Eau, entrepreneuriat, agriculture et forêts : Un grand chantier sectoriel lancé en 2020

Eau, entrepreneuriat, agriculture et forêts : Un grand chantier sectoriel lancé en 2020

Le démarrage de l’année 2020 a été marqué par le lancement de chantiers stratégiques qui viennent appuyer le grand projet de développement.

Depuis l’intronisation de Sa Majesté le Roi, le Maroc s’est engagé à renforcer la contribution des secteurs dans la croissance économique. Un effort qui a été couronné par le lancement de visions sectorielles à forte valeur ajoutée. La palette des stratégies sectorielles a été enrichie durant cette année, notamment par le lancement de trois feuilles de route couvrant des domaines transverses. Retour sur les principaux dispositifs adoptés.

Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation

Au mois de janvier 2020, il a été procédé à la signature d’une convention-cadre pour la réalisation du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027. Ce chantier chapeauté par le Souverain porte sur des investissements de l’ordre de 115,4 milliards de dirhams. La finalité étant de consolider et de diversifier les sources d’approvisionnement en eau potable et d’accompagner la demande pour ces sources. Le programme tend également à garantir la sécurité hydrique et la lutte contre les effets des changements climatiques. Cinq axes ont été définis dans ce sens. Citons l’amélioration de l’offre hydrique à travers la construction de barrages, portant ainsi la capacité de stockage globale du Royaume à 27,3 milliards de m3. Un chantier pour lequel seront débloqués 61 milliards de dirhams. Le programme prévoit en effet la construction de 20 grands barrages d’une capacité de stockage de 5,38 milliards de mètres cubes. A cela s’ajoutent la gestion de la demande et la valorisation de l’eau dans le secteur agricole qui nécessitera une enveloppe de 25,1 milliards de dirhams. De même, 26,9 milliards de dirhams seront alloués au renforcement de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural contre 2,3 milliards de dirhams pour la réutilisation des eaux usées traitées dans l’irrigation des espaces verts. L’approvisionnement en eau d’irrigation concernera une superficie globale de 510.000 hectares et bénéficiera à 160.000 agriculteurs. Il est également question de sensibiliser à l’importance de la préservation des ressources en eau et la rationalisation de son usage. Un axe pour lequel un budget de 50 millions de dirhams a été défini. Notons que le financement de ce programme sera assuré à hauteur de 60% par le budget général de l’Etat et 39% par les acteurs concernés. Le montant restant sera alloué à travers des partenariats public-privé. Le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 porte aussi sur l’exploration des eaux souterraines en vue de la mobilisation de nouvelles ressources, ainsi que la réalisation de nouvelles stations de dessalement d’eau de mer qui viendront s’ajouter à celles déjà opérationnelles à Laâyoune, Boujdour, Tan-Tan et Akhfenir.

Génération Green 2020-2030

Le secteur de l’agriculture s’est doté depuis le mois de février d’une nouvelle vision stratégique qui vient renforcer les acquis du Plan Maroc Vert. Baptisé Génération Green (Al Jayl Al Akhdar), ce nouveau plan permettra à l’agriculture marocaine de franchir un nouveau palier dans son développement. Cette feuille de route s’articule autour de la valorisation de l’élément humain, notamment à travers l’émergence d’une nouvelle génération de classe moyenne agricole ainsi que la naissance d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs dans le secteur, et ce via la mobilisation et la valorisation d’un million d’hectares de terres collectives et la création de 350.000 nouveaux emplois. Cette classe moyenne et ces jeunes agriculteurs pourront également recourir à une nouvelle génération d’organisations agricoles plus innovantes et bénéficier de nouvelles mesures d’accompagnement leur permettant de renforcer leurs compétences. «Génération Green» se base sur une capitalisation des acquis réalisés par le Plan Maroc Vert (PMV), à travers l’adoption d’une nouvelle vision du secteur agricole, la consécration d’une nouvelle gouvernance et la mise à la disposition du secteur de moyens modernes. La nouvelle vision prévoit, ainsi, la consolidation des filières agricoles, en vue du doublement des exportations (50 à 60 milliards DH) et du PIB agricole (200 à 250 milliards DH) à l’horizon 2030. L’ambition étant également d’améliorer les process de distribution des produits à travers la modernisation de 12 marchés de gros et des marchés traditionnels ainsi que de renforcer la résilience et la durabilité du développement agricole. La nouvelle feuille de route prône également l’amélioration de la qualité et de la capacité d’innovation dans le secteur agricole. Il sera procédé dans ce sens à l’octroi d’agréments à 120 abattoirs modernes et le renforcement du contrôle sanitaire.

Forêts du Maroc

En parallèle à «Génération Green», une autre feuille de route a émergé du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Il s’agit de «Forêts du Maroc», une vision qui vient rappeler l’importance des espaces forestiers dont la superficie est estimée à 9 millions d’hectares, et leur fonction environnementale, économique et sociale. Forêts du Maroc se base sur un modèle de gestion intégré, durable et générateur de richesse. Elle vise à faire des forêts un espace de développement, à assurer une gestion durable des ressources forestières, à adopter une approche participative associant les usagers, à renforcer les capacités de production des forêts, et à préserver la biodiversité. Le département des Eaux et Forêts a programmé une superficie de 600.000 hectares de plantations forestières sur les douze régions du Royaume à raison de 50.000 hectares au début du programme pour atteindre 100.000 hectares à l’horizon 2030. Ce programme de reboisement, issu de plans d’aménagement des différentes forêts marocaines qui feront l’objet de concertations avec les populations riveraines, comprendra l’arganier, le chêne-liège, le chêne vert, le thuya, le cèdre, le caroubier, l’eucalyptus, le pin et d’autres essences forestières. Notons que 460 millions de plants seront produits à l’horizon 2030, et une nouvelle approche est mise en place pour que les 54 pépinières d’espèces forestières du département des Eaux et Forêts soient progressivement confiées au secteur privé. A rappeler que cette stratégie ambitionne, à l’horizon 2030, la création de 27.500 postes d’emplois directs supplémentaires, outre l’amélioration des revenus des filières de production et de l’écotourisme pour atteindre une valeur marchande annuelle de 5 milliards de dirhams.

 

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