IMIS-Tanger : Futur «Port franc numérique» de la Méditerranée ?

IMIS-Tanger : Futur «Port franc numérique» de la Méditerranée ?

Le développement de Tanger est le résultat de la conjonction de dotations géographiques et historiques et d’une stratégie de développement national et territorial initiée par SM le Roi

L’Institut marocain d’Intelligence Stratégique (IMIS) vient de présenter son nouveau Policy Paper sur les infrastructures immatérielles destinées à faire de Tanger un port franc numérique au croisement des flux d’échanges physiques et numériques mondiaux. Cette nouvelle étude a été réalisée, selon l’Institut, sous la direction de Abdelmalek Alaoui, avec notamment la contribution du Professeur Ahmed Azirar et Salma Bachir El Bouhali, ainsi que les chercheurs de l’IMIS visant à mettre en avant ce nouveau dynamisme que connaît la ville grâce à la conjugaison de plusieurs facteurs et d’une stratégie de développement national et territorial initiée par SM le Roi Mohammed VI. «Le développement de Tanger est le résultat de la conjonction de dotations géographiques (détroit de Gibraltar, situation aux portes de l’Afrique et de la Méditerranée) et historiques «ville internationale» et d’une stratégie de développement national et territorial initiée par SM le Roi Mohammed VI, visant à optimiser le rendement économique des infrastructures réalisées : port de Tanger Med, autoroute Rabat-Tanger, Ligne grande vitesse, voies express, extension de la rocade méditerranéenne, mise à niveau des gares», font part les expert à travers ce Policy Paper.

Développement des capacités logistiques

La concrétisation de cette vision s’est traduite, fait savoir la même source, par le développement de capacités logistiques qui font aujourd’hui de Tanger le premier port de transbordement de conteneurs à l’échelle méditerranéenne et africaine et à la constitution d’un écosystème industriel dans l’automobile (Renault et ses fournisseurs réunis au sein de Tanger Automotive City), l’aéronautique et les énergies renouvelables (Siemens). A partir de ce socle fondateur, «nous proposons d’adjoindre une couche d’infrastructures immatérielles «soft infrastructures» destinées à faire de Tanger un «port franc numérique» au croisement des flux d’échanges physiques et numériques mondiaux», note-t-on.
Dans ce sens, les experts font part que cette stratégie disruptive de type «Océan bleu» repose sur des synergies innovantes qui pourraient être réalisées entre trois pôles d’excellence: un pôle logistique et industriel existant à consolider, un pôle numérique à développer et un pôle financier de nouvelle génération à construire autour d’une bourse panafricaine d’échange de matières premières «Tanger-Nador Commodity Exchange», sur la base d’une liste pré-identifiée de contrats/matières sur lesquels une offre compétitive peut être développée. La technologie de la chaîne de blocs servirait, poursuit-on, de liant entre ces trois pôles à travers un développement des «smart contracts» pour optimiser la chaîne logistique et l’adossement de la bourse d’échanges sur des crypto-actifs adossés aux matières premières échangées («stablecoins»).

Contribution des compétences nationales et mondiales

Les experts soulignent que la mise en œuvre de cette stratégie nécessite d’investir dans la constitution d’un écosystème d’innovation autour de la chaîne de blocs, en s’appuyant sur la technopole émergente de Tanger Tech et sur le réseau d’institutions de recherche existantes dans la région et au-delà, tout en imaginant de nouveaux instruments de soutien à la R&D et en mettant en place un régime juridique et fiscal permettant d’attirer les meilleures compétences nationales et mondiales dans le domaine. La concrétisation de cette vision permettrait de faire de Tanger un «havre numérique» et un pôle d’innovation qui valorise son statut de hub logistique et industriel et qui renforce sa connectivité et son rayonnement, avec des effets d’entraînement aux niveau national et international. «Elle implique un soutien fort au plus haut niveaux de l’Etat et une mobilisation de toutes les parties prenantes aux niveaux national, régional et local. Elle nécessite également de surmonter des défis d’ordre juridique, fiscal, technologique», ajoute-t-on.

 

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