, intéressait un investisseur européen. L’idée derrière est de faire redécouvrir l’éclat et la splendeur des casinos d’autrefois dans la magnifique salle de jeux. L’investisseur comptait racheter l’hôtel et y commercialiser une formule de week-end casino.
Selon le projet initial, le touriste devait arriver à l’aéroport Mohammed V. Immédiatement transféré à Mohammedia, il y séjournera le temps d’un week-end, tout en trouvant à sa disposition un casino aux standards internationaux. Le projet était, selon une source proche du dossier, bien avancé. La derrière étape accomplie portait sur l’évacuation et l’indemnisation du personnel. Le propriétaire, le holding Siger, avait fait le nécessaire. Mais à la date d’aujourd’hui rien n’est engagé. Cette situation n’est pas pour déplaire aux initiateurs du projet de Bouznika.
À terme, il est question que cette région soit hissée au rang des premières destinations touristiques avec une offre golfique, de loisir et du jeu très compétitive. Autre axe de développement lié aux jeux, des week-ends pour parier aux différentes courses hippiques. Les flambeurs ou « turfistes », qui se bousculent au portillon et semblent cultiver les travers d’une caste à part qui rêve en permanence de rouler sur l’or. « Ils parient beaucoup, toujours et sans relâche au tiercé, au quartet comme au quintet avec en tête ce rêve tenace, cet espoir sempiternellement renouvelé de remporter la mise, au détour d’un « suivi » ou à la faveur d’un nombre fétiche », estime Mohammed Fannane, dans un article de la Map.
Les courses, synonymes de succès, d’échec, d’espoir et de déception, sont à la fois honnies et aimées par les flambeurs, habitués inconditionnels du jeu. Ceux-là même qui rêvent de gagner pour voir le bout du tunnel. Autant de prédispositions pour un marché porteur. Sans atteindre le seuil franchi par Las Vegas, les opportunités existent. Toutefois, les barrières sociales, sinon religieuses, restent à surmonter. Des garde-fous sont à mettre en place. Pour réalisé leur rêve, Mohammed Fannane estime que les joueurs « n’hésitent pas à contracter des dettes en vue de poursuivre une aventure sans fin. C’est triste, c’est toujours le mirage, l’hémorragie et le cul-de-sac. Des familles entières en pâtissent. Les dégâts collatéraux ne manquent pas». Beaucoup de flambeurs parient également dans les courses de lévriers à Anfa, à Casablanca.
Toutefois, les courses hippiques connaissent d’autres parieurs, qui jouent prudemment et modérément et pour le plaisir.
Pour eux les courses sont un passe-temps. Voir en direct ou sur les hippodromes un cheval galoper, trotter ou sauter pour franchir les obstacles sur les pistes avec élégance et adresse, est un régal pour les passionnés, quoique certains jouent discrètement avec des petites sommes sans penser au gain. Ce genre de passion est un fort levier pour un tourisme en quête de chiffres.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux