Germmenos Mastrojeni, secrétaire général adjoint de l’Union pour la Méditerranée (UpM)
Entretien: Lors de son intervention au panel sur la transition énergétique programmé dans le cadre de la MedCop2023, Germmenos Mastrojeni, secrétaire général adjoint de l’Union pour la Méditerranée (UpM), a fait part qu’aucun Etat ne parvient à lui seul à avoir suffisamment de moyens pour faire face à la crise climatique, mais avec l’ensemble des potentialités on peut y arriver.
ALM : Comment peut-on, comme vous venez de l’évoquer lors du panel sur la transition énergétique programmé dans le cadre de la MedCop2023, tirer profit de cette complémentarité entre les potentialités de la région pour faire face à la crise climatique ?
Germmenos Mastrojeni : Aucun Etat ne parvient à lui seul à avoir suffisamment de moyens pour faire face à la crise climatique, mais ensemble on peut y arriver. Il en résulte une situation de complémentarité qui représente un très bon potentiel dans la région. D’ailleurs, l’Europe veut atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Elle ne peut pas ainsi décarboner son potentiel sans compter sur des énergies renouvelables du Sud et dans la région des Balkans. Notre action consiste surtout à favoriser l’intégration des marchés de la manière la plus efficace et la plus rapide possible.
Comment peut-on encourager l’intégration à ce processus ?
Nous travaillons à travers un système de plateforme où nous présentons ensemble des porteurs d’intérêt qu’ils soient publics ou privés et nous cherchons à apporter des solutions rapides. Nous entreprenons également des actions directes, comme par exemple le lancement d’un master management unifié en énergies renouvelables dans la région. Nous allons constater les avantages de ce master si des universités des pays tels que le Maroc, la Tunisie, l’Italie, l’Espagne et en Turquie enseignent le même programme que nous allons coordonner avec le secteur privé.
Pourriez-vous nous définir l’expérience marocaine dans la production d’énergies propres ?
Nous croyons beaucoup en le potentiel du Maroc dans le domaine. Il est le premier pays qui s’est engagé dans une connexion entre le Nord et le Sud à travers le secteur des énergies renouvelables. Nous sommes en constante collaboration avec le Maroc pour exercer son rôle de leader pour le bien de toute la région de la Méditerranée. Nous saluons également l’initiative du Royaume d’avoir ouvert la voie à de nouvelles expériences qui vont certainement être à l’avantage de cette région. Le Maroc exerce son rôle de leader à travers à titre d’exemple le développement de la centrale solaire à Ouarzazate et son énorme potentiel en connexion avec seulement les marchés méditerranéens.
Comment évaluer l’engagement des jeunes et des femmes dans la lutte contre le changement climatique ?
Les travaux de la MedCop ont porté sur plusieurs questions, dont celle liée à l’égalité du genre en entreprise. Nous nous sommes mis d’accord à s’ouvrir pour intégrer tous les différents potentiels du marché et de production. Nous sommes la première organisation internationale à avoir adhéré au protocole No Women no Panel et nous avons toute une série d’actions pour re-balancer la présence féminine. La parité du genre est un déclencheur du processus de transformation durable. Nous menons également une autre série d’actions pour revaloriser le potentiel de la jeunesse avec de nouvelles idées et nous sommes ainsi basés sur les principes de l’agenda 2030.
Et quelle est la contribution des collectivités territoriales à ce processus ?
Nous accordons beaucoup d’intérêt au rôle des communautés dans la lutte contre le changement climatique. La durabilité doit être concertée au niveau global, mais elle doit être appliquée aux situations réelles au niveau local. Il est vraiment essentiel pour nous de mettre ensemble les partenaires locaux pour qu’ils puissent développer leurs plans locaux, mais bien harmonisés, où les différentes potentialités sont mises en valeur.









