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Efficacité et sécurité hydriques : Les politiques publiques au cœur d’un symposium dédié à l’eau

Efficacité et sécurité hydriques : Les politiques publiques au cœur d’un symposium dédié à l’eau

La région de Casablanca-Settat reste fortement touchée par ce fléau, et ce compte tenu de sa densité et de sa particularité agricole. Le déficit hydrique dans ce territoire devrait en effet atteindre les 330 millions de mètres cubes d’ici 2025.

L’efficacité et la sécurité hydriques ont été au cœur d’un symposium dédié à l’eau et dont les travaux se sont déroulés mercredi 5 octobre à Casablanca. Cette rencontre a été une occasion pour discuter de la problématique de l’eau dans un contexte marqué par une forte sécheresse. L’idée étant d’échanger autour des politiques publiques engagées dans ce sens, de la gouvernance ainsi que du contrôle de cette ressource. «C’est une problématique importante. Elle va perdurer et devenir de plus en plus grave dans le futur. Il est très important qu’on puisse nous prémunir et prendre toutes les mesures qui s’imposent pour nous inscrire dans le cadre du plan national de l’eau. Il est aussi essentiel que les citoyens dans leur quotidien puissent également changer de comportement car, pour pouvoir faire face à cette situation, il est très important que tout le monde se mobilise et on y arrivera grâce à l’appui de tous», relève-t-on de Nizar Baraka, ministre de l’équipement et de l’eau. Le Maroc fait en effet partie des pays les plus exposés au stress hydrique. Il arrive 23ème sur un total de 165 pays.

Malgré les actions proactives engagées depuis des décennies au Maroc, le Royaume fait face, aujourd’hui, à de grands défis liés à l’eau. Une situation amplifiée par la vague de sécheresse qui s’est installée depuis 4 ans et qui atteint cette année un pic considérable. «Nous sommes dans une situation particulièrement critique puisque nous sommes à un niveau d’apport en eau par habitant qui tourne autour de 600 m3 par an, voire 500 m3 par an ce qui montre que nous sommes vers une tendance baissière qui doit être prise en compte au niveau des politiques publiques», assure le ministre. Et d’ajouter que «les niveaux de rétention des barrages restent très limités. La baisse d’apport en eau dépasse les 80% tandis que celle de la nappe phréatique est estimée à 6 mètres contre une moyenne de 3 mètres». Lors de son intervention, Nizar Baraka a passé en revue les principales actions engagées au niveau gouvernemental pour répondre aux enjeux de la protection et de l’efficacité hydriques. Le ministre a dans ce sens annoncé le démarrage imminent du transfert d’eau du bassin de Sebou vers le bassin du Bouregreg au niveau du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah.

Ce projet intégré dans le cadre du programme 2020-2027 tend en effet à alimenter la ville de Rabat et éventuellement la ville de Casablanca après la connexion qui a été faite entre les pôles nord et sud de la métropole.
En effet, la région de Casablanca-Settat reste fortement touchée par ce fléau, et ce compte tenu de sa densité et de sa particularité agricole.
Le déficit hydrique dans ce territoire devrait en effet atteindre les 330 millions de mètres cubes d’ici 2025. «Il y a urgence à agir face à ce déficit. Si rien n’est fait, il atteindrait les 417 millions mètres cubes d’ici 2030», fait savoir Abdellatif Maazouz, président de la région Casablanca-Settat. Et d’assurer que «cette problématique est sérieusement prise en charge aux niveaux central, communal et provincial. Tous les moyens sont mobilisés pour y faire face, il ne faut tout de même pas être dépassé par la vitesse des évènements. La sécheresse prend de l’ampleur, d’où l’urgence d’accélérer ces programmes et les mettre en œuvre».

Du côté de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable, son directeur général, Abderrahim El Hafidi, a indiqué lors de ce symposium que le modèle appliqué a atteint ses limites, notamment en matière de dépendance aux paramètres externes, en l’occurrence le changement climatique. «Nous sommes dans une variabilité immaîtrisable et dans un manque de visibilité qui nous poussent à nous interroger sur l’efficacité du modèle actuel et sur sa possibilité d’assurer un équilibre entre l’offre et la demande», indique le responsable. M. Hafidi a affirmé que l’Office œuvre en concertation avec le ministère de tutelle pour élaborer une réflexion qui sera soumise prochainement au gouvernement pour améliorer l’indépendance à cette variabilité et garantir la disponibilité de l’eau.
Il est à rappeler que le Maroc a mis sur les rails depuis 2020 un plan national de l’eau. Cette feuille de route a pour finalité de faire face à la raréfaction des ressources en eau d’ici 2050. Ce dispositif est fondé autour de trois piliers.

Citons dans ce sens la gestion de la demande en eau et la valorisation de cette ressource, le développement de l’offre et la préservation des ressources en eau, du milieu naturel et l’adaptation aux changements climatiques.

 

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