EconomieSpécial

Industrie du futur: Les minerais «stratégiques et critiques» gages de la souveraineté industrielle

Le Maroc dispose d’un potentiel minier important, avec un secteur extractif résilient selon un avis du CESE intitulé «Les minerais stratégiques et critiques contributeurs à la souveraineté industrielle du Maroc». Ce document étaye le rôle clé que pourrait jouer la catégorie de minerais stratégiques et critiques dans le renforcement de la souveraineté industrielle de notre pays et l’atteinte des objectifs tracés en matière de transition énergétique et digitale. En plus de mettre en exergue les contraintes qui entravent le développement de l’écosystème de ces minerais, ce document propose une liste de 24 minerais stratégiques et critiques.


Le Maroc regorge d’un potentiel minier considérable accompagné d’un secteur extractif solide, qui assure plus de 25% des exportations en valeur, contribue à hauteur de 10% du PIB et emploie plus de 49.000 personnes. C’est ce que rapporte le CESE dans son avis baptisé «Les minerais stratégiques et critiques contributeurs à la souveraineté industrielle du Maroc». Toutefois, ce secteur rencontre plusieurs obstacles. Ledit rapport cite des faiblesses spécifiques aux minerais stratégiques et critiques qui ont trait aux processus d’approvisionnement et de valorisation relevant qu’il se base sur, entre autres, un modèle principalement axé sur l’export de concentrés et de produits bruts (à l’exception des phosphates et du cobalt), avec de faibles liens en aval avec l’industrie, une forte dépendance à l’importation pour la plupart des minerais critiques, des niveaux élevés de concentration géographique des fournisseurs pour de nombreux minerais critiques, et une insuffisance en matière de recyclage et de valorisation des déchets miniers et industriels.

A cela s’ajoutent, comme l’évoque le rapport du CESE, des faiblesses transversales affectant l’ensemble du secteur minier, à savoir la taille limitée des gisements des différents minerais, à l’exception notable des phosphates, l’absence de mesures fiscales incitatives spécifiques à l’activité minière, la lenteur et la complexité des procédures de gestion du patrimoine minier, les difficultés d’accès à un financement adéquat, en particulier pour les TPME et les entreprises juniors. Ce rapport indique également que le Maroc ne dispose pas d’une liste officielle comptant les minerais stratégiques et critiques. Il se propose donc d’en réaliser une intégrant 24 minerais.

Les recommandations du CESE
Pour renforcer le secteur minier au Maroc, le CESE préconise une série de recommandations. Il appelle ainsi à améliorer le cadrage stratégique et institutionnel régissant les activités liées aux minerais stratégiques et critiques via, notamment l’élaboration d’une feuille de route spécifique aux minerais stratégiques et critiques, l’accélération de la révision du cadre législatif en vue, notamment, d’instituer et d’opérationnaliser la commission des minerais stratégiques, et la mise en place d’une instance pour l’intégration « Mines- Industrie » en vue d’institutionnaliser la coordination entre les acteurs des deux secteurs.

De même, il propose de dé-risquer le secteur minier pour les investisseurs et améliorer son attractivité en mettant en place les mesures visant à définir une stratégie de financement adaptée au caractère consubstantiellement risqué de l’industrie minière, particulièrement pour les sociétés juniors, instituer une exonération temporaire de l’IS pendant cinq ans devant entrer en vigueur à partir de la première année de l’exploitation effective du gisement et simplifier les procédures administratives pour l’obtention des autorisations et permis miniers.

Dans sa série de recommandations, le CESE préconise de sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et réduire la vulnérabilité aux sources externes en déployant plusieurs actions qui consistent à diversifier les sources étrangères d’approvisionnement en minerais critiques en privilégiant, dans la mesure du possible, les pays fournisseurs politiquement stables ; prévoir des incitations fiscales et des subventions ainsi qu’un cadre réglementaire adapté pour la promotion de la R&D et des activités industrielles dans le domaine du recyclage des métaux et de la recherche de substituts aux minerais critiques ; et constituer des réserves stratégiques pour les minerais les plus critiques pour le Maroc pays.

Le CESE recommande aussi de promouvoir la valorisation nationale des minerais stratégiques et critiques pour un meilleur positionnement au niveau des chaines de valeur, en veillant à orienter les investisseurs vers des projets de valorisation des minerais stratégiques et critiques alignés sur les choix stratégiques du pays, en créant notamment une banque de projets industriels sur l’aval de la filière, axés sur ce type de minerais ; et accorder une priorité aux industries de valorisation en aval des minerais stratégiques et critiques au niveau du Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Pour le CESE, les actions futures devraient aussi porter sur la promotion du caractère inclusif et durable du secteur minier à travers, notamment, la généralisation de l’adoption des principes de l’ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) à tous les opérateurs, y compris les TPME, la promotion de l’autonomie hydrique des exploitations minières, et la mise en place de la consultation des populations locales en zones minières tout au long du cycle de vie des projets miniers.

Articles similaires

EconomieUne

Maroc : la croissance économique devrait atteindre 3,5% à moyen terme, selon le FMI

La croissance économique du Maroc devrait atteindre 3,5% à moyen terme, stimulée...

EconomieUne

En hausse de 10 % par rapport à la même période de 2023 : Près d’1 million de touristes au Maroc au mois de janvier

Les arrivées des touristes étrangers se sont consolidées de 11 % comparé...

Economie

Radisson hotel Group : 14 nouveaux hôtels prévus en 2024

Radisson Hotel Group formule des ambitions prometteuses pour l’année 2024.

EDITO

Couverture

Nos supplément spéciaux