El Hilaâ superstar

Depuis que le rapport explosif sur la CNSS a été rendu public, il est devenu le chouchou des médias. Il n’y en a que pour lui, Rahhou El Hilaâ, le président de la commission d’enquête parlementaire sur la CNSS. Occupant les actualités, il est en permanence sur les plateaux des deux chaînes nationales et dans les pages de la presse.
L’intéressé a fait, vendredi14 juin, une bonne prestation sur 2M, lors de l’émission Likouli Ennas de Abdessamd Ben Chérif. Se prêtant volontiers au jeu des questions-réponses, il a commenté les différents volets du rapport sur le ton serein du pédagogue. Ce passage télévisuel à une heure de grande écoute sur un sujet aussi explosif ne peut que faire la notoriété nationale d’un homme politique jusqu’ici inconnu du grand public. En martelant que la justice doit faire son travail et que les responsables de la gabegie de la CNSS doivent rendre des comptes, Rahou El Hilaâ est en train de passer dans l’opinion pour un croisé des abus financiers et un défenseur du petit peuple et de la classe ouvrière. L’argent dilapidé n’est-il pas celui des travailleurs gagné comme dit El Hilaâ “ à la sueur de leur front“ ?
Diplômé de l’École des sciences de l’information, ingénieur informaticien Centi (Paris), cet ancien cadre de la Banque du Maroc, actuellement directeur informatique à la BNDE, est conseiller FFD de Thami Khiyari à la deuxième Chambre dont il est également chef du groupe parlementaire. Président du conseil communal de Aïn Sbit, membre du conseil provincial de Khemisset et du conseil régional Rabat-Salé-Zemmour-Zaer, ce natif de Romani, 49 ans, est en train de faire de l’ombre à bon nombre d’hommes politiques dans les deux chambres du Parlement. Il a ravi même la vedette au gouvernement à quelques mois des législatives de 2002. M. El Hilaâ ne pouvait rêver meilleure occasion et coup de pub aussi inestimable pour se hisser au rang de star nationale. Soignant bien sa communication politique sur le dossier de la CNSS avec un dosage millimétré de l’indignation qu’inspire un tel scandale, le membre du comité exécutif du FFD doit rêver à un destin politique national.
Si cela se trouve, même son patelin de Romani est devenu trop étroit pour ses ambitions et la deuxième chambre tant décriée ne trouve plus grâce à ses yeux. M. El Hilaâ aura raison. Il doit battre campagne à Casablanca qui représente le gros des affiliés de la CNSS. La circonscription est toute trouvée, Roches Noires où se trouve le siège de la Caisse et où était député un certain Abdelmoughit Slimani…

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