Energie renouvelable et durabilité : Ce que préconise le nouveau modèle de développement

Energie renouvelable et durabilité : Ce que préconise le nouveau modèle  de développement

La réduction des coûts de l’énergie figure parmi les quatre actions préconisées par le nouveau modèle de développement pour rendre le Maroc plus compétitif au niveau régional.

La finalité étant de construire un positionnement international distinctif pour le Royaume en tant que partenaire éco-responsable, compétitif et neutre en carbone. Citée en premier, la réduction des coûts de l’énergie passe par une réforme du secteur et le recours aux énergies renouvelables et à bas carbone. Dans ce sens, la Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement (CSMD) recommande dans son rapport rendu public en mai dernier la mise en place d’une nouvelle architecture institutionnelle autour d’un régulateur fort, indépendant et transparent pour l’ensemble du secteur, couvrant également le gaz naturel. La Commission plaide par ailleurs pour la séparation des rôles des acteurs (producteurs, transporteurs, distributeurs) ainsi que pour la libéralisation responsable du secteur. Ceci passe par l’ouverture effective de la production d’énergie verte à la concurrence.

Il est également recommandé de structurer les entreprises publiques du secteur, notamment l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Ceci lui permettra d’assurer sa fonction stratégique de modernisation du réseau de transport d’électricité et d’accompagnement de la réforme du secteur. Il est également question d’encourager la production décentralisée pour donner un accès à une électricité compétitive dans les territoires ainsi que de mettre en place un cadre propice pour le développement de la mobilité électrique.

Se référant au rapport sur le nouveau modèle de développement, cette réforme structurante doit s’accompagner d’un effort à court terme pour améliorer la compétitivité de l’industrie nationale, en impactant la baisse des coûts de production déjà engagée sur les industries énergivores et en leur donnant accès à des solutions pour les approvisionner en gaz naturel afin de produire de l’énergie calorifique à bas coût.

Un Maroc champion de l’énergie compétitive et verte

Le rapport sur le nouveau modèle de développement a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de relever le pari d’un Maroc champion de l’énergie compétitive et verte. L’engagement étant de faire de l’offre énergétique du Maroc un déterminant majeur de son attractivité économique, avec une énergie qui soit compétitive et de sources essentiellement renouvelables. «La transition accélérée du Maroc vers une économie sobre en carbone et compétitive, attractive pour une utilisation industrielle, permettrait de faire du Royaume une référence en termes de modes de production décarbonée, responsable et durable», peut-on lire dans ce sens. Et de préciser que «cela permettrait d’élargir l’accessibilité de l’offre exportable marocaine aux marchés porteurs et d’attirer sur le territoire national des investisseurs étrangers en quête d’opportunités dans les secteurs de l’économie verte». Le rapport met l’accent dans ce sens sur la nécessité d’une réforme profonde du secteur énergétique. Elle permettrait en effet au secteur de profiter des révolutions technologiques en cours et développer un marché ouvert à l’investissement national et étranger.

Pour une agriculture durable

L’agriculture n’échappe pas à l’enjeu de la durabilité. La Commission dans sa vision du nouveau modèle de développement appelle à consolider les efforts visant à développer l’agriculture, en intégrant pleinement les contraintes à sa durabilité. L’heure étant de reconvertir «rapidement» l’agriculture marocaine en faveur des cultures résilientes aux aléas climatiques et génératrices de forte valeur ajoutée. L’enjeu étant de placer la question de durabilité et de valorisation au cœur de la stratégie agricole en mettant en œuvre un bon nombre de leviers. Citons à cet égard l’optimisation des ressources hydriques en privilégiant l’extension des surfaces irriguées aux cultures assurant la sécurité alimentaire nationale, et en veillant à ce que les cultures exportatrices valorisent l’eau en tenant compte de son coût direct et indirect pour l’État et la collectivité. Il est également recommandé de rationaliser la consommation énergétique agricole, en augmentant le taux de pénétration des énergies renouvelables dans le secteur agricole, moyennant l’extension de l’usage des techniques de l’énergie solaire dans le pompage de l’eau. La Commission met l’accent, également, sur la protection de la biodiversité et des écosystèmes forestiers comme levier essentiel de la politique de durabilité.

Les ressources hydriques à préserver

Préserver les ressources en eau figure également parmi les choix stratégiques identifiés dans le cadre du nouveau modèle de développement. Ceci passe par une meilleure valorisation de la ressource et une gestion plus rigoureuse de sa rareté pour les générations actuelles et futures. Quatre propositions ont été formulées dans ce sens par la Commission. Il s’agit entre autres de réformer l’organisation du secteur et de renforcer la transparence sur les coûts de la ressource à chaque étape de sa mobilisation. L’objectif est d’assurer une plus grande transparence du coût de la ressource, depuis sa collecte jusqu’à sa distribution. Il est, également, préconisé de mettre en place une tarification qui reflète la valeur réelle de la ressource et incite à la rationalisation des usages et à la gestion de sa rareté. La troisième proposition porte sur la mise en place d’une Agence nationale de gestion de l’eau (ANGE). La Commission appelle également à la rationalisation de l’usage des eaux souterraines à travers des modes d’exploitation tenant compte de la capacité de régénération des nappes phréatiques. En outre, il sera opportun de recourir massivement au dessalement de l’eau de mer en vue d’assurer un complément sûr d’approvisionnement en eau des villes côtières, de libérer des ressources en eau supplémentaires pour les périmètres irrigués et de réduire significativement les pertes d’eau.

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