Dossier : Cadrage : Trafic

La plate-forme technique, instaurée pour rationaliser la pêcherie, commence à porter, doucement mais sûrement, ses fruits. Les garde-fous susceptibles de sauver une ressource sauvagement exploitée semblent fonctionner. L’instauration de quotas individuels par bateau, maillage minimum, interdiction définitive de la pêche des juvéniles, limitations à 100 bateaux au lieu de 300 pour le segment côtier et à 2.500 pour l’artisanal… Autant de mesures qui ont permis la régénération du poulpe. Les spécialistes parlent d’un stock actuel de 20 000 tonnes, loin, il est vrai des 100 000 tonnes habituelles !
Par contre, l’ensemble de ces mesures n’est pas respecté par tous. Certains réussissent à passer à travers les mailles du filet. Le braconnage et autre pêche illégale de poulpes sévissent toujours. Le 31 janvier dernier, les marins pêcheurs opérant sur le un bateau impliqué dans un trafic illégal de poulpes ont organisé un sit-in
Le bateau appartenant à une société à capital maroco-chinois sous commandement d’un capitaine de nationalité chinoise a navigué le 20 courant pendant trois heures (de 21 heures à minuit) en direction du Sud où il a pêché dans les eaux territoriales marocaines environ une tonne de poulpes. C’est dire que la loi n’est pas la même pour tous.
Lors d’un dernier voyage de presse à Dakhla, les représentants des médias nationaux ont pu se rendre à l’évidence de l’importance du trafic. Ainsi, la contrebande injecte chaque nuit jusqu’à 50 tonnes de poulpes dans les unités de congélation de Dakhla et Laâyoune. En l’absence d’un vrai contrôle, la loi aboutira difficilement. Les failles en matière de contrôle sont connues de tous. Les mesures prises pour le moins indulgentes. Le problème des barques non déclarées est toujours en instance. Alors que celles qui sont réglementaires devront se convertir dans d’autres types de pêche. Là aussi, les propriétaires de barques ne savent à quel saint se vouer. Ils veulent des licences pour des bateaux capables de pêcher la sardine et autres types de poissons et des quotas individuels au même titre que la pêche hauturière.
Dans l’ensemble, les dangers de surexploitation menacent les ressources halieutiques nationales, mais aussi les marins pêcheurs. La rationalisation de l’effort de pêche ne peut se faire au détriment des marins pêcheurs. Mais la réalité est toute autre.
On l’aura bien vu tout au long de la période d’arrêt biologique, décrétée sur plus de 8 mois, et qui ne s’est pas faite sans dégâts sociaux. Employant des centaines de milliers de mains-d’oeuvre, la pêche reste aussi un secteur où c’est toujours les plus petits qui payent le plus cher.
Il est grand temps d’accéder à la requête des pêcheurs visant la création d’un fonds d’indemnisation à même de réduire la tension sociale concomitante. Censé compenser les pertes en salaires accusés du fait du repos biologique, ce fonds n’a pas vu le jour.
Les marins restent devant le fait accompli et il est temps que l’Etat mette de l’ordre au secteur. Sinon, c’est le poulpe aux oeufs d’or que l’on va achever.

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