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Immobilier : La relance pour bientôt ?

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Le secteur en quête d’un nouveau départ

Le marché de l’immobilier marocain continue de pâtir des aléas de la conjoncture actuelle. Le contexte inflationniste par lequel passe le Maroc n’a fait que retarder la relance du secteur qui, affaibli par la crise sanitaire, plonge dans une crise plus prononcée que les précédentes. En effet, la flambée des prix des matières premières engendrée par le conflit géopolitique entre la Russie et l’Ukraine fait sombrer le secteur dans une profonde léthargie.

La situation est le moins qu’on puisse dire inquiétante. Les constructions se font moindres et l’appétence pour l’acquisition immobilière n’est plus la même. Les intentions d’achat sont à l’heure actuelle reléguées au second plan du fait de la dégradation du pouvoir financier des ménages. En témoignent les derniers chiffres de Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie. Il ressort que malgré la baisse des prix des actifs immobiliers, les transactions affichent une nette rétractation au premier trimestre de l’année. Une situation qui devrait perdurer encore plus longtemps du fait du manque de visibilité quant à un dénouement rapide de cette situation.
Les professionnels tirent la sonnette d’alarme et mettent en garde contre la mort imminente de ce secteur. Pas plus tard qu’avril dernier, la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) a dévoilé les mesures prioritaires pour réanimer le secteur. Ces actions s’articulent en effet autours des dimensions d’ordre judiciaire et institutionnel, administratif et professionnel.

Les recommandations faites dans ce sens portent, entre autres, sur la prolongation des conventions de logement social, l’arrêt de l’application de la taxe sur les terrains non bâtis, la demande de prorogation d’une année du délai des autorisations de construire ainsi que la demande de réduction de 50% des frais d’enregistrement et de conservation foncière au profit des clients et acquéreurs dont le pouvoir d’achat a été considérablement impacté ces dernières années.

La FNPI plaide par ailleurs pour la protection de la profession contre la spéculation et engage par ailleurs un processus de création d’une centrale d’achat qui permettra de mutualiser les approvisionnements des opérateurs du secteur de la construction immobilière à des conditions d’achat et de règlement totalement optimisés et transparents tant auprès des fournisseurs marocains que des importations directes de l’étranger. Toutefois, ces doléances restent jusque-là lettre morte, et ce en dépit des concertations régulières avec les autorités publiques. Les professionnels déplorent dans ce sens un problème de convergence entre la vision des acteurs du marché et celle de la tutelle. Un écart qui ne fera qu’accentuer le degré d’incertitude qui plane dans cette sphère. L’heure est à la mobilisation de toutes les parties prenantes en vue de mettre en place des solutions viables pour relancer de façon effective l’activité immobilière au niveau national.

L’urgence étant d’actionner tous les leviers pour rendre le logement de plus en plus accessible aux ménages, notamment ceux dont le pouvoir d’achat est limité. Un effort qui devrait découler d’une synergie publique-privée encore plus efficace avec une adhésion effective du secteur bancaire.
La relance du secteur passe ainsi par la mise en place d’une stratégie intégrée ainsi qu’une refonte profonde de la politique de l’urbanisme à travers la révision des codes, dispositifs et réglementations en vigueur. La réflexion à engager devrait porter sur de nouveaux dispositifs urbains favorisant plus d’espace dans les logements et par conséquent un cadre de vie plus décent et agréable.

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