Hommage mondial à l’arganier grâce au Maroc

Hommage mondial à l’arganier grâce au Maroc

Agadir a fêté en grande pompe sa première Journée internationale

La communauté internationale a célébré lundi en grande pompe la Journée internationale de l’arganier grâce à l’initiative du Royaume et qui fait entrer cet arbre endémique dans une nouvelle ère et ouvre une nouvelle page de son histoire.
La proclamation de cette journée internationale est le fruit de l’adoption d’une résolution, présentée à l’initiative du Maroc, par l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, dans sa session plénière du 3 mars 2021, suite à d’importants efforts déployés par le Royaume qui a mobilisé toute la communauté internationale autour de cette cause de la sauvegarde et du développement de l’arganier.

Organisée en format hybride depuis la ville d’Agadir, cette manifestation a été suivie à travers le monde, en live sur la web TV des Nations Unies, ainsi que sur YouTube et sur les réseaux sociaux
Cette journée représente une reconnaissance du savoir-faire transmis de génération en génération, principalement par les femmes rurales marocaines qui ont préservé la dimension économique, sociale et environnementale de cet arbre. Et a été l’occasion de promouvoir la dimension sociétale de la production de l’arganier, identifié comme un vecteur de création d’emplois au niveau local et d’autonomisation et d’inclusion socio-économique des femmes rurales.

«En proclamant le 10 mai de chaque année Journée internationale de l’arganier, les Nations Unies confortent la vision de SM le Roi Mohammed VI en faveur de la conservation et la valorisation d’un patrimoine national et universel. Cette proclamation par l’Organisation onusienne est aussi une reconnaissance du leadership du Souverain pour promouvoir la déclinaison régionale du Plan Maroc Vert, développer la production agricole, lutter contre la pauvreté en milieu rural, valoriser la richesse agricole et garantir la sécurité alimentaire du Royaume», a indiqué l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilal. Et de poursuivre que «cette Journée est une invitation à célébrer cet arbre mythique et de faire de sa culture un levier socio-économique durable. Nous la voulons un catalyseur pour la coopération internationale, en vue d’appuyer les tissus socio-économiques de l’argane, les femmes rurales entrepreneures, les coopératives, la société civile, les scientifiques et les producteurs locaux pour innover et renforcer les chaînes de valeur de l’arganier».
Le Maroc, à travers la stratégie du Plan Maroc Vert, a entrepris depuis son lancement de grands efforts pour développer et valoriser cette filière et en faire un levier de création de valeur et d’emplois pour les populations locales.

Dans son intervention par l’occasion, le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, a souligné que «dans le cadre de la stratégie «Génération Green» lancée par SM le Roi Mohammed VI, il est prévu la plantation au Maroc de 50.000 hectares (ha) d’arganier d’ici 2030, et il sera procédé à la poursuite de la mise à niveau du secteur de l’arganiculture à travers notamment le lancement d’autres projets de développement dans le but d’atteindre un objectif cumulatif de 400.000 ha. En 2018, un programme a porté sur la plantation de 10.000 hectares d’arganier pour un coût global de 49 millions de dollars, au profit de 26.000 bénéficiaires, faisant savoir que le Fonds de développement agricole offre des incitations financières pour l’accompagnement de l’arganiculture».

Pour Audrey Azoulay, directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), «l’arganier est un arbre qui vient du fond des âges et dont le système racinaire surdéveloppé crée une symbiose unique avec le territoire choisi où il se développe, où ses mêmes racines sont le meilleur rempart contre l’érosion des sols, contre l’avancée du désert et viennent soutenir un arbre qui est endurant aux sécheresses et aux vents, très sobre en consommation d’eau et qui produit un fruit aux propriétés uniques». Et d’ajouter que «les propriétés de ce trésor à travers notamment l’huile d’argane ont conquis le monde, à la fois dans la médecine traditionnelle, la cuisine bien sûr, mais aussi de plus en plus dans les cosmétiques. La réserve de l’Unesco de la biosphère de l’arganier dans le sud-ouest du Maroc vient justement protéger cette symbiose unique sur un territoire entre nature, activité économique durable et recherche scientifique».

Ils ont dit…

Volkan Bozkir, président de l’Assemblée générale des Nations Unis

«Les efforts déployés par le Maroc ont permis de protéger cet arbre»

«Alors que nous cherchons à réaliser des progrès dans la décennie de l’action et nous assurer une reprise inclusive, durable, résiliente et verte post-Covid-19, les projets comme ceux de l’arganier s’érigent comme des modèles de meilleures pratiques pour nous tous. Le Maroc a pris les mesures nécessaires pour préserver l’arganier et pour avoir sensibilisé à son rôle vital dans le maintien des équilibres écologiques, la préservation de la biodiversité et sa contribution au développement durable. Les efforts déployés par le Royaume du Maroc ont permis de protéger et d’élargir un secteur qui représente désormais 10% des parts de marché. Les communautés locales ont bénéficié d’une amélioration de leurs moyens de subsistance tandis que le secteur s’est élargi de façon exponentielle vers de nouveaux produits. Les arbres eux-mêmes renforcent la protection de l’environnement en absorbant le carbone et en endiguant la désertification et la dégradation des sols, tout en améliorant la gestion des eaux et en servant de refuge pour une riche biodiversité.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, DG de l’OMS

«La culture millénaire de l’arganier nous donne des leçons à appliquer»

«La pandémie de la Covid-19 nous rappelle le rapport délicat et intime entre les personnes et la planète. En effet, l’arganier est un exemple éloquent de l’approche holistique nécessaire pour le développement durable. La culture millénaire de l’arganier nous donne des leçons à appliquer et à suivre pour la protection, l’adaptation et la défense des populations contre les changements climatiques. Le respect et l’apprentissage de la médecine traditionnelle et son utilisation aux côtés des nouvelles technologies nous ont permis de sauver des milliers de vie et d’améliorer les conditions de bien-être des populations. D’où la nécessité de pérenniser le patrimoine et les connaissances liés à la culture de l’arganier et les léguer aux générations futures. Cet arbre ainsi que les diverses espèces biologiques jouent un rôle important dans le domaine médical. L’OMS, pour soutenir les pays dans ce sens, a publié des lignes directrices et les meilleures pratiques en matière de conservation des plantes médicinales et de leur bonne utilisation ».

Yannick Glemarec, directeur exécutif du Fonds vert pour le climat (GCF)

«Le projet Dared vise à préserver et à conserver l’arganier selon une approche tripartite»

«A travers le projet de développement de l’arganiculture en environnement dégradé (Dared), nous avons travaillé avec le gouvernement du Maroc, l’Agence de développement agricole et l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier sur de nouvelles solutions pour développer cette culture dans les environnements dégradés. notre investissement vise à préserver et à conserver l’arganier selon une approche tripartite, à savoir la protection du couvert forestier, la restauration des sols à travers l’amélioration de la résistance et la gestion durable pour l’augmentation de la productivité. Le financement de ce projet, qui met les femmes au cœur du secteur de l’arganier, permet la collecte et le stockage des fruits de l’arganier, l’acquisition de nouvelles techniques dans ces zones arides, l’adoption des normes internationales ainsi que la vente à des prix intéressants à travers des coopératives.

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