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Economie verte : Le HCP et l’OIT plaident pour le verdissement des emplois existants

© D.R

La transition verte, si elle est correctement accompagnée, peut devenir un levier stratégique pour allier résilience climatique, compétitivité économique et justice sociale.

Analyse : Dans son récent rapport, l’OIT accompagnée par le HCP examine l’émergence des emplois verts au niveau national dans un contexte de vulnérabilité face au changement climatique. Entre risques physiques et défis structurels du marché du travail, l’Organisation plaide pour une approche intégrée qui tend plus vers le verdissement des métiers existants plutôt que vers l’émergence de nouveaux métiers spécialisés.

Le Maroc dispose d’un potentiel réel pour transformer son économie et son marché du travail vers plus de durabilité. Une transformation qui sera progressive et qui dépendra moins de la création de nouvelles professions que de la capacité à faire évoluer l’essentiel du tissu professionnel existant. Elle s’opérera par la diffusion des meilleures pratiques environnementales, le développement des compétences vertes et l’inclusion des groupes les plus vulnérables. C’est ce que relève l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un récent rapport réalisé au Maroc avec l’appui technique et institutionnel du Haut-Commissariat au Plan (HCP). L’étude engagée établit en effet un diagnostic national sur l’émergence des emplois vert au Maroc en examinant les risques et les opportunités liés à la transition verte au Maroc. L’approche adoptée dresse un panorama complet des impacts physiques du changement climatique, des risques liés aux politiques de mitigation et d’adoption ainsi que des opportunités économiques et sociales associées à la transition et ce en considérant leurs implications sur l’économie, sur le marché du travail et sur les inégalités. «La transition verte, si elle est correctement accompagnée, peut devenir un levier stratégique pour allier résilience climatique, compétitivité économique et justice sociale»,peut-on retenir dudit rapport.

Le potentiel des métiers verts au Maroc

Les conclusions tirées laissent apparaître des parts différenciées des emplois verts potentiels au Maroc. Elles peuvent osciller de 0,5 % lorsqu’il s’agit des métiers explicitement liés à des tâches environnementales comme elles peuvent grimper à 26 % lorsque l’on inclut les professions existantes susceptibles d’intégrer de nouvelles compétences ou de connaître une demande accrue dans un contexte de transition verte. « En pratique, la proportion réelle d’emplois concernés se situerait entre un emploi sur six et un emploi sur quatre », commente l’OIT dans son rapport. Une estimation qui, selon l’Organisation, met en évidence une caractéristique centrale de la transition au Maroc. « Elle ne reposera pas principalement sur l’émergence de nouveaux métiers spécialisés, encore très marginaux, mais sur le verdissement progressif d’une large gamme de professions existantes», relève-t-on.

Autrement dit, l’avenir appartient aux maçons formés à l’efficacité énergétique, aux agriculteurs maîtrisant l’irrigation de précision et aux techniciens aptes à maintenir des installations renouvelables. Le rapport identifie plusieurs secteurs clés qui porteront cette mutation. Citons en premier l’agriculture et l’agro-industrie, des secteurs emploient près d’un tiers de la population active. Bien qu’elles soient particulièrement vulnérables au stress hydrique, ces deux branches d’activités recèlent, selon le rapport, un potentiel d’amélioration grâce à l’irrigation durable, à la valorisation des sous-produits et à la diversification. Le deuxième secteur concerné n’est tout autre que la construction. L’OIT souligne dans ce sens une adaptation aux normes de performance énergétique et de résilience climatique, offrant des perspectives d’emplois dans les bâtiments écologiques et les infrastructures vertes. De même, l’énergie et l’eau constituent un autre champ stratégique. « La montée en puissance des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène vert) ouvre des perspectives industrielles et d’exportation, alors que la gestion durable des ressources hydriques devient un impératif national », peut-on lire dans ce sens.
A ces secteurs s’ajoutent les services, représentant plus de la moitié du PIB. Se référant à l’OIT, le tourisme, particulièrement exposé aux risques climatiques, doit évoluer vers des modèles durables, tandis que les services techniques, logistiques et numériques offrent de nouvelles niches pour l’économie verte.

Vers le renforcement des compétences vertes pour une transition juste

Tenant compte de ces constats, le rapport recommande d’intensifier les efforts de formation et de reconversion, en renforçant l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) et en intégrant systématiquement les compétences vertes dans les curricula. « Entre 10 et 13 % des emplois nécessiteront l’acquisition de compétences vertes spécifiques, qu’il s’agisse de techniques de construction durable, d’efficacité énergétique, de gestion des déchets, de maintenance d’équipements renouvelables ou encore d’outils numériques de suivi environnemental. Le défi est double : adapter les systèmes de formation professionnelle et d’enseignement technique pour répondre à ces nouveaux besoins, tout en veillant à inclure les jeunes, les femmes et les travailleurs vulnérables qui risquent d’être exclus de cette transformation», peut-on lire dans ce sens.
Il est également à préconiser d’accélérer les investissements dans la recherche,
l’innovation et l’industrialisation des filières renouvelables, tout en adaptant les infrastructures aux normes climatiques. Se référant à l’OIT, les politiques doivent viser à sécuriser une transition juste, c’est-à-dire une transition qui associe création d’emplois, amélioration de la qualité du travail, inclusion sociale et réduction des inégalités, en particulier pour les jeunes et les femmes. Le renforcement de la gouvernance et du suivi statistique est également de mise permettant ainsi de mesurer les progrès et ajuster les politiques en continu.

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