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En présence de tous les acteurs concernés : L’APSB débat de l’accélération de la modernisation du marché des capitaux

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Le constat est unanime chez les différents intervenants. «Un marché des capitaux n’est pas seulement un baromètre de l’économie. Il en est aussi l’un des moteurs. Sa profondeur conditionne la capacité de notre pays à financer sa croissance, son innovation et ses grandes transformations».

Bourse : Le 9 février, l’Association professionnelle des sociétés de Bourse (APSB) réunissait les acteurs clés du marché des capitaux autour de la thématique «Le marché boursier marocain à l’aube d’une nouvelle ère : quels défis et quelles attentes?». Les détails.

Ils étaient tous réunis pour confirmer une accélération nécessaire du marché des capitaux marocain. La conférence, qui a réuni les représentants des marchés boursiers organisée par l’APSB, a en effet permis de mettre en exergue l’urgence d’accélérer le processus pour dynamiser l’attractivité, la liquidité et la compétitivité du marché des capitaux. Un processus qui ne pourra être facilité que par un réel dialogue entre régulateurs, pouvoirs publics, opérateurs de marché, émetteurs et investisseurs. Amine Maamri, président de l’APSB, ouvrira le débat en rappelant le rôle central de la Bourse de Casablanca, en 2025, dans le financement de l’économie nationale. «La progression marquée du marché, la capitalisation dépassant les 1.000 milliards de dirhams, les volumes en nette hausse et les introductions significatives traduisent une confiance retrouvée et un marché qui gagne en profondeur». C’est un fait : la Bourse a su renforcer son poids dans l’économie nationale puisque sa capitalisation représente plus de 60% du PIB national. L’intervenant soulignera en effet «le rôle croissant comme levier de financement des entreprises et d’accompagnement des transformations économiques du pays».
Mais si le marché boursier est dans le vert, il n’en demeure pas moins qu’il est perfectible. M. Maamri fera remarquer à ce propos qu’«un marché financier ne se mesure pas uniquement à sa stabilité. Il se mesure à sa capacité à créer du mouvement, à générer de la liquidité et à attirer durablement les investisseurs». La liquidité demeurant un enjeu central. «Elle facilite l’entrée et la sortie des investisseurs, améliore la formation des prix et renforce la confiance », explique le spécialiste. Pour l’heure, les progrès sont réels mais les défis persistent en matière de profondeur de marché, de diversification des instruments et d’élargissement de la base des investisseurs.

Le constat est unanime chez les différents intervenants. «Un marché des capitaux n’est pas seulement un baromètre de l’économie. Il en est aussi l’un des moteurs. Sa profondeur conditionne la capacité de notre pays à financer sa croissance, son innovation et ses grandes transformations». Rattacher justement le marché des capitaux aux différents enjeux est plus que nécessaire aujourd’hui. « Les grandes tendances internationales, la digitalisation, la finance durable, l’intégration régionale ouvrent en effet des perspectives majeures». Le président de l’APSB souligne l’enjeu clair de franchir une nouvelle étape en modernisant les instruments, en renforçant l’attractivité de la place boursière et en consolidant le positionnement du Maroc comme hub financier régional et africain.
Nadia Fettah, ministre de l’économie et des finances, a saisi l’occasion lors de sa prise de parole à l’événement pour faire remarquer que la Bourse est souvent perçue comme un indicateur alors que dans le contexte du Maroc, elle doit représenter désormais un moteur. « Les fondamentaux sont solides. La confiance est revenue. Les réformes sont engagées. Les pouvoirs publics continueront à structurer et à accompagner.

Mais la prochaine étape du marché boursier marocain sera d’abord le fruit d’initiatives privées et d’ambitions entrepreneuriales. Car au fond, la Bourse n’est pas un sujet technique. C’est un choix de modèle économique. Et ce choix, le Maroc est en train de le faire, collectivement», déclara-t-elle. L’annonce du lancement effectif du marché à terme marocain à compter du 6 avril prochain marquera le discours de la ministre. Ceci représentant une étape structurante dans l’évolution de la Bourse de Casablanca. Cette grande annonce fut d’ailleurs applaudie par tous les acteurs présents. La gouvernance devra accompagner un tel processus. Et c’est dans les propos de Tarik Senhaji, président de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), qu’elle sera décryptée. L’homme fera remarquer, justement, que «le marché boursier n’est pas seulement à l’aube d’une nouvelle ère. Il est au cœur d’une ambition nationale. Il appartient désormais à ses acteurs et les sociétés de Bourse en première ligne de veiller à ce que cette dynamique s’inscrive dans une logique de long terme au service de l’investissement dans l’économie marocaine». Nasser Seddiqi, en sa qualité de directeur général de la Bourse de Casablanca, recommandera l’anticipation pour dynamiser le marché boursier. Le Maroc s’est engagé dans des projets structurants représentant des opportunités pour le marché boursier compte tenu des levées de fonds importantes nécessaires. Pour lui, «les efforts doivent être orientés en poursuivant les financements de l’économie réelle et en renforçant entre autres la visibilité de la place boursière marocaine à l’international». La Bourse de Casablanca s’est résolument engagée dans cette voie. L’homme promet un accompagnement de tous les opérateurs.

Mounir Razki, président de Maroclear, rappellera, de son côté, le rôle stratégique de l’entité qu’il préside même si elle n’apparaît pas s’agissant d’une entité post-marché. «Le rôle est certes invisible, mais stratégique. Et nous devons travailler sur les améliorations, les transactions des marchés pour réduire les durées de dénouements afin d’éviter les retours ou tout autre dysfonctionnement. Nous avons en effet relevé de nombreuses transactions en suspens. Il s’agit de standardiser les opérations et revoir l’organisation des processus en termes de ressources humaines», a déclaré l’homme. Pour rappel, Maroclear est le dépositaire central chargé de la conservation et du dénouement des opérations sur les instruments financiers. Il s’agit d’un maillon essentiel pour le bon fonctionnement du marché des capitaux. L’entité garantit aussi la sécurité et la résilience conformément aux standards internationaux. En tant que président du conseil de la Bourse de Casablanca, Brahim Touimi Benjelloun a affirmé que «les intermédiaires boursiers sont appelés à être de plus en plus producteurs de liquidité». La structuration étant un facteur d’arbitrage. Pour lui, «le défi central auquel fait face aujourd’hui le marché boursier marocain n’est pas seulement celui de sa performance conjoncturelle. Il est celui d’éviter des secousses et des périodes d’instabilité récurrentes et/ou durables». Il a étayé ses propos en expliquant tous les axes. Sa conclusion a porté sur les engagements de la Bourse de Casablanca qui se résumeraient essentiellement dans le déploiement de nouveaux produits, dans l’amélioration continue de l’infrastructure de marché, dans le dialogue avec le régulateur et les autorités publiques et enfin dans la promotion à l’international de la place boursière nationale.
Les enjeux sont clairs. Et les deux panels qui suivirent l’exposé ont permis d’affiner davantage le débat avec des interlocuteurs d’horizons divers. Le premier a porté sur les leviers d’attractivité et de liquidité du marché, à travers des regards réglementaires, internationaux et d’émetteurs, avec un éclairage comparatif sur les pratiques des grandes places financières mondiales et les conditions d’intégration aux indices internationaux.

Le second a été axé sur l’avenir, abordant les nouveaux instruments appelés à structurer la prochaine phase de développement du marché, notamment le marché à terme, le prêt-emprunt de titres et les Exchange Traded Fund (fonds d’investissement coté en Bourse). Ces mécanismes ont été présentés comme des leviers essentiels pour améliorer la gestion des risques, diversifier les stratégies d’investissement et renforcer la sophistication du marché.
Les dés sont jetés. Les opportunités de développement recensées. Reste à mieux organiser et à actualiser la loi pour ne pas alourdir la machine à privatiser les entreprises. L’exercice n’est pas simple mais il en vaut la chandelle.

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