Visant à renforcer l’attractivité des zones côtières et marines
Le Royaume a pris conscience de l’importance du relais de croissance offert par l’économie bleue en l’adoptant comme l’un des principaux piliers de son nouveau modèle de développement citant à cet égard les «clusters côtiers» comme de véritables catalyseurs.
Le Maroc a tous les atouts pour développer une économie bleue compétitive et durable. En effet, celle-ci constitue «une nouvelle opportunité qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de durabilité et de résilience prôné par l’Agenda des Nations Unies pour le Développement en contribuant à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Engagé dans cette dynamique et en tant que pays côtier, le Maroc se positionne comme un acteur investi dans les agendas mondiaux et régionaux, qui pourrait apporter sa contribution au développement d’une économie bleue durable et inclusive», indique la Banque mondiale dans son rapport relatif au programme de développement de l’économie bleue axé sur l’évaluation des systèmes environnementaux et sociaux (ESES).
Selon l’institution, le Royaume a pris conscience de l’importance du relais de croissance offert par l’économie bleue en l’adoptant comme l’un des principaux piliers de son nouveau modèle de développement citant à cet égard les «clusters côtiers» comme de véritables catalyseurs. Ce document corrobore le partenariat établi entre le Maroc et la Banque mondiale pour la préparation d’un programme pour les résultats (PPR), dont l’objectif est de renforcer le cadre institutionnel et financier du pays sur le développement durable des zones côtières et marines. Il dévoile les effets environnementaux et sociaux du programme de l’économie bleue en se basant sur quatre indicateurs clés.
Ces derniers concernent la stratégie de l’économie bleue au niveau national et au niveau régional, les PME touristiques et fermes aquacoles et les zones marines et côtières sous gestion intégrée durable et résiliente. La Banque explique qu’une première phase du programme gouvernemental a commencé en 2021 en agrégeant les budgets programmes ministériels (2022-2026), avec un montant estimé à 2 milliards de dollars américains.
Projets pilotes
D’emblée, le rapport de la Banque mondiale souligne l’absence des effets environnementaux et sociaux négatifs importants liés aux interventions devant être faites dans le cadre de ce programme.
Et pour cause, «la nature du programme pour les résultats exclut, par principe, tout investissement comportant des risques environnementaux et sociaux majeurs. Ainsi, en conformité avec les politiques et directives pour le financement du PPR, le programme exclut toute activité posant un risque environnemental et social potentiellement important et des impacts négatifs divers, variés, irréversibles et sans précédent».
Il évoque les avantages et bénéfices sociaux qui en découlent expliquant qu’ils proviennent d’une part de la dynamique de développement induite par l’approche cluster et, d’autre part, des effets générés par les activités individuellement. Se focalisant sur trois régions pilotes, deux sur la rive atlantique du Royaume, Souss-Massa (2.676.847 habitants et une côte de 360 km) et Guelmim-Oued Noun (433.757 habitants et une façade maritime d’une longueur de 240 km) et la troisième liant la rive atlantique et la rive méditerranéenne (Tanger-Tétouan-Al Hoceima) avec une côte de 447 km et une population de 3.556.7294 habitants), le Programme pour les résultats axé sur le développement de l’économie bleue «est susceptible de générer des bénéfices économiques et sociaux pour les trois régions ainsi que pour l’ensemble du pays», affirme la même source. Il en ressort que ces avantages concerneront l’emploi et d’amélioration des revenus, la régénération et la durabilité des ressources que recèle la mer et les écosystèmes liés à la mer, l’amélioration de l’hygiène et la santé publique des populations vivant sur les côtes et des usagers de la mer, le développement de la connaissance par la population de l’économie bleue et de sa sensibilité à son développement et aux enjeux de la préservation du capital naturel lié à la mer.
Vers des clusters côtiers vertueux
L’approche adoptée pour le développement de l’économie bleue est articulée autour du concept de cluster côtier. Elle permettra d’initier une dynamique vertueuse de développement intégré impliquant la participation des acteurs nationaux et des acteurs territoriaux de l’économie bleue dont des effets bénéfiques globaux sont attendus sur les territoires concernés et sur leurs populations.
De même, ce programme contribuera au renforcement de l’autonomisation des catégories sociales les plus vulnérables, à savoir les jeunes et les femmes. Ce rapport évoque par exemple l’appui à la création de 713 entreprises dans le domaine du tourisme dans la zone d’Aghroud bénéficiant en premier aux personnes à mobilité réduite, aux jeunes et aux coopératives féminines de pêche artisanale. Par conséquent, les populations locales seront les premières à bénéficier de ce programme, en termes de créations d’emplois.










