Opportunités
La région Béni Mellal-Khénifra connaît depuis plusieurs années une transformation progressive de son paysage économique et de son positionnement sur la carte nationale de l’investissement. Capitale agricole et minier de premier plan, elle mise désormais sur la valorisation industrielle de ses ressources, les énergies renouvelables, le tourisme, l’économie verte et les métiers d’avenir. Dans cet entretien, le DG du CRI de la région revient sur cette dynamique, les leviers d’attractivité du territoire et les nouvelles missions du CRI.
ALM : Comment a évolué l’attractivité de Béni Mellal-Khénifra au cours des dernières années ?
Adil Azmi: La région Béni Mellal-Khénifra a connu ces dernières années une évolution importante de son positionnement économique. Historiquement reconnue pour la richesse de son agriculture et de ses ressources minières, elle s’affirme progressivement comme une destination d’investissement plus diversifiée, capable d’accueillir des projets dans l’industrie, l’agro-industrie, les énergies renouvelables, le tourisme, les services ou encore l’économie verte.
Cette évolution s’est accompagnée d’une progression significative de l’investissement. A titre d’exemple, la région a pu attirer durant les 6 dernières années un volume record de plus de 134 milliards de dirhams d’investissements validés par la Commission régionale unifiée d’investissement. Ces investissements portaient sur 1.342 projets avec un rythme annuel de 223 projets validés par an.
Cette dynamique résulte de la convergence de plusieurs facteurs : les réformes nationales de l’investissement, l’amélioration du climat des affaires, le développement du foncier économique et des infrastructures, le renforcement de l’offre de formation et, surtout, une mobilisation collective de l’écosystème régional autour de l’investisseur, conformément à la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI.
Quels sont les secteurs sur lesquels la région entend particulièrement miser au cours des cinq prochaines années ?
La vision de la région repose sur un principe assez simple : transformer davantage les ressources de la région sur son propre territoire pour y créer plus de valeur ajoutée et d’emplois.
L’agro-industrie constitue naturellement une priorité. Béni Mellal-Khénifra est l’un des grands bassins agricoles du Royaume. L’enjeu est donc de développer davantage les activités de transformation, de conditionnement, de valorisation et d’exportation.
Le deuxième axe concerne les mines et les industries qui leur sont associées. La région représente plus de 53% du PIB de l’industrie extractive du Maroc, ce qui offre des perspectives importantes en matière d’intégration industrielle, de sous-traitance et de développement d’écosystèmes autour des activités minières.
Nous disposons également d’un potentiel considérable dans les énergies renouvelables, notamment solaire et hydroélectrique, ainsi que dans l’économie verte.
Le tourisme de nature et écologique représente un autre axe de développement compte tenu du patrimoine naturel, montagneux, culturel et historique exceptionnel de la région. En effet, la région abrite le 1er Géoparc labellisé Unesco en Afrique et au monde arabe, constituant un levier important pour le développement du secteur touristique.
Enfin, nous voulons préparer l’avenir en développant davantage le numérique, l’innovation et les nouvelles activités technologiques. L’objectif n’est donc pas seulement de développer des secteurs, mais de construire progressivement de véritables écosystèmes régionaux intégrés, associant production, transformation, compétences, innovation, logistique et accès aux marchés.
Quels sont aujourd’hui les principaux leviers dont dispose la région pour renforcer son attractivité ?
La région dispose aujourd’hui de plusieurs leviers complémentaires qui permettent de construire une offre territoriale de plus en plus compétitive.
Le premier est le foncier économique aménagé. La région compte 9 zones aménagées ou en cours d’aménagement, représentant une superficie globale de plus de 280 hectares. Elles permettent progressivement de renforcer l’offre destinée notamment aux activités industrielles et agro-industrielles. Notre objectif est de poursuivre cet effort pour disposer d’un portefeuille foncier diversifié, compétitif et adapté aux besoins des différentes catégories d’investisseurs.
Le deuxième levier est celui des incitations financières. La Charte de l’investissement a profondément renouvelé le dispositif national de soutien. Son dispositif principal permet notamment de combiner différentes primes. Au niveau territorial, les investissements éligibles peuvent bénéficier d’une prime de 15% dans la province d’Azilal et de 10% dans les quatre autres provinces de la région, à laquelle peuvent s’ajouter d’autres primes dans les conditions prévues par la réglementation, avec un soutien pouvant atteindre 30% du montant d’investissement primable.
Cette architecture est désormais complétée par le dispositif spécifique de soutien aux TPME, qui constitue un levier particulièrement important pour notre territoire. Il permet d’élargir l’accès aux aides à l’investissement et d’accompagner une catégorie d’entreprises qui représente une composante essentielle du tissu économique régional.
A ces dispositifs nationaux s’ajoutent les fonds régionaux d’appui à l’investissement, mis en place par le conseil régional et gérés avec le CRI.
Enfin, la formation et le capital humain constituent un levier déterminant. La région dispose d’un important écosystème d’enseignement supérieur et de formation professionnelle, autour notamment de l’Université Sultan Moulay Slimane, de l’OFPPT, de la Cité des métiers et des compétences et des écoles de codage.
Notre approche consiste donc à faire converger ressources naturelles, foncier, incitations, financement, compétences, infrastructures et accompagnement pour proposer à l’investisseur une véritable solution d’implantation et de développement.
Dans ce contexte, comment le rôle du CRI a-t-il évolué ?
Le changement est profond. La réforme introduite par la loi n°47-18, relative à la réforme des Centres régionaux d’investissement et à la création des Commissions régionales unifiées d’investissement, puis renforcée par la loi n°22-24, a considérablement élargi le rôle des CRI.
Nous sommes passés d’une logique principalement administrative à celle d’un acteur du développement économique et territorial. Notre rôle commence très en amont du projet : fournir de l’information économique, identifier des opportunités, orienter l’investisseur, l’aider dans sa recherche de foncier et l’informer sur les mécanismes de financement et d’incitation disponibles. Nous facilitons ensuite son parcours administratif et l’instruction de son projet.
Mais notre mission ne s’arrête surtout pas à la délivrance d’un avis favorable. L’un de nos principaux enjeux est aujourd’hui le suivi de la concrétisation des projets, l’identification des difficultés rencontrées pendant leur réalisation et la coordination avec les différents partenaires pour contribuer à leur résolution.
Car la performance de l’investissement ne doit pas être mesurée uniquement à travers le nombre de projets approuvés ou les montants engagés. La finalité est que ces projets se concrétisent, entrent en exploitation, créent des emplois et produisent de la valeur sur le territoire. Parallèlement, le CRI agit sur la promotion territoriale, l’amélioration du climat des affaires, l’entrepreneuriat et l’intelligence économique. Nous avons notamment développé des outils permettant de mieux connaître l’économie régionale, d’identifier les opportunités d’investissement et d’améliorer l’accès à l’information économique pour les investisseurs et les décideurs.
Quel message souhaitez-vous adresser aux investisseurs ?
Notre message est clair : Béni Mellal-Khénifra est une région d’opportunités, mais surtout une région qui construit aujourd’hui les conditions permettant de transformer ces opportunités en projets concrets.
Elle dispose d’atouts distinctifs : une position centrale dans le Royaume, des ressources naturelles importantes, une base agricole et minière de premier plan, un foncier économique qui se développe, des mécanismes d’incitation particulièrement compétitifs et un capital humain en constante amélioration. Le CRI et l’ensemble de l’écosystème régional sont mobilisés pour faciliter le parcours de l’investisseur et accompagner la concrétisation de son projet.
Notre ambition est d’attirer des investissements productifs, durables et créateurs d’emplois, capables de valoriser les ressources de notre territoire et de renforcer son intégration dans les chaînes de valeur nationales et internationales.










