Fouad Chraïbi, l’homme des alliances

Fouad Chraïbi, l’homme des alliances

Depuis le mardi 8 février 2005, Fouad Chraïbi est de nouveau devant les feux de la rampe. L’actualité touristique qui n’a jamais fait de cadeaux à ce quinquagénaire (55 ans), le rappelle de nouveau à son bon vieux souvenir. Nommé président de l’Observatoire du Tourisme, par le bureau de la Fédération et non, comme cela aurait dû l’être, par le Conseil, Fouad bénéficie de soutiens importants ; il a l’accord tacite mais discret du ministre du Tourisme.
Ceux qui ont eu à suivre l’évolution de sa carrière disent de lui que c’est «un homme des finances» qui n’a jamais eu la main heureuse dans «l’hôtellerie». «Il est l’homme de tous les échecs», tranche sévèrement un ancien de ses employés.
Normal, quand en 1969, le jeune Fouad décroche son diplôme au HEC de Paris, rien ne le prédestinait à l’arène du tourisme.
Suivons donc ses pas et ses péripéties professionnelles. Une fois au bercail, le jeune Fouad effectue un passage à la Cosumar. Le temps de s’acclimater, le voilà parachuté dans le cabinet du Premier ministre.
Epaulé par l’ancien ministre des Finances, Ghissassi, également ex-président du GRIT défunt d’Agadir, Fouad Chraïbi avait l’embarras des postes. Avant de se mêler aux pérégrinations du secteur touristique, il s’est d’abord arrêté au CIH, en 1973. Il n’y fera pas long feu. A l’époque, le jeune Fouad pilote la première rénovation de la Mamounia. Une opération qui a gardé ses mystères et ses points d’interrogation. D’ailleurs, la sanction fut immédiate. Malgré le soutien de ses proches, Fouad, lâché par ses employeurs, connaît sa première traversée du désert.
Après ce malheureux épisode, les versions divergent aussi bien à Marrakech qu’à Fès, deux villes où monsieur Chraïbi comptent beaucoup d’amis.
Changeant de postes comme de chemises, il aurait, dit-on, participé à la création de la chaîne Safir avec Farah Maghrib. Encore une recommandation de l’infatigable Ghissassi ?
Les Emiratis prennent le contrôle entier de la chaîne après que Alami Douah, homme assez censé d’ailleurs, ait renoncé à l’hôtellerie pour se lancer dans les robinetteries. Mutation qui fait des merveilles encore aujourd’hui.
Débordant d’imagination et en homme généreux, Fouad ne reste jamais longtemps dans une place. Financier de formation, «le tourisme l’a toujours attiré, mais ne lui a jamais réussi», commente l’un de ses amis. Ce qui explique peut-être son atterrissage à la BCM, où, assagi, il est resté près de sept ans. L’envie étant la plus forte, il fera de nouveau son come-back en 1986 pour rejoindre le groupe OTIC. Aucune trace de son passage, note un ancien collaborateur qui déclare : «rien à signaler !» .
Toujours soutenu, à l’affût de la première opportunité, Fouad ne tardera pas à être nommé directeur général de la chaîne Palmariva. De ce perchoir, il pouvait lorgner le groupe Accor, attendre tranquillement son heure.
Ce qui arriva en 1993 avec à la clé une nomination au poste du directeur de développement de la division des hôtels loisirs du groupe français. Son parcours dans le groupe français fut terni par l’épisode Palais des Congrès. Confronté à Jean-Robert Reznik, avec qui il partageait le même objectif d’une OPA sur la chaîne Dounia, il ne tardera pas à tomber dans la disgrâce, pour manque de résultats. D’où une éviction retentissante qu’il payera à son corps défendant.
Ceux qui affectionnent Fouad Chraïbi disent de lui que c’est un homme patient, qui sait encaisser et attendre son heure. La gifle d’Accor consommée, les dédommagements encaissés, s’ensuit une longue traversée du désert. A un certain moment, la rumeur, ce sport national pratiqué par de nombreux opérateurs, le voyait quasiment optant pour une immigration vers le Canada. Mais rien de tout cela.
Réaliste, Fouad attendait que l’orage passe. Sauvé par ses premières amours, les études et les consultations, il crée son cabinet, conforte son siège à la Fédération du Tourisme, ne tardant pas à rencontrer d’ailleurs des hommes animés de la même passion.
Après l’épisode d’Accor, c’est du côté de Fès que nous le retrouvons dans l’année 2002, du temps de Fathia Bennis, désigné pour une improbable mission de repositionnement de cette destination.
A l’époque, plusieurs voix s’étaient élevées contre une telle nomination. L’étude en question ne sera jamais médiatisée. Aujourd’hui, président de l’Observatoire, secondé par un fonctionnaire, et par un certain Azzelarab Kettani, qui a opéré ces derniers jours, d’incroyables manoeuvres pour mettre en place la Fédération nationale des restaurateurs, Fouad Chraïbi vaincra-t-il ses vieux démons ? Pour une fois, restera-t-il longtemps à ce poste ? L’avenir le dira.

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