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Dialogue social : le gouvernement lance les consultations

© D.R

À quelques jours de la réunion prévue entre le gouvernement et ses partenaires sociaux, des rencontres préparatoires ont été tenues pour fixer les points à l’ordre du jour.

Les partenaires sociaux se réuniront le vendredi 17 avril à Rabat dans le cadre du dialogue social. Un rendez-vous important dans un contexte particulier. Il s’agit en effet du dernier round entre le gouvernement, les centrales syndicales et le patronat avant les élections législatives de septembre prochain. Le patronat, de son côté, doit également renouveler ses instances dans les prochaines semaines. La CGEM a ainsi fixé au 11 mars 2026 la date de lancement de l’appel à candidatures à la présidence pour le mandat 2026-2029. Conformément à ses statuts, une réunion de validation des candidatures permettra d’arrêter la liste définitive, qui sera soumise au vote lors de l’assemblée générale élective prévue le 14 mai 2026. En attendant ces échéances, les partenaires sociaux s’activent pour préparer le round du 17 avril. Des consultations ont été lancées il y a quelques jours. Le siège du ministère de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences a ainsi accueilli une réunion destinée à définir l’agenda du dialogue social. Les centrales syndicales les plus représentatives – notamment l’UMT, l’UGTM et la CDT – ainsi que la CGEM ont pris part à cette rencontre qui s’apparente à une réunion préparatoire de ce dernier round.
« Nous avons tenu une réunion au siège du ministère (…) afin de fixer les points à l’ordre du jour du prochain round prévu le 17 avril », a expliqué Younes Firachine, secrétaire général adjoint de la CDT. La délégation syndicale a notamment remis une liste de revendications portant sur l’amélioration des revenus, les libertés syndicales, la poursuite de la mise en œuvre des accords sociaux, la révision des textes électoraux et le renforcement des dialogues sectoriels.
Syndicats, patronat et gouvernement s’emploient ainsi à baliser ce dernier round, avec en ligne de mire la conclusion d’un accord avant la fête du travail, le 1er mai. Parallèlement, les centrales syndicales ont déjà lancé les préparatifs de cette échéance en multipliant les réunions sectorielles dans l’ensemble des régions. La signature d’un accord avec le gouvernement pourrait constituer le point d’orgue de cette fête.

Calendrier
Le respect du calendrier reste un point central. Le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, a insisté sur l’importance de maintenir les échéances prévues lors du point de presse ayant suivi le Conseil de gouvernement. Il a également rappelé le caractère stratégique du dialogue social pour l’Exécutif.
Des sources syndicales confirment avoir reçu une invitation officielle pour cette réunion. Ces dernières années, plusieurs accords ont déjà été conclus dans ce cadre. En avril 2025, le gouvernement avait indiqué que le coût du dialogue social atteindrait 45,738 milliards de dirhams en 2026 et dépasserait 46,702 milliards en 2027, une enveloppe qualifiée d’exceptionnelle et sans précédent. Elle devrait bénéficier à plus de 1,1 million de fonctionnaires, impactant ainsi des millions de familles.
Au cours des quatre dernières années, plusieurs avancées ont été actées, notamment l’accord social du 29 avril 2024. Celui-ci prévoit une hausse de 10 % du SMIG dans le secteur privé, appliquée en deux phases : +5 % en janvier 2025 et +5 % en janvier 2026, portant le salaire minimum à environ 3.422 dirhams. Le SMAG suit la même trajectoire, avec deux augmentations de 5 % en avril 2025 puis en avril 2026.
L’accord prévoit également une hausse de 1.000 dirhams pour les fonctionnaires du secteur public, à l’exception de certains corps ayant déjà bénéficié de revalorisations sectorielles, comme les médecins et les enseignants. Autre mesure importante : le relèvement du seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu, désormais fixé à 6.000 dirhams contre 5.000 auparavant. Tous les regards se tournent désormais vers Rabat, où ce dernier round du dialogue social devra concilier des enjeux parfois divergents mais un objectif commun : parvenir à un accord avant le 1er mai. Dossier à suivre.

IR : les principaux ajustements
Mesures. Dans le cadre de la loi de Finances 2025, plusieurs mesures ont été introduites pour améliorer les revenus. Le barème progressif de l’impôt sur le revenu a été réaménagé, avec notamment le relèvement du seuil exonéré de 30.000 à 40.000 dirhams, permettant d’exonérer les salaires inférieurs à 6.000 dirhams mensuels.
Les autres tranches ont également été élargies et leurs taux réduits, avec des baisses pouvant atteindre 50 %. Le taux marginal a été légèrement ramené de 38 % à 37 %. Par ailleurs, la réduction d’impôt pour charges de famille a été relevée de 360 à 500 dirhams par personne à charge.
D’autres mesures concernent la révision du régime des indemnités de stage, l’amélioration du traitement fiscal des revenus fonciers, ainsi que l’ajustement du régime applicable aux retraites complémentaires et aux profits fonciers dans certains cas spécifiques.