Sa feuille de route 2022-2025 dévoilée lors de l’assemblée générale de l’Amith
Soutenir la souveraineté industrielle pour la reconquête de nouveaux marchés tout en créant un climat favorable aux affaires. C’est l’ambition portée par Anass El Ansari, le président fraîchement élu de l’Amith, qui a tenu le 27 juillet 2022 à Casablanca son assemblée générale en présence du quorum atteint de 112 membres présents sur 407. L’occasion a été, lors de cette réunion, de détailler les engagements pris par le nouveau président de l’Association pour son mandat 2022-2025, de présenter la nouvelle équipe qui va l’accompagner durant cette période et de revenir sur le retour en puissance du secteur après la période critique de la Covid-19. Les détails.
Reconquête des marchés : Mode d’emploi
Aux commandes depuis fin mai dernier, Anass El Ansari et son équipe souhaitent réussir à fédérer l’ensemble des acteurs du textile et habillement autour d’une vision commune et confirmer la position de l’Amith comme partenaire fiable et crédible qui assure son rôle représentatif, consultatif et d’appui du secteur. «Le secteur du textile et habillement est l’industrie sociale la plus importante pour notre pays en termes d’emplois, de valeur ajoutée d’exportation, de rapatriement de devises et elle présente encore des opportunités qu’il va falloir saisir… et vite», affirme le nouveau président de l’Amith. Au cours de son intervention, il a étayé les grands axes de son programme qui s’articule autour de sept axes fondamentaux. Le premier concerne la transformation de l’Amith qui passerait, entre autres, par le renforcement de la position et de la notoriété de l’association ainsi que par l’adoption du découpage régional et territorial pour la nouvelle organisation. Le deuxième axe porte sur le soutien des entreprises du textile et habillement pour accéder aux marchés internationaux à travers notamment l’organisation des salons dédiés par région et la redéfinition de l’offre exportable.
Le troisième axe repose sur le renforcement de la compétitivité du secteur amont avec en particulier la création des conditions favorables à l’investissement, l’amélioration des incitations à l’investissement et la mise en place des formations textile amont. Le quatrième axe tourne autour de la reconquête du marché local. Il s’agit de soutenir la souveraineté industrielle et réduire la dépendance du secteur aux importations textiles. Ainsi, la nouvelle présidence de l’Association va réserver un espace de promotion de la marque marocaine sur la plateforme de l’Amith, aider les entreprises à atteindre la taille optimale et communiquer sur l’offre textile et habillement au consommateur marocain.
La nouvelle équipe mise aussi sur la modernisation et l’industrie 4.0 (cinquième axe) souhaitant assurer l’accompagnement des entreprises du secteur dans leur transformation numérique. Le sixième axe se base sur l’industrie verte. Pour Anass El Ansari, il va falloir accompagner les membres par la sensibilisation et l’information sur l’impact environnemental des produits textile et habillement fabriqués et les mécanismes disponibles pour les aider à se transformer et répondre ainsi aux exigences internationales en la matière. Il est également question d’encourager l’économie circulaire entre les membres. Par ailleurs, l’Amith accorde une importance particulière à sa présence dans les régions. De ce fait, elle espère intégrer le Grand Sud (Axe 7) comme hub subsaharien et transférer le savoir-faire de l’industrie textile et habillement aux citoyens du Sud marocain.
Le secteur se régénère et performe à l’export en 2022
Bien que le secteur ait été durement frappé par les répercussions de la période tourmentée de la Covid-19, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les fermetures répétitives, il a su rebondir. En 2022, l’activité a même atteint son plus haut niveau de croissance à l’export depuis cinq ans. Le président de l’Amith explique que cette crise n’a pas eu que des conséquences négatives pour le Maroc. Le pays a en effet profité très tôt de nouveaux modèles d’approvisionnement adoptés par les donneurs d’ordre et qui favorisent les circuits courts.
Le rapatriement d’une partie de l’approvisionnement vers le bassin méditerranéen leur a permis de réduire les coûts logistiques ainsi que leurs délais de livraison. «Dès le mois de juillet 2020 les commandes ont recommencé à affluer vers le Maroc et nous avons fini l’année 2020 avec une baisse des exportations de seulement 19% par rapport à 2019 alors que nous avions accusé une baisse de 70% sur le premier semestre de 2020 par rapport à celui de 2019. Depuis, cette tendance haussière s’est confirmée et les derniers chiffres officiels pour les quatre premiers mois de l’année 2022 l’attestent. Nos exportations affichent une progression de 33% en comparaison avec les 4 premiers mois de l’année 2021. Nous avons non seulement retrouvé notre niveau d’avant-crise mais nous l’avons même dépassé puisque c’est notre meilleure performance sur les cinq dernières années», se félicite-t-il.
Les cartes à jouer …

Le secteur du textile et habillement a le vent en poupe. Il évolue favorablement après la crise et compte accélérer sa dynamique, notamment en diversifiant ses marchés. «Nous avons aujourd’hui la possibilité de renforcer cette croissance en misant d’une part sur la diversification de nos marchés à l’export en allant directement vers les pays d’Europe du Nord et les Etats-Unis et d’autre part sur la durabilité car la demande mondiale est en train de changer et s’oriente de plus en plus vers une production textile plus propre», relève le président de l’Amith. Pour lui, le Maroc a une vraie carte à jouer de par sa proximité avec l’Europe et son empreinte carbone plus faible que l’Asie. Mais ce n’est pas tout. Selon Anass El Ansari, «en renforçant notre souveraineté industrielle à travers le développement d’un amont fort nous aurons la possibilité d’offrir à nos donneurs d’ordre un produit made in Morocco intégré qui répond à la fois aux contraintes de durabilité, de traçabilité qui leur sont imposées aujourd’hui».
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