Dette : Autoroutes du Maroc appelle l’Etat à la rescousse

Dette : Autoroutes du Maroc appelle l’Etat à la rescousse

Elle pèse lourdement sur la trésorerie annuelle de la société

Depuis le début de la crise sanitaire, Autoroutes du Maroc a usé des moyens dont elle dispose pour assurer la continuité de ses services. Sur le terrain, son comité directeur a mis en place une stratégie afin de parer à cette situation de crise. Celle-ci repose en premier lieu sur la protection des usagers, l’ensemble du capital humain d’ADM et de son écosystème. Elle a également veillé à la continuité d’un certain nombre de travaux de maintenance et de chantiers d’infrastructure complexes durant cette période de faible fréquentation (-80%). Cette stratégie s’est aussi axée sur l’optimisation de la trésorerie nécessaire, le décalage des charges et la disponibilité d’une liquidité minimale indispensable durant cette période pour atteindre les objectifs précités. «Ce qui est important structurellement pour ADM n’est pas la perte du chiffre d’affaires, mais surtout l’engagement à honorer le service de la dette qui pèse lourdement sur la trésorerie annuelle. Sachant que le service de la dette constitue la sortie de cash la plus importante (3,6 milliards de DH pour 2020 et 3,1 milliards de DH pour 2021). ADM reste structurellement fragilisée par ce dernier», a d’ailleurs déclaré Anouar Benazouz, le directeur général de l’entreprise dans une récente interview accordée à nos confrères de Médias 24 ajoutant qu’ADM a entrepris plusieurs actions pour la restructuration de la dette, afin de la lisser sur des maturités à très long terme et pour réduire les intérêts annuels à payer.

Limiter l’impact de la crise sanitaire sur l’endettement

«Vu l’impact de la crise, ADM a besoin du soutien crucial de l’Etat pour honorer ses engagements sur le service de dette», relève-t-il à ce sujet. Dans le même sens, le niveau d’endettement d’ADM est resté maîtrisé à 39 MMDH. Sur ce plan, le directeur général de la société confie travailler étroitement avec l’Etat pour limiter l’impact de la crise sanitaire sur l’endettement afin de le contenir à son niveau actuel. «Tout dépendra donc de la reprise du trafic sur le réseau, qui va sûrement prendre plusieurs mois avant le retour à la normale et bien évidemment de la reprise réelle de l’activité économique», souligne-t-il.

Le chiffre d’affaires post-crise 2020 estimé à 1,8 MMDH

L’impact de la crise sur l’entreprise est estimé à une perte annuelle du chiffre d’affaire de 1,4 MMDH hors taxe versus un budget annuel initial de 3,2 MMDH. En d’autres termes, le chiffre d’affaires HT post-crise 2020 sera donc de 1,8 MMDH au lieu de 3,2 MMDH pré-crise contre 3,1 MM HT en 2019. Pour ce qui est du crédit de TVA d’ADM, il a été réduit à 3,8 MMDH, soit une récupération moyenne de 300 millions DH annuellement. «ADM travaille toujours avec l’Etat pour trouver une solution définitive pour éponger la totalité du crédit de TVA», précise le directeur d’ADM à nos confrères.

InfosADM

Impact de la crise : Aucun projet annulé

Dans son entretien avec Médias 24, le directeur d’ADM est revenu sur le déroulé des projets en cours et sur l’état d’avancement de certains d’entre eux. Il a assuré dans ce sens que l’ensemble des projets lancés ont été maintenus et finalisés même durant le confinement. Par ailleurs, ADM a opéré une réadaptation du planning de lancement des nouveaux projets programmés en fonction de la situation de crise mais aucun projet n’a été annulé. Pour ce qui est des projets du triplement des autoroutes de contournement de Casablanca et de Casablanca-Berrechid, ils sont à 30% d’état d’avancement, en phase avec la planification initiale et ce malgré la crise grâce à la mobilisation d’ADM et de son écosystème.

Pas de retour à la normale en 2020

Selon le directeur général d’ADM, le retour à la normale reste tributaire de la reprise du trafic et de l’activité économique et de l’état sanitaire dans notre pays. Il pourrait donc prendre «plusieurs mois, mais ce qui est sûr c’est que ce ne sera pas en 2020», indique Anouar Benazzouz. Il est à noter que durant cette période de crise, tous les moyens ont été maintenus au niveau des ressources humaines et de nouvelles mesures ont été mises en place pour permettre au personnel de travailler dans de bonnes conditions comme l’instauration d’un système de rotation des équipes contraintes d’assurer une présence physique pour les collaborateurs qui ne peuvent pas performer leurs tâches à distance.

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