Les dépôts bancaires demeurent la principale composante du patrimoine financier des ménages détenant ainsi une part de 79 %.
Actifs financiers : Le patrimoine financier des ménages a atteint un nouveau sommet en 2025, soutenu par une progression généralisée des actifs financiers. Cette évolution s’accompagne d’une diversification accrue des placements, d’un ralentissement de la collecte des dépôts bancaires et d’une reprise vigoureuse de l’endettement, favorisée par des conditions de financement plus accommodantes.
Les ménages continuent d’accroître leur patrimoine financier. Une dynamique qui se caractérise par une réorientation progressive de l’épargne vers des placements diversifiés. Elle s’accompagne par ailleurs par un ralentissement de la croissance des dépôts bancaires, d’un essor des investissements en valeurs mobilières et d’une forte reprise de l’endettement. C’est ce que l’on peut relever de la situation financière des agents non financiers telle qu’elle est relevée dans le rapport annuel sur la stabilité financière réalisé conjointement par Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). Soutenu par le renforcement de l’épargne financière, le patrimoine financier des ménages a poursuivi sa progression en 2025 pour atteindre 1.192 milliards de dirhams, enregistrant ainsi une progression de 7,5 % après 8,1 % une année auparavant. Une amélioration qui s’est accompagnée également d’une diversification croissante des placements vers des actifs exposés au risque de marché.
Les dépôts bancaires, le premier choix des ménages
Les dépôts bancaires demeurent la principale composante du patrimoine financier des ménages détenant ainsi une part de 79 %. Ces derniers se sont élevés à 935 milliards de dirhams à fin 2025, en progression de 4,5 %, après une hausse de 7,5 % en 2024. Dans le même sillage, les dépôts collectés par les banques participatives ont totalisé 13 milliards de dirhams, enregistrant une croissance de 13,4 %. Dans les détails, la croissance des dépôts des ménages continue d’être principalement portée par les dépôts à vue, dont l’encours s’est accru de 6,6 % pour atteindre 658 milliards de dirhams à fin 2025, après une progression de 10,1 % une année auparavant. Leur poids dans l’ensemble des dépôts des ménages s’est ainsi renforcé pour s’établir à 70 %. Captant 20 % des dépôts, les comptes d’épargne ont progressé à un rythme plus modéré. Ils se sont améliorés de 2,6 % après 2,9 % en 2024 totalisant un encours à 190 milliards de dirhams à fin 2025. « Le recul de l’intérêt des ménages pour les dépôts à terme s’est poursuivi en 2025, confirmant une tendance structurelle observée au cours de la dernière décennie », peut-on relever du rapport sur la stabilité financière. Les encours y afférents ont baissé de 25 % revenant ainsi à 77 milliards de dirhams en 2025 contre 103 milliards de dirhams en 2016. Leur poids dans l’ensemble des dépôts bancaires des ménages s’est sensiblement réduit, à 8,2 % contre 17,2 % auparavant. Ils représentent par ailleurs moins de 9 % des ressources bancaires, contre 22 % il y a dix ans. Une évolution, qui selon Bank Al-Maghrib, est expliquée par la diminution progressive de la rémunération offerte sur ces placements, la préférence des ménages pour les actifs liquides ainsi que l’orientation croissante d’une partie de l’épargne vers d’autres catégories de placements financiers.
Les placements des ménages se diversifient
Si les dépôts bancaires demeurent largement prédominants, les ménages ont continué de diversifier leurs placements, avec une forte accélération des investissements en valeurs mobilières et le maintien de la dynamique de l’assurance-vie. En 2025, les contrats d’assurance-vie ont progressé de 7,9 % et ce pour la deuxième année consécutive. Leur part dans le patrimoine financier des ménages est demeurée stable à près de 12 % en 2025. On relève également une forte accélération des placements en valeurs mobilières. Ils se sont accrus de 40,1 % en 2025, après une hausse de 15,5 % en 2024, s’établissant ainsi à 114 milliards de dirhams. Leur part dans le patrimoine financier total est passée de 7,3 % en 2024 à 9,4 % en 2025. La structure de ces placements demeure largement dominée par les actions, qui représentent près de 97 % de l’encours total après une progression de 43,2 %, à 111 milliards de dirhams. Les obligations privées ont, à l’inverse, poursuivi leur repli, leur encours revenant à 2 milliards de dirhams après une baisse de 36,6 %, ramenant leur part à 1,9 % contre 4,2 % en 2024. Les détentions de titres souverains ont grimpé à 780 millions de dirhams contre 373 millions de dirhams auparavant.
L’endettement des ménages au plus haut depuis 2012
Dans un contexte d’assouplissement des conditions de financement, l’endettement des ménages a enregistré sa plus forte progression depuis 2012. L’encours total s’est établi à 456 milliards de dirhams en 2025, en progression de 6,9 %. Un rythme de croissance qui dépasse nettement celui de 3,9 % enregistré en 2024 ainsi que la moyenne annuelle de 4,2 % observée sur la période 2016-2023. « Il s’agit de la hausse la plus soutenue depuis 2012, dans un contexte marqué par un assouplissement des conditions de financement », lit-on du rapport annuel sur la stabilité financière.
Dans l’ensemble, la structure de cette dette demeure relativement stable. Les crédits à l’habitat représentent, ainsi, 60 % de l’encours total, contre 40 % pour les crédits à la consommation. Les financements accordés dans le cadre de la finance participative ont, pour leur part, poursuivi leur progression, atteignant 32 milliards de dirhams à fin 2025, en hausse de 20,7 % par rapport à l’année précédente.
En proportion du produit intérieur brut, la dette financière des ménages est demeurée stable à 27 % en 2025, un niveau identique à celui observé l’année précédente, qui demeure relativement plus élevé que dans les pays en développement et certaines économies émergentes, mais reste inférieur à celui des économies avancées. En parallèle, l’encours de la dette des ménages résidant au Maroc a atteint 433 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 6,8 % après 3,9 % en 2024. Il représente 95 % de l’endettement financier total des ménages et équivaut à 25 % du produit intérieur brut. Les crédits accordés aux Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont également enregistré une accélération de leur croissance, leur encours atteignant 23 milliards de dirhams à fin 2025, en progression de 7,9 % après 2,7 % en 2024. Rapporté aux transferts des MRE, le volume des crédits bancaires représente 19 %. L’encours des crédits à l’habitat s’est établi à 273 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 3 %, après une progression de 1,5 % en 2023 et en 2024. Malgré cette accélération, son rythme de croissance reste inférieur à la moyenne annuelle de 4,4 % observée sur la période 2016-2022, avec une dominance des financements à taux fixe. Pour ce qui est des crédits à la consommation, l’encours ressort à 183 milliards de dirhams en 2025, enregistrant une croissance de 13,2 % après 7,9 % en 2024. Cette évolution reflète le dynamisme des sociétés de financement, dont les encours ont progressé de 21 % pour atteindre 99 milliards de dirhams. Les crédits distribués par les banques ont connu une évolution plus modérée, avec une hausse de 5,6 % portant leur encours à 85 milliards de dirhams.
Pour ce qui est des créances en souffrance, elles se sont maintenues en 2025 à un niveau élevé. Elles ressortent en effet à 47 milliards de dirhams, en progression de 5,8 % après 6,6 % en 2024. Rapporté à l’encours total des crédits aux ménages, le taux de défaut s’est établi à 10,3%, contre 10,4 % une année auparavant. Par type d’établissement, les banques ont enregistré un encours de créances en souffrance de 36 milliards de dirhams, en augmentation de 4,3 %. Leur taux de défaut s’est maintenu à 10 % comme en 2024. Les sociétés de financement ont, pour leur part, comptabilisé 11 milliards de dirhams de créances en souffrance, en hausse de 11,1 %, avec un taux de défaut de 11,3 %, contre 12,3 % en 2024.
Ventilées par catégorie de ménages, les créances en souffrance des résidents au Maroc se sont établies à 46 milliards de dirhams en 2025, en progression de 6,1 %, tout en maintenant leur taux de défaut à 10,5 %. Celles des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont reculé de 1,5 % pour atteindre 2 milliards de dirhams. Leur taux de défaut s’est ainsi replié à 6,5 %, contre 7,1 % en 2024.









