Casablanca : Un système de veille pour les bâtisses en péril

Casablanca : Un système de veille pour les bâtisses en péril

Avec ses 8.000 bâtiments menaçant ruine

La mise en place d’un géoportail permettra de centraliser la donnée relative aux bâtiments menaçant ruine, et de voir géographiquement la localisation et la répartition de ces constructions.

Le secteur de l’habitat poursuit son processus de dématérialisation. Le dernier projet en date concerne l’élaboration d’un système de veille pour le suivi de l’habitat menaçant ruine. Il faut dire que la dégradation des tissus anciens et l’habitat menaçant ruine représentent des phénomènes qui ne cessent de s’élargir impactant négativement les conditions de vie et d’habitat des citoyens. Présentant un danger pour les occupants, les voisins et les passants, ces bâtisses en ruine nécessitent une évaluation particulière. L’appréciation de l’urgence demande aussi d’avoir en main des données et la participation des acteurs concernés. A cet égard, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR) planche actuellement sur la mise en place d’un système d’observation, d’analyse, de veille, de suivi et d’aide à la prise de décision en matière d’intervention sur ce type de bâtiments. Pour la réalisation de ce projet, Casablanca ouvrira le bal.

Casablanca premier projet pilote

Avant sa généralisation sur l’ensemble du territoire, Casablanca sera le premier projet pilote. Le système envisagé devra couvrir l’ensemble du territoire national, et en raison de «l’ampleur du phénomène dans le territoire de Casablanca et la disponibilité des données relatives à ce territoire, il a été choisi comme premier cas d’étude à expérimenter», indique l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine. Pour disposer des données géographiques liées à ce type d’édifices, il sera procédé à des prises de vue aériennes par drone couvrant environ 8.000 bâtisses réparties sur le territoire de la ville de Casablanca.

Identifier les zones prioritaires

L’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine travaille sur un nouveau paradigme d’intervention qui concerne ces édifices, basé sur une approche «digitalisée, centrée et partagée avec l’ensemble des intervenants», explique l’ANRUR. L’objectif serait également de répondre aux attentes des acteurs. Partant de là, ce projet repose sur l’identification des zones prioritaires d’intervention en utilisant les systèmes d’information et mettre en œuvre un mécanisme de suivi et d’évaluation. Pour l’Agence, ce système de veille s’avère nécessaire pour soutenir les efforts des acteurs locaux en matière de réhabilitation des bâtiments en péril. La mise en place d’un géoportail permettra de centraliser la donnée relative aux bâtiments menaçant ruine, et de voir géographiquement la localisation et la répartition de ces constructions. Il devra être lié à une application mobile qui donnera la possibilité aux utilisateurs de collecter les données sur le terrain.

Il s’agit de construire une base de données géographique centralisée relative aux bâtiments menaçant ruine, de la doter d’une grille d’indicateurs cartographiables et de réaliser un géoportail pour la gestion, l’échange et la mise à jour des données. Ce dispositif numérique sera enrichi donc par une application de collecte de données mobile. De même, un protocole de collecte de données et un processus d’interventions digitalisées seront insaturés au sein de l’ANRUR. Ce chantier rentre dans le cadre de la mise en œuvre des missions et des prérogatives de ladite agence, notamment celle de collecter et diffuser les informations et les statistiques relatives à la rénovation urbaine et à la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine conformément à la loi n° 94-12 (relative aux bâtiments menaçant ruine et à l’organisation des opérations de rénovation urbaine), et ce en adoptant une démarche de dématérialisation et de digitalisation.

Notons que l’article 34 de cette même loi précise que «l’Agence est chargée notamment de […] collecter et diffuser les informations et les statistiques relatives à la rénovation urbaine et à la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine» et dans le cadre de la mise en place d’un système d’observation sur les sites fragilisés et pour disposer d’un système de veille territorial.

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