Digital : La course contre la montre a commencé

Digital : La course contre la montre a commencé

Quelle stratégie pour le Maroc post-Covid

Un modèle de gouvernance clair, des outils de pilotage performants, des choix pertinents d’infrastructures, un plan de transformation digital sectoriel, une déclinaison régionale dans le domaine digital, l’adoption d’une démarche participative centrée sur les usagers… sont les axes majeurs de la feuille de route proposée par l’Agence de développement du digital (ADD) pour une mise en œuvre réussie du digital au Maroc. La crise de la Covid-19 l’a démontré, le digital est un bouclier pour se prémunir contre l’incertitude qui caractérise l’ère dans laquelle nous vivons. C’est aussi un outil qui «décode» les imprévus et prévient les risques que ce soit à petite (particuliers, entreprises) ou à grande échelle (Etat). Exploiter la puissance des technologies intelligentes pour gagner en agilité serait la voie de sortie d’impasse. La période post-Covid-19 est déterminante pour la suite. Dans cette perspective, le numérique n’est plus un choix mais un mécanisme de survie. De surcroît, il est aussi créateur de croissance, d’emplois et peut aider le Maroc à faire face aux défis socio-économiques exacerbés par la conjoncture actuelle.

Parallèlement, la créativité exprimée par les jeunes durant les mois de confinement témoigne du potentiel du capital humain non encore exploité dont dispose le pays. Malgré les efforts mis en place et les avancées réalisées, il reste encore du chemin à faire pour apporter des réponses aux besoins grandissants des citoyens et des entreprises. D’ailleurs, en tant qu’organe central dans le développement du digital au Maroc, l’ADD évoque des barrières réglementaires qui ne permettent pas la mise en œuvre effective et l’usage à grande échelle des plateformes digitales, d’une infrastructure digitale qui en dépit des efforts réalisés, conserve un potentiel d’amélioration en raison des zones blanches restant à couvrir, du faible débit de données et de la faible utilisation de data centers. Parmi les défaillances observées, il y a aussi la pénurie de profils spécialisés dans les métiers du digital sur le marché, une culture et des usages digitaux encore limités chez les citoyens, les entreprises et les administrations publiques, et une conduite du changement insuffisante. L’ enjeu de renforcement des compétences des employés de l’administration publique et de démocratisation de l’usage du digital est de taille. ALM donne la parole aux professionnels pour éclairer le grand public sur les enjeux que recèle ce secteur et actions à mener pour rattraper le retard accusé. A travers les avis des experts, il sera également question dans ce spécial d’apporter des réponses pour la relance dans le secteur des IT dans la période post-Covid-19.

• Compétitivité de l’économie marocaine

La transformation digitale peut constituer un stimulateur de la compétitivité économique du Maroc, notamment chez les PME et TPE. Ainsi, le commerce électronique appuyé par les plateformes numériques dédiées à la transaction de biens et services peut insuffler un nouvel élan dans tous les secteurs d’activités. Sur un autre plan, le virage numérique offre au Maroc l’opportunité de se positionner en tant que hub digital africain. L’objectif étant d’attirer des entreprises digitales innovantes, garder les compétences marocaines, et séduire des talents de tout le continent.

• Réduire les inégalités sociales
La digitalisation peut réduire la fracture sociale et permettre aux populations les moins favorisées d’accéder aux services sociaux, notamment dans cette période de crise. Dans le secteur de la santé, la transformation digitale du secteur de la santé en particulier pourrait contribuer à une meilleure prise en charge des patients. Dans le même sillage, la télémédecine pourrait par exemple être un outil de rescousse dans les zones à faible densité médicale. Le digital peut moderniser le secteur de l’éducation au Maroc à condition qu’il soit accompagné par la généralisation de l’accès à Internet, en particulier dans le monde rural. L’expérience de l’enseignement à distance pendant la Covid-19 a dévoilé les défaillances liées à l’accès au réseau Internet dans les zones éloignées.

Qualité des services publics

La simplification des procédures administratives changerait en profondeur les prestations des services publics au Maroc. Elle permettrait d’obtenir un gain en temps, en efficacité et en coût aussi bien pour le citoyen que pour l’Etat. Sans manquer le fait que cela constituerait un élément fondamental dans l’amélioration de l’attractivité pour les investisseurs. «Au Maroc, les citoyens passent en moyenne 50 heures par an à interagir avec des administrations publiques, ce qui génère une insatisfaction importante (plus de 85% des citoyens s’estiment non ou peu satisfaits de ces interactions). Parallèlement, les entreprises marocaines passent en moyenne près de 200 heures par année en contact avec les services publics, avec un taux d’insatisfaction élevé (environ 70% des entreprises se disent insatisfaites ou peu satisfaites desdits contacts)», explique l’ADD ajoutant que de nombreuses initiatives e-gouvernement ont été mises en œuvre au cours des 10 dernières années. A ce stade, les e-services déployés ne sont pas encore à la hauteur des attentes des citoyens et des entreprises (respectivement 92% et 87% des citoyens et entreprises se disent non ou peu satisfaits des e-services en place), en raison notamment de l’absence de digitalisation de bout en bout des parcours et le manque d’ergonomie des sites, relève la même source.

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