Le ministre de l’agriculture a visité, le 29 octobre 2025 en marge du Sidattes, le projet d’aménagement hydro-agricole de transfert des eaux de crues de l’oued Gheris vers le lac de Merzouga via le barrage Mktaa Sfa.
Développement : Au-delà de son positionnement en tant que rendez-vous annuel des professionnels, ce salon permet de braquer les projecteurs sur les performances du secteur et les projets qui permettent de booster son développement.
L’édition du Sidattes, qui se tient du 29 octobre au 2 novembre 2025 à Erfoud, met l’accent sur la gestion durable des ressources hydriques, considérée comme un levier essentiel du développement du palmier dattier et des écosystèmes oasiens. Lors de cet événement, les contours d’un projet novateur d’aménagement hydro-agricole, portant sur le transfert des eaux de crues de l’oued Gheris vers le lac de Merzouga à travers le barrage Maktaa Sfa ont également été dévoilés.
La filière des dattes au Maroc performe
La filière phoenicicole marocaine affiche un regain de vitalité. Pour la campagne 2025-2026, la production nationale de dattes devrait dépasser les 160.000 tonnes, soit une hausse de 55 % par rapport à la saison précédente. Il s’agit du niveau le plus élevé jamais enregistré au Maroc, selon le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Cette performance exceptionnelle s’explique par des conditions climatiques favorables. Dans la région de Drâa-Tafilalet, principale zone de production, les températures hivernales clémentes ont permis aux palmiers dattiers de se remettre du stress thermique, tandis qu’une période chaude prolongée, combinée à des pluies survenues en mars et avril, a favorisé la floraison, la nouaison et la maturation des fruits. La région contribue à elle seule à 76 % de la production nationale, loin devant Souss-Massa et l’Oriental, qui assurent chacune environ 11 % du volume total. Il faut dire que le palmier dattier représente un véritable pilier économique, social et environnemental pour le pays. La filière génère chaque année près de 2 milliards de dirhams de chiffre d’affaires et 3,6 millions de journées de travail, assurant les moyens de subsistance à près de deux millions de personnes. Elle joue également un rôle essentiel dans la lutte contre l’exode rural et la préservation d’un savoir-faire ancestral reconnu à l’échelle internationale.
Sur le plan environnemental, le palmier dattier contribue à la création d’un microclimat oasien favorable à l’agriculture locale et constitue un rempart naturel contre la désertification.
Les efforts menés dans le cadre du Plan Maroc Vert, puis de la stratégie Génération Green 2020-2030 ont permis d’accélérer la modernisation du secteur. Entre 2008 et 2025, la superficie plantée en palmiers dattiers est passée de 50.900 hectares à plus de 69.490 hectares, soit une progression de plus de 36 %. Dans le même temps, la production a bondi de 90 400 tonnes à 160.000 tonnes, témoignant du dynamisme et de la résilience de la filière face aux défis climatiques et hydriques des dernières années.
Oued Gheris – Merzouga : Un projet hydrique d’envergure
Le Maroc multiplie les initiatives pour renforcer la résilience de ses territoires contre la raréfaction des ressources en eau. Parmi les projets phares figure celui du transfert des eaux de crues de l’oued Gheris vers le lac Merzouga, via le barrage Maktaa Sfa. Les détails de ce projet ont été dévoilés lors de la 14 ème édition du Salon international des dattes du Maroc (Sidattes 2025). Nécessitant un investissement global de 85,23 millions de dirhams, ce projet stratégique en matière de mobilisation des eaux de surface profitera directement à près de 6.770 habitants et permettra l’irrigation de 1.194 hectares situés dans les communes de Rissani et Taous. Durant la phase de réalisation, il devrait également générer plus de 341.000 journées de travail, soutenant ainsi l’emploi local. Le dispositif repose sur un ensemble d’infrastructures complémentaires destinées à optimiser la gestion et la valorisation des ressources hydriques de la région. Il prévoit notamment la construction d’un barrage de dérivation à Ksar Sidi Ahmed Ben Madani, long de 260 mètres, accompagné de ses ouvrages annexes. Un canal de transfert de 14 kilomètres permettra d’acheminer les eaux de crues de l’oued Gheris vers la Dayet Merzouga, tandis qu’un canal d’alimentation en eau d’irrigation de 2,6 kilomètres alimentera le périmètre agricole de Maktaa Sfa.
Le projet comprend également la réhabilitation de la digue du lac Merzouga ainsi que la modernisation du réseau d’irrigation des périmètres de Merzouga et Maktaa Sfa, afin d’assurer la pérennité et l’efficacité du système. Ce projet répond à plusieurs objectifs stratégiques, à savoir améliorer la mobilisation et l’usage des eaux de surface, renforcer l’irrigation des zones agricoles oasiennes, préserver et restaurer le couvert végétal, recharger la nappe phréatique, et accroître la capacité de rétention de la Dayet Merzouga, un site à la fois écologique et touristique.
Ce chantier devrait également améliorer les revenus et les conditions de vie des agriculteurs, tout en freinant l’exode rural et en renforçant la durabilité des systèmes oasiens face aux effets du changement climatique.
Partenariat pour la durabilité des écosystèmes oasiens
Lors du Sidattes 2025, une convention de partenariat a été signée entre l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Organisation arabe pour le développement agricole (OADA). Cette convention, qui s’inscrit dans le cadre du lancement du programme modèle de développement des oasis au Maroc, vise à renforcer la recherche scientifique et l’innovation au service de la durabilité des écosystèmes oasiens. Doté d’une contribution financière de 200.000 dollars, ce programme prévoit la mise en œuvre d’actions concrètes en matière de préservation des ressources naturelles, de valorisation des ressources génétiques locales, de lutte contre la désertification et de création d’activités génératrices de revenus, en particulier au profit des jeunes et des femmes.









