Finance islamique : Le Maroc perce dans la sphère internationale

Finance islamique : Le Maroc perce  dans la sphère internationale

Figurant selon Refinitiv parmi les pays ayant affiché les plus forts actifs en 2020

«Malgré l’ampleur des défis, l’industrie de la finance islamique a affiché une croissance à deux chiffres pour la deuxième année consécutive, quoiqu’en baisse de 14% contre 15%».

Le Maroc figure parmi les pays ayant affiché les plus fortes augmentations des actifs de la finance islamique en 2020. Le Royaume se positionne aux côtés de l’Afghanistan, l’Australie, l’Egypte, l’Ethiopie et le Tadjikistan. C’est ce que l’on peut relever de l’Indice de développement de la finance islamique (IFDI) 2021 de Refinitiv, relevant du London Stock Exchange Group. Basé sur des statistiques de 135 pays, ce baromètre mesure les scores des pays en termes de connaissances, de gouvernance, de responsabilité sociale des entreprises et de sensibilisation. «Malgré l’ampleur des défis, l’industrie de la finance islamique a affiché une croissance à deux chiffres pour la deuxième année consécutive, quoiqu’en baisse de 14% contre 15%. En 2019, elle a atteint les 3.400 milliards de dollars fin 2020. Les actifs de la finance islamique ont augmenté, davantage, en Afghanistan, l’Australie, Égypte, Éthiopie, Maroc et Tadjikistan», peut-on relever du rapport de Refinitiv. Et de préciser que «la banque islamique a été le principal moteur de la croissance dans ces pays». Le rapport a mis en évidence de nouvelles tendances cette année, notamment l’expansion de cette industrie au-delà du périmètre classique. «Le Conseil de coopération du Golfe a peut-être les plus grandes banques islamiques, mais les taux de croissance les plus élevés ont été observés dans des marchés secondaires», explique le rapport.

La croissance relevée au Maroc est de 66% en 2020. Ce taux grimpe à 244% en Ethiopie et 110% au Tadjikistan. De même, l’Afghanistan et le Soudan affichent un seuil supérieur à 40%, soit des taux respectifs de 49% et 47%. La finance islamique au Pakistan a affiché pour sa part une performance de l’ordre de 37%. Dans sa publication, Refinitiv augure d’un bel avenir pour la finance islamique au Maroc, notamment après l’entrée en vigueur effective de l’assurance Takaful. Ce dispositif viendra compléter cet écosystème au niveau national. Notons que le démarrage de Takaful se fera incessamment.

L’Autorité de contrôle des assurances et de la protection sociale (ACAPS) a publié, récemment, une circulaire portant sur les modalités d’application des dispositions du code des assurances relatives à l’assurance Takaful. Entrée en vigueur depuis le 25 octobre dernier, cette circulaire s’articule autour de trois chapitres. Le premier est consacré au contrat d’assurance Takaful et au règlement de gestion du fonds d’assurance Takaful. Le deuxième chapitre est relatif aux compagnies d’assurances et de réassurance Takaful. Il fixe notamment le régime administratif de ces entreprises ainsi que le système financier du fonds d’assurance Takaful. Il régit également les entreprises qui pratiquent exclusivement les opérations de réassurance ainsi que leur système de gouvernance.
Par ailleurs, la présentation des opérations d’assurance Takaful est couverte par le troisième chapitre tandis que le 4ème est réservé aux dispositions diverses et finales.

Outre les nouvelles tendances relevées durant 2020, le rapport de Refinitiv indique que les nations d’Asie du Sud-est, la Malaisie et l’Indonésie ont conservé leur première place dans le classement pour la deuxième année consécutive. Il ressort également que les actifs de la finance islamique de l’Arabie saoudite ont grimpé de 18% atteignant en 2020 les 826 milliards de dollars. «Avec l’évolution de la gouvernance ainsi que sa position de leader sur l’indicateur de responsabilité sociale des entreprises (RSE), le score IFDI de l’Arabie saoudite est passé de 64 en 2019 à 74 en 2020, la faisant passer de la cinquième à la troisième place derrière la Malaisie et l’Indonésie», relève-t-on à ce propos. S’agissant des Sukuks, ils se positionnent en effet en tant que deuxième secteur de la finance islamique. Ils ont marqué en 2020 une progression de 16% au Conseil de coopération du Golfe et en Asie du Sud-est. En termes de perspectives, l’industrie de la finance islamique atteindrait, selon Refinitiv, 4,94 milliards de dollars à l’horizon 2025.

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