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Données financières : Les régulateurs se dirigent vers une nomenclature commune

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Sa feuille de route en cours d’élaboration par l’AMMC

Standardiser les échanges de données financières pour répondre aux exigences de qualité, de fiabilité et d’exhaustivité nécessaires à la supervision du marché financier par les régulateurs. C’est le principal objectif du projet de mise en œuvre d’un système de nomenclature pour le secteur financier marocain sur lequel travaille l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) actuellement. Il s’agit de concevoir une feuille de route claire pour la réalisation de ce chantier.

Vers une sémantique unifiée

«La complexité des échanges de données en milieu financier, induite par le fort développement des marchés des capitaux, bancaire et assurantiel, nécessite l’adoption des meilleures pratiques en termes de gouvernance de données. Dans ce sens, le besoin de standardisation des définitions et des concepts à travers l’adoption d’une nomenclature financière unifiée a été clairement identifié», explique l’AMMC ajoutant que cela permettra d’assurer l’harmonisation et la qualité des données requises aussi bien pour les besoins de régulation que pour le bon fonctionnement du système financier. Pour ce faire, trois leviers ont été identifiés, à savoir l’harmonisation sémantique, les données de référence et le système d’information. Le volet sémantique permet d’homogénéiser les définitions et les concepts garantissant «une compréhension unifiée de la donnée aussi bien par les humains que par les machines». La gestion des données de références appelées «Master Data Management (MDM)» permet quant à elle l’exactitude des données. Ces deux leviers s’accompagnent par l’utilisation de systèmes d’information adéquats permettant d’alimenter et de mettre à jour les données par les différentes parties prenantes tout en assurant la sécurité et la fiabilité de l’information. A titre d’exemple, l’AMMC cite les systèmes d’organisation des connaissances (KOS).

Gestion efficiente des risques

Il faut dire que les pouvoirs publics «se sont investis depuis plusieurs décennies dans la modernisation du système financier du Royaume afin d’accroître son efficacité et d’améliorer son attractivité. Celui-ci a ainsi connu une profonde mutation, des réformes ont été engagées afin de doter le pays d’un système à même de mobiliser l’épargne de manière efficace et de l’allouer avec efficience au financement de l’économie.
Ces réformes visaient par ailleurs à faire converger la réglementation marocaine en la matière vers les standards internationaux», indique la même source rappelant qu’en 2014, la réforme de la loi bancaire a institué le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS).

Celui-ci est constitué de représentants de Bank Al-Maghrib, de l’AMMC et l’Acaps ainsi que des représentants du ministère chargé des finances et a comme finalité «d’assurer la surveillance macroprudentielle du marché financier en vue d’une gestion efficiente des risques systémiques», relève la même source. Le CCSRS a fait de la gouvernance de la donnée un des sujets prioritaires et a entrepris plusieurs actions dans le sens de l’amélioration des échanges de données financières. Parmi elles, on compte le projet «Nomenclature».

«Outre son importance pour la maîtrise des risques systémiques et pour la régulation et la supervision du marché, le projet «Nomenclature» vient également en renfort aux efforts de gouvernance de la donnée entrepris par les régulateurs et autres acteurs du système financier, en réponse aux nouveaux défis relatifs à la donnée», souligne l’AMMC expliquant que dans un contexte marqué par la croissance de la production de données à l’échelle nationale, le besoin d’interopérabilité des données à la fois entre régulateurs, mais également entre les différents acteurs du système augmente, ce qui exige donc l’adoption des meilleures pratiques en matière de gouvernance de la donnée, en particulier celles liées à la nomenclature. Notons que pour ce projet l’AMMC assurera le rôle de représentation de Bank Al-Maghrib (BAM) et de l’Acaps en ce qui concerne tous les aspects de la maîtrise d’ouvrage. Des instances de gouvernance seront mises en place pour la conduite du projet. Elles comptent un comité de pilotage et un comité de projets.