Financement du programme de développement des zones agricoles : La BAD appuie le Maroc

Financement du programme de développement des zones agricoles : La BAD appuie le Maroc

Un prêt de 114,03 millions d’euros a été proposé pour contribuer au financement du Programme d’appui au développement inclusif et durable des zones agricoles et rurales (PADIDZAR) s’étalant sur la période 2021-2026.

Le Maroc accorde un intérêt particulier au développement de la croissance verte. Il entend renforcer la résilience et l’adaptation des populations rurales au changement climatique à travers plusieurs projets dont le Plan Maroc Vert (PMV) initié en 2008 et à présent en lançant la stratégie Génération Green 2020-2030. Des projets auxquels la Banque africaine de développement (BAD) apporte son soutien financier. A cet égard, un prêt de 114,03 millions d’euros a été proposé pour contribuer au financement du Programme d’appui au développement inclusif et durable des zones agricoles et rurales (PADIDZAR) s’étalant sur la période 2021-2026. L’appui de la Banque s’élève à 38% du financement du programme dont le montant total est de 297,05 millions d’euros. Les 183,02 millions d’euros restants étant financés par le gouvernement (62%). «Par ailleurs ces financements s’adossent aux financements de 250 millions d’USD pour la Banque mondiale et 115 millions d’USD pour l’Agence française de développement (AFD) pour l’appui à la mise en œuvre de la stratégie Génération Green et approuvés fin 2020», fait savoir la BAD.

• Vers une montée en puissance de l’économie rurale

La stratégie Génération Green «s’appuie sur la pérennisation des acquis du Plan Maroc Vert et est fondée sur l’adoption d’une nouvelle vision plus inclusive et moderne du secteur agricole. Elle devrait jouer un rôle déterminant dans le redressement de l’économie rurale», souligne la Banque ajoutant que ladite stratégie repose sur la priorité à l’élément humain à travers l’émergence d’une nouvelle génération de classe moyenne agricole (350.000 à 400.000 ménages), l’avènement et l’accompagnement d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs, notamment à travers la mobilisation d’un million d’hectares de terres collectives, l’émergence d’une nouvelle génération d’organisations agricoles soutenues par des interprofessions performantes, et la mise en œuvre d’une nouvelle génération de mécanismes d’appui. Cette stratégie se base également sur la pérennisation du développement agricole, à travers la consolidation de la performance des chaînes de valeur agricoles, en vue de doubler les exportations et le PIB agricole d’ici 2030, et l’amélioration des processus de distribution des produits à travers la modernisation de douze marchés de gros et des marchés traditionnels. Le Padidzar s’appuie sur un financement axé sur les résultats. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle stratégie Génération Green et en soutien au Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 approuvé en janvier 2020.

• Améliorer les conditions de vie de la population

Le Padidzar s’aligne sur les objectifs de la stratégie «Al Jayl Al Akhdar» qui vise à contribuer au développement durable et inclusif des zones agricoles et rurales tant sur le plan social qu’économique. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie des populations des zones agricoles et rurales à travers le développement inclusif durable, l’émergence d’une classe moyenne agricole et au renforcement de la résilience de l’agriculture marocaine, en particulier de la petite agriculture, face aux effets du changement climatique. Pour y parvenir, la réalisation de ce projet s’appuiera entre autres sur les résultats des programmes précédents financés par la Banque dans le secteur agricole.

• La compétitivité agricole sur la bonne voie

Le Plan Maroc Vert a permis d’améliorer la compétitivité du secteur depuis sa mise en place en 2008. La superficie irriguée a augmenté (137.000 ha) et la production des fruits et légumes a progressé de 70%. A cela s’ajoute la hausse des exportations de produits agroalimentaires s’élevant à 5,57 milliards de dollars en 2017 marquant une croissance de 254% depuis 2001. «Malgré une concurrence de plus en plus forte, notamment des pays issus du bassin méditerranéen, le Maroc est classé pour plusieurs produits parmi les dix premiers exportateurs mondiaux (1er exportateur mondial des haricots verts, 4ème exportateur mondial des tomates, 6ème exportateur mondial des piments, 8ème exportateur mondial des agrumes et des fruits rouges)», relève la Banque africaine de développement. Elle explique par ailleurs que le secteur agricole au Maroc fait face à deux défis majeurs, à savoir le défi de la gestion de l’eau et celui de la productivité et qualité de la chaîne de valeur et leur inclusivité.

• Entrepreneuriat dans le milieu rural

Afin de résoudre la problématique du chômage des jeunes dans les zones rurales, le développement de l’entrepreneuriat s’avère une solution idoine. Cette démarche permettrait de diminuer les effets économiques de la crise de Covid-19. «La création de ces emplois doit néanmoins se faire sur l’aval de la chaîne de valeur agricole alors que le secteur agricole continuera sa transformation structurelle (tel qu’observé en Corée du Sud, en Inde ou au Brésil). L’appui à l’entrepreneuriat en zone rurale tant au niveau rural que par le biais de coopérative est dans ce cadre essentiel afin de développer la création d’emploi et encourager l’auto-emploi», explique la Banque précisant que ces opportunités sont par ailleurs plus ouvertes et plus équitables vis-à-vis des femmes qui occupent principalement des emplois familiaux ou salariés sous-rémunérés au sein des exploitations agricoles et également pour soutenir la transition ou la «relève» générationnelle des exploitations agricoles et améliorer l’attractivité du secteur.

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