La consolidation de la relance de l’économie marocaine passe par la libération des initiatives du secteur privé en matière d’investissement.
Tel a été l’appel lancé par Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des finances, lors de l’ouverture d’une session du Forum des affaires de la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) dédiée aux perspectives d’investissement au Maroc. Ce forum d’affaires s’impose en tant que plateforme idoine pour explorer les opportunités d’investissement et nouer des liens durables d’affaires. « Dans ce contexte marqué par une nette réduction des marges de manœuvre budgétaires, il devient plus urgent que jamais de libérer les initiatives du secteur privé en matière d’investissement», indique la ministre. Et de préciser qu’«il s’agit également de fédérer les énergies du secteur public afin d’accompagner le secteur privé dans cette phase qui doit libérer les chemins du possible. L’objectif étant bien entendu de consolider la relance de notre économie et l’inscrire sur une trajectoire de croissance soutenue et durable». D’après Mme Fettah, cette prise de conscience du rôle de l’investissement privé ne date pas d’aujourd’hui.
«Les pouvoirs publics ont toujours accordé une priorité de premier rang à la promotion de l’investissement privé comme levier de relance et pilier de développement économique et social de notre pays», affirme-t-elle. Et d’ajouter qu’ «aujourd’hui le Maroc a même décidé d’aller plus loin à travers la création du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement sous la vision éclairée de Sa Majesté le Roi pour donner l’impulsion nécessaire et cristalliser les efforts ». La ministre a dans ce sens énuméré les efforts consentis par les pouvoirs publics au cours des deux dernières décennies pour mettre en place un environnement des affaires attractif qui favorise le développement de l’investissement privé, aussi bien national qu’étranger. Citons dans ce sens la simplification des procédures administratives liées à l’investissement, la réforme du secteur financier, l’amélioration de la qualité des infrastructures ou encore le renforcement du capital humain.
«La priorité accordée par notre pays à l’investissement privé a été, très récemment, réaffirmée par le nouveau modèle de développement, qui ambitionne de doubler la part relative de l’investissement privé, pour atteindre les deux tiers des investissements à l’horizon 2035. Cet objectif, certes ambitieux, mais néanmoins atteignable, sera porté, dans une large mesure, par le cadre incitatif qui sera mis en place par la nouvelle Charte de l’investissement», a-t-elle fait valoir. Se référant à Nadia Fettah, l’importance des efforts consentis en matière de promotion de l’investissement privé reflète, de facto, les énormes potentialités d’investissement offertes par notre pays, aussi bien dans les secteurs classiques comme le tourisme, le textile et l’agro-industrie, que dans les secteurs émergents à forte valeur ajoutée, notamment les énergies, le numérique, l’aéronautique ou l’automobile.
«Pour tous ces secteurs, et bien d’autres, le Maroc ambitionne de se positionner comme une plateforme de production et d’exportation régionale de premier ordre, au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen Orient», relève-t-on de la ministre. Et de conclure : «Plus particulièrement, la proximité géographique et la densité des liens économiques et historiques avec l’Afrique font, aujourd’hui, de la destination Maroc un choix évident pour tout investisseur désireux d’explorer le potentiel économique de l’un des pôles de croissance mondiaux les plus prometteurs ». Rappelons que Nadia Fettah est intervenue en marge de la 31ème assemblée générale de la BERD dont les travaux ont pris fin ce jeudi 12 mai à Marrakech.
Premier rassemblement physique de la BERD depuis Sarajevo en 2019, cet événement, ayant réuni les représentants des 73 pays et actionnaires institutionnels de la Banque, a été placé sous le thème «Relever les défis dans un monde turbulent ». L’occasion de débattre des défis mondiaux tels que le soutien à la croissance économique, la lutte contre le changement climatique et le renforcement de l’environnement des affaires dans les régions où la Banque investit.










