Fin du crédit Relance : Le privé dans l’attente

Fin du crédit Relance :  Le privé dans l’attente

Le délai d’octroi a officiellement expiré le 31 mars et la prorogation sous conditions mise sur la table

Les regards se tournent vers le Comité de veille économique (CVE). Et pour cause. A la veille du mois de Ramadan, de nouvelles mesures sont attendues mais pas que. En effet, le CVE est attendu par la communauté économique sur un point bien précis. En effet, la date de ce mercredi 31 mars 2021 fut bien particulière pour beaucoup d’entreprises. Ce jour coincide avec l’expiration de la date limite d’octroi des crédits Relance fixée par le Comité lors de sa dernière réunion tenue en janvier dernier. A l’époque, les responsables avaient expliqué cette décision par la volonté d’assurer les conditions d’un meilleur accompagnement de la reprise économique en plus de l’introduction de mesures d’assouplissement et d’amélioration des termes d’utilisation de cette offre. Si l’Etat demeure engagé pour accompagner les entreprises dans cette conjoncture particulière marquée par la crise sanitaire et le spectre d’une détérioration épidémiologique avec l’arrivée de nouveaux variants du virus, des questions commencent à se poser concernant la prorogation illimitée de l’octroi des crédits mais également et surtout l’impact à terme sur les banques d’un côté et les finances publiques de l’autre.

Pour rappel, l’Etat avait fait le choix de garantir beaucoup de crédits ce qui est de nature à porter un coup dur aux finances publiques dans les années à venir. C’est donc un véritable dilemme auquel les responsables et le CVE font face.

Prorogation

Si la prorogation est aujourd’hui remise sur la table puisque les effets de la crise sanitaire se font toujours ressentir chez de nombreux secteurs d’activité, les conditions d’éligibilité pourraient subir un tour de vis. L’objectif d’orienter plus les crédits Relance vers des secteurs et des entreprises qui offrent la capacité réelle de repartir ou rebondir avec la crise sanitaire. Il n’est plus question autrement de maintenir le robinet ouvert pour des entreprises déjà condamnées ou bien celles qui rencontraient des difficultés bien avant la crise sanitaire. Il faut dire que l’Etat avait déjà dû passer l’éponge sur des dettes héritées de programmes de soutien qui avaient au cours de la dernière décennie montré beaucoup de limite sachant que les bénéficiaires des crédits dans le cadre de ses programmes s’étaient retrouvés menacés de poursuites. L’autre problème pris en considération concerne le décollage du programme Intelaka. Lancé quelques semaines seulement avant le déclenchement de la crise sanitaire, ce programme a été victime collatérale des effets de la crise. Depuis, Intelaka vit dans l’ombre des programmes de relance. Les décisions du CVE seront ainsi très attendues. La réunion devra avoir lieu au cours des prochains jours avec des annonces importantes à la veille du mois sacré. Les sorties de certains responsables ces derniers temps ont annoncé la couleur même si l’évolution de la situation épidémiologique sera également prise en compte. Une situation qui finit toujours par avoir un impact considérable sur l’économie et surtout les finances…

«Damane Relance»

Au cours de sa 11ème réunion, le CVE avait exprimé sa satisfaction quant aux progrès accomplis au niveau des différents dispositifs de garantie mis en place dans le cadre de la lutte contre les effets de la crise, en l’occurrence les instruments Oxygène et Relance et ceux déployés en faveur des établissements et entreprises. Ainsi, la même source avait signalé qu’au 31 décembre 2020, 86.008 opérations de crédits avait été effectuées. Au cours de la même réunion, le comité avait annoncé des mesures d’assouplissement et d’amélioration des termes d’utilisation de cette offre. Ces mesures portent notamment sur l’élargissement de l’offre Relance aux courtiers d’assurance, aux bureaux de change et aux sociétés de transferts de fonds ainsi que le relèvement du montant du crédit Relance à 2 mois du chiffre d’affaires pour les entreprises du transport touristique affectées par la crise. Il a été question également de l’assouplissement des conditions pour les entreprises du BTP, notamment le retraitement des avances sur droits constatés.

Comité

C’est en mars 2020 qu’il a été procédé dans le cadre des efforts du gouvernement pour anticiper les répercussions économiques directes et indirectes de la crise sanitaire de la Covid-19 sur l’économie nationale, de la mise en place au niveau du ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, d’un Comité de veille économique (CVE). Ce comité est chargé d’une part de suivre de près l’évolution de la situation économique à travers des mécanismes rigoureux de suivi et d’évaluation et d’autre part, d’identifier les mesures appropriées en termes d’accompagnement des secteurs impactés. Le Comité de veille économique, dont les travaux sont coordonnés par le ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, comprend notamment parmi ses membres le ministère de l’intérieur ; le ministère des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger; le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime du développement rural et des eaux et forêts ;
le ministère de la santé ; le ministère de l’industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique ; le ministère du tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale ; le ministère du travail et de l’insertion professionnelle ; Bank Al Maghrib…

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