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Fret : opération cargo à Casablanca et Tanger

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«Au Nord, c’est naturellement l’aéroport de Tanger qui présente le plus grand potentiel de développement de fret aérien, notamment grâce à l’essor économique et industriel que connaît la région».

Le Royaume veut mettre le paquet sur le fret aérien. Face à des mastodontes continentaux comme Ethiopian Airlines qui domine en Afrique, le Maroc veut prioriser la modernisation logistique dans les aéroports nationaux. Pour ce faire, un nouveau dispositif sera lancé dès l’année 2024. Dans les détails, la tutelle a préparé un plan d’investissement sur plusieurs années en ciblant principalement les deux villes de Casablanca et Tanger. Concrètement, le plan d’investissement en question sera étalé sur la période 2024-2028. L’enveloppe budgétaire annoncée atteindra les 400 millions de dirhams pour financer notamment la modernisation des terminaux de fret à la fois dans l’aéroport international Mohammed V à Casablanca ainsi que l’aéroport international Ibn Battouta de Tanger. Les responsables veulent ainsi accompagner la nouvelle dynamique du secteur avec la période de disette qui a suivi la crise sanitaire. Les chiffres sont ainsi encourageants. Dans ce sens, le fret aérien a enregistré durant l’année écoulée 69.751 tonnes au niveau des aéroports marocains, contre 96.121 tonnes en 2019, soit un taux de récupération de 73%. La même tendance se poursuit durant cette année puisque le fret aérien a enregistré durant le 1er semestre 2023 un taux de récupération de 76% par rapport à la même période de 2019, il a ainsi atteint 37.168 tonnes contre 48.696 tonnes durant le 1er semestre 2019. Il faut préciser que le choix des aéroports de Casablanca et Tanger n’est pas anodin. Ils faisaient partie de quatre sites identifiés par l’ONDA (Office national des aéroports) pour accueillir les premiers centres de fret aérien marocains nouvelle génération. Aux côtés des aéroports de Casablanca et Tanger, la liste comprenait également ceux de Rabat et Agadir. En effet, l’identification de ces sites est basée sur une analyse détaillée des potentiels de développement du fret aérien avec un objectif de création de pôles de compétitivité permettant de connecter le Nord, Oriental, Centre et Sud.
La stratégie mise sur pied avait conclu que le pôle de compétitivité Centre restera ainsi le principal moteur du développement du fret aérien, en positionnant Casablanca comme l’aéroport de référence mais qui opère en totale complémentarité avec l’aéroport de Rabat.

Au Nord, c’est naturellement l’aéroport de Tanger qui présente le plus grand potentiel de développement de fret aérien, notamment grâce à l’essor économique et industriel que connaît la région depuis quelques années. La tutelle compte renforcer les projets qui avaient été annoncés dès le début de cette année 2023.
Pour rappel, l’Office national des aéroports avait lancé en février dernier un appel d’offres destiné aux opérateurs de la logistique, du transport et du fret aérien, pour la construction, l’aménagement et l’exploitation de plateformes situées au niveau de la zone logistique et fret de l’aéroport international Casablanca Mohammed V. «L’ONDA a lancé un appel d’offres pour la sélection d’opérateurs spécialisés dans le domaine de la logistique, du transport et du fret aérien, pour la construction, l’aménagement et l’exploitation de centres logistiques d’entreposage et de manutention des biens et marchandises transportés par voie aérienne, qui exerceront leur activité au sein de la zone logistique et fret de l’aéroport international Casablanca Mohammed V», avait alors indiqué l’Office, précisant qu’un ensemble de lots de terrains composé de 9 parcelles de terrains nus aménagés, d’une superficie approximative de 2.750 m² chacune, est mis dans le cadre de location à la disposition des concourants sélectionnés.

Augmentation de l’activité
Il faut dire que l’Office s’attend globalement à une augmentation du trafic aérien d’environ 6% prévue pour l’année 2024. A l’occasion de la tenue de son conseil d’administration, l’Office national des aéroports avait dévoilé ses prévisions, tablant sur un chiffre d’affaires de 5,056 milliards de dirhams (MMDH), en amélioration de 9% par rapport à l’estimé 2023. Consacré à l’examen des prévisions de clôture de l’exercice 2023, l’arrêt du budget de l’exercice 2024 et à statuer sur les questions inscrites à son ordre du jour, le conseil, présidé par le ministre du transport et de la logistique, Mohammed Abdeljalil, s’est enquis des résultats des dix premiers mois de l’année 2023, marqués par un dépassement du niveau d’activité de 2019 de 8%. A titre indicatif, un taux de récupération de 95% a été enregistré au niveau de l’aéroport Mohammed V et 106% au niveau de l’aéroport de Marrakech Menara, précise la même source. En termes d’activité, une nette augmentation du trafic aérien a été enregistrée à la fin des dix premiers mois de 2023, enregistrant ainsi 22,6 millions de passagers, avec un taux de récupération de 108% par rapport à la même période de l’année 2019 et une augmentation de 37% par rapport à la même période de l’année 2022. De son côté, le trafic domestique a enregistré un taux de récupération de 89%, en progression de 27% par rapport à 2022. Et de noter que les prévisions de clôture pour l’année 2023 affichent un trafic de 27 millions de passagers, en hausse de 29% par rapport à 2022 et de 8% par rapport à 2019 et un chiffre d’affaires de 4,6 MMDH, en hausse de 20% par rapport à 2022. Au cours de cette session, le conseil s’est enquis de l’état d’avancement des autres grands projets d’infrastructure de l’Office, dont le projet d’extension de l’aéroport de Rabat-Salé, le projet d’allongement de la nouvelle piste d’envol de l’aéroport d’Al Hoceima, les projets d’aménagement «Quick wins» des aéroports de Marrakech, Tanger et Agadir et la construction et l’aménagement de la zone centrale T1/T2 de l’aéroport Mohammed V de Casablanca. L’année 2024 sera surtout marquée par le coup d’envoi du plan d’investissement 2024-2028 pour la modernisation des zones de fret à Casablanca et Tanger.

Trafic
Les aéroports du Maroc ont accueilli, durant les onze premiers mois de l’année en cours, 24.737.734 passagers, soit des taux de croissance de 7% par rapport à la même période de 2019, et de 34% par rapport à 2022, selon l’Office national des aéroports (ONDA). Cette évolution concerne la plupart des aéroports qui ont connu d’importantes hausses du trafic passagers par rapport à 2019, dont l’aéroport de Tétouan (+506%), Essaouira (+54%), Tanger (+42%), Nador (+34%), Oujda (+33%), Fès (+22%), Agadir (+13%), fait savoir l’Office dans un communiqué. Ces performances s’expliquent par la reprise de beaucoup de vols qui ont été suspendus durant la crise sanitaire et également par la création de plusieurs routes aériennes inédites, explique l’ONDA.
L’aéroport Mohammed V a, quant à lui, enregistré durant ces 11 premiers mois un taux de récupération de 95% par rapport à la même période de 2019, en accueillant 8.970.014 passagers. Concernant le trafic international pour le mois de novembre, il a continué sa progression (+10%) par rapport à la même période de 2019 et +35% par rapport à 2022, en atteignant un total de 22.298.582 passagers accueillis, ajoute la même source. Cette performance est attribuable au trafic aérien avec l’Europe, qui a enregistré 18.390.599 passagers, représentant une hausse de 14% par rapport à 2019 et de 34% par rapport à 2022. Ce marché a connu la création de plusieurs liaisons desservant les aéroports du Maroc. Cette croissance concerne également les segments de l’Amérique du Nord et de l’Afrique qui ont affiché, durant ces 11 premiers mois de 2023, des taux d’évolution respectifs de 17 et 7% par rapport à la même période de 2019. Pour le mois de novembre, les aéroports du Maroc ont accueilli 2.108.938 passagers, en hausse de 6% par rapport au même mois de 2019 et de 10% par rapport à celui de 2022.