Témoignages
Au SIAM 2026, plusieurs responsables nationaux et internationaux ont livré leurs témoignages sur l’évolution du secteur agricole. Tous s’accordent à souligner une amélioration de la situation, portée par le retour des précipitations et la reconstitution des ressources en eau. Les témoignages ont mis en avant la reprise progressive de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que les perspectives encourageantes pour les prochaines campagnes. Les intervenants ont également insisté sur l’importance de la recherche, de l’innovation et de la coopération internationale pour moderniser le secteur.
Ahmed El BouarI
ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts
«Le secteur agricole et d’élevage occupe une place stratégique dans l’économie marocaine, en tant que principale source de revenus pour de nombreuses populations rurales. Il contribue également de manière significative à la création de valeur ajoutée et au développement économique du pays. À l’occasion de la 18ème édition du Salon international de l’agriculture au Maroc, les échanges mettent en avant l’importance du secteur de l’élevage et de la production animale, ainsi que la volonté de partager les expériences avec des pays amis et voisins disposant d’une expertise reconnue dans ce domaine. Par ailleurs, les récentes précipitations enregistrées dans le Royaume, ainsi que l’amélioration du niveau des barrages et des ressources en eaux souterraines ont nettement amélioré la situation cette année. L’état des parcours pastoraux est jugé très satisfaisant, ce qui constitue un indicateur positif pour le secteur. Dans ce contexte, des efforts sont en cours pour la reconstitution du cheptel national, avec un optimisme affiché quant aux perspectives de la campagne agricole et d’élevage».
José Manuel Fernandes
Ministre de l’Agriculture et des Affaires Maritimes de la République Portugaise
«Plusieurs accords ont déjà été signés et d’autres le seront dans la journée, notamment dans les domaines de la recherche et de l’innovation scientifique». Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer «ces partenariats et de mettre en avant le rôle central de la recherche, considérée comme essentielle pour obtenir des résultats concrets». Il a également évoqué « les enjeux sanitaires, tant dans le domaine animal que végétal, ainsi que sur l’amélioration des systèmes de production. L’agriculture de précision et le développement de nouvelles techniques figurent également parmi les priorités, dans une logique de modernisation du secteur. Ces engagements s’inscrivent dans des objectifs partagés, mais l’accent est mis sur la nécessité de passer des intentions à l’action».
Sidi Tiémoko Touré,
Ministre des Ressources Animales et Halieutiques de la République de Côte d’Ivoire
«La coopération entre le Maroc et la Côte d’Ivoire remonte aux années 60 et s’inscrit dans une relation qualifiée de fraternelle et durable. Les deux pays entretiennent des échanges réguliers et diversifiés, notamment dans le secteur agricole, où la collaboration est particulièrement dynamique. Cette coopération se concrétise également à travers la présence du groupe OCP en Côte d’Ivoire. Une nouvelle étape sera franchie avec la signature d’un protocole d’accord entre les deux parties, illustrant la qualité des relations bilatérales. Ce partenariat vise à renforcer l’appui du groupe marocain à l’agriculture ivoirienne, notamment à travers la fourniture d’intrants agricoles, de semences, ainsi que des solutions de digitalisation. Il prévoit également des outils de mesure et d’analyse des sols afin d’optimiser les apports en engrais et d’améliorer les rendements agricoles».
Annie Genevard
Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire de la République Française
« La coopération entre le Maroc et la France couvre déjà de nombreux domaines, notamment la formation, la recherche, la génétique, la gestion de l’eau et le développement des filières. Elle recèle toutefois un potentiel encore plus vaste, que nous pouvons mobiliser pour enrichir nos expériences respectives et bâtir des solutions communes. C’est tout l’enjeu de cette conférence (…). Elle met en lumière cinq priorités partagées. La première consiste à sécuriser la production animale et à mieux valoriser les ressources, grâce notamment à des fourrages plus résistants, des techniques d’irrigation économes et des compléments alimentaires innovants. La deuxième vise à moderniser et professionnaliser les métiers, en renforçant la formation, la mécanisation et la numérisation. La troisième porte sur l’amélioration génétique et le développement des biotechnologies, afin de renforcer la résilience des cheptels tout en préservant les races locales. La quatrième concerne la structuration des filières et l’intégration des chaînes de valeur, de la collecte à la transformation. Enfin, la cinquième ambition est d’accompagner l’évolution des modes de consommation, en valorisant la qualité, la traçabilité et les produits à forte valeur ajoutée. »
Alexandre Anh Tài Huynh
Représentant de la FAO au Maroc
«La participation de l’organisation au SIAM constitue un rendez-vous majeur, qui rassemble experts et professionnels du secteur agricole autour de conférences et d’échanges d’expériences. Ces rencontres favorisent la diffusion des innovations et encouragent le développement des investissements dans le secteur. Événement à dimension internationale, le SIAM permet également de renforcer les partenariats et d’examiner les moyens d’accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires. Dans ce cadre, le Maroc apparaît comme un acteur particulièrement dynamique, aussi bien sur le plan stratégique que dans la mise en œuvre de programmes concrets. Le pays développe de nombreuses initiatives d’investissement, notamment dans la gestion des risques climatiques, la préservation des ressources en eau et la promotion de l’agroécologie. L’objectif est de renforcer la résilience du secteur agricole, d’en améliorer la durabilité et d’en accroître la performance économique grâce à l’adoption de technologies et de pratiques innovantes».
Rachid Benali
Président de la COMADER
«Après six années de sécheresse ayant lourdement affecté le secteur agricole, les producteurs marocains amorcent une phase de reprise. L’agriculture nationale (…) bénéficie désormais d’un contexte plus favorable, porté par d’importantes précipitations enregistrées cette année. La campagne agricole en cours s’annonce globalement positive, même si elle n’est pas encore arrivée à son terme. Si les céréales entrent dans leur dernière ligne droite, les autres filières, notamment l’arboriculture et le maraîchage, poursuivent encore leur cycle de production. L’ensemble laisse entrevoir des perspectives encourageantes. Le moral des agriculteurs s’est nettement amélioré, soutenu par la reconstitution des ressources hydriques. Les barrages affichent des niveaux de remplissage satisfaisants et les nappes phréatiques connaissent une nette amélioration, renforçant ainsi les perspectives pour les prochaines campagnes. Quelques défis persistent toutefois, notamment sur les prix de certains produits agricoles, jugés encore élevés. Une situation que les professionnels estiment conjoncturelle et appelée à se stabiliser progressivement. Dans ce contexte, les perspectives pour l’année en cours sont jugées encourageantes, avec l’espoir d’entrer dans une dynamique agricole plus stable et durable dans les années à venir».
Mohamed Fikrat
président du directoire du Crédit Agricole du Maroc
«Cette année, le Crédit Agricole du Maroc participe au SIAM avec un stand placé sous le thème «65 ans d’impact», retraçant son engagement de longue date auprès du monde agricole et agroalimentaire. Banque de référence du secteur, l’établissement finance plus de 85 % des besoins de l’écosystème Agri-Agro, confirmant son rôle central dans le soutien à la filière. Présente dans l’ensemble des régions du Royaume, la banque accompagne également une clientèle diversifiée, au-delà du seul secteur agricole. Aujourd’hui, près de 50% de notre activité est dédiée à l’agriculture, tandis que l’autre moitié concerne les différents segments de l’économie nationale, reflétant la diversification de ses interventions. Au-delà des chiffres, le Crédit Agricole du Maroc met également en avant son capital humain, composé de femmes et d’hommes mobilisés au service des clients et du développement du secteur».









