Economie

Génériques : Le droit de savoir

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Le Collectif de défense et de promotion des médicaments génériques passe à la vitesse supérieure. Face au silence qui entoure les négociations devant aboutir à un accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats- Unis, le collectif a fini par réagir. C’était dans le cadre d’un point de presse organisé mardi 06 janvier à Casablanca. Un point de presse consacré à l’évolution de ces négociations et les enjeux relatifs aux médicaments génériques. L’occasion pour le Collectif, qui assure le suivi de ce dossier, de faire part des appréhensions de la société civile que fait naître l’éventualité de signature de cet accord. Après la réunion d’octobre dernier et les échos qui s’en sont suivis, deux réunions ont eu lieu. La première a concerné les industriels, qui se sont réunis avec les négociateurs et qui ont fait part de leurs inquiétudes et doléances quant à l’issue des négociations. La deuxième a eu lieu entre le Premier ministre et des membres de la société civile ainsi que des industriels. Les discours ont été rassurants. La prise en compte du volet des génériques dans ces négociations avait été garantie. Dans un communiqué, le Collectif s’était même félicité du changement qu’avait subi la signature de l’accord, prévue initialement avant la fin de l’année 2003 et qui a été reporté à fin janvier. Ce même report est désormais devenu une source de craintes. Et pour cause. «Dans les échos qui nous sont parvenus quant aux raisons de ce report, il est uniquement question des secteurs de l’agriculture et du textile, dans lesquels les négociations auraient bloqué. Mais il n’est nullement question des médicaments génériques. On ne sait pas quelle suite a été donnée à ce volet. Il n’y a pas un mot sur le sort que connaîtra ce dossier», déclare Nadia Bezad, présidente de l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida, instance chargée de la coordination du collectif. Le Collectif de défense et de promotion des médicaments génériques s’oppose principalement aux propositions tendant à proroger indéfiniment la durée de protection sur les brevets. Il s’agit en particulier des articles 9 et 10 du projet de texte actuellement en discussion, qui introduisent des artifices du genre des données complémentaires et de la confidentialité des données et qui sont catégoriquement rejetés. Ces «artifices» n’auraient d’autre objectif que d’allonger indûment et indéfiniment le monopole sur les médicaments, à l’encontre de l’esprit et de la philosophie de l’OMC, indique-t-on auprès d’OPALS. «Alors qu’il ne reste que trois semaines à la conclusion de cet accord, nous ne savons toujours pas la teneur ni des négociations en cours ni celle des textes qui seraient adoptés », déclare Mme. Bezad. Le tout étant au conditionnel, les craintes nourris par le collectif ne pourraient que s’accentuer. Une question se pose d’elle-même : pourquoi les pouvoirs publics persistent à entourer ces négociations d’un si grand secret ? Et dans quel intérêt?

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