Globalement, l’endettement des entreprises non financières a atteint à fin 2022 les 904 milliards de dirhams en hausse de 9,4% après une progression de 1,9% en 2021.
La hausse de la dette financière des entreprises privées observée à fin 2022 s’explique par l’accélération de la croissance de leur endettement bancaire.
L’augmentation de la dette de trésorerie des entreprises privées a contribué à l’accélération de l’endettement financier des entreprises non financières. C’est ce que l’on peut relever du récent rapport sur la stabilité financière. Cette publication conjointe de Bank Al-Maghrib, l’AMMC et l’ACAPS laisse apparaître une hausse de 9,4% de l’endettement des entreprises non financières après une progression de 1,9% en 2021.
L’encours s’est ainsi établi à 904 milliards de dirhams. Son ratio sur le PIB s’est pour sa part hissé à 68% en 2022 contre 64,8% une année plus tôt. Dans le détail, la dette financière des entreprises privées s’est élevée à 603,4 milliards de dirhams en hausse de 8,9% en 2022 contre 4,2% en 2021. Une évolution qui s’explique principalement par l’accélération de la croissance de leur endettement bancaire. Ce dernier est passé en une année de 3,8 à 9,9%. Il demeure en effet leur principale source de financement.
Pour ce qui est des entreprises publiques, leur dette financière s’est affermie de 10,5% et ce après la tendance baissière observée depuis 2015. On note dans ce sens un endettement additionnel de 28,5 milliards de dirhams pour atteindre un encours de 300,8 milliards de dirhams. «Rapportée au PIB, elle représente près de 23%», relève-t-on du rapport sur la stabilité financière. En parallèle, les emprunts bancaires des entreprises non financières se sont accélérés en 2022 à 10,9% contre 1,8% une année auparavant pour atteindre les 599 milliards de dirhams.
Ainsi, l’encours du crédit bancaire octroyé pour le financement des besoins de trésorerie des entreprises non financières s’est consolidé de 16,9% en 2022 contre 9,3% une année plus tôt. Il représente ainsi près de la moitié de la dette bancaire. «Cette nouvelle accélération confirme la persistance des besoins de trésorerie des entreprises dans un contexte défavorable marqué par les séquelles de la pandémie Covid-19 et les répercussions du conflit russo-ukrainien», peut-on lire de ladite publication.
Le crédit à l’équipement arrive en deuxième position détenant ainsi une part de 34,6% de la dette bancaire totale à fin 2022. L’encours alloué dans ce sens est passé en une année d’une baisse de 4,3% en 2021 à une hausse de 6% en 2022. De même, les financements destinés à la promotion immobilière se sont redressés de 3,3% après un repli de 5,6% en 2021. S’agissant de la composante extérieure de l’endettement des entreprises non financières, elle s’est située en 2022 autour de 23% de leur dette financière totale. Elle a atteint au titre dudit exercice les 211,4 milliards de dirhams en amélioration de 8,3% et ce après une contraction de 1,7%. Une amélioration tirée par les entreprises non financières publiques.
Il est à noter que la dette extérieure ressort à 15,9% du PIB alors qu’elle se situait autour de 15,3% en 2021. Parmi les tendances observées en 2022, on relève la poursuite du ralentissement du recours des entreprises non financières à la dette obligataire. Une croissance limitée de 3,1% a été relevée au titre dudit exercice et ce, après une augmentation importante de 7,9% l’année précédente et de 13,9% en 2020. Une évolution qui s’explique par le renchérissement des conditions d’accès. Avec un montant global de près de 94 milliards de dirhams, cette dette ne représente que 10,4% de la dette financière des entreprises, dont 63% est destinée au financement des entreprises publiques.










