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Inflation : le Maroc résiste encore à la pression des prix

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Conjoncture. En dépit d’une conjoncture internationale toujours instable et des tensions sur les cours mondiaux, le Maroc parvient à contenir les pressions inflationnistes sur les prix. Les détails, chiffres à l’appui.

Alors que les négociations se poursuivent pour mettre un terme aux tensions au Moyen-Orient et au détroit d’Ormuz, le Maroc continue de résister à cette inflation importée sous l’effet de la hausse des cours internationaux. Après le mois d’avril, le mois de mai a connu également une baisse de l’indice des prix à la consommation, résultant de la baisse de l’indice des produits alimentaires et de la stagnation de l’indice des produits non alimentaires. L’indicateur d’inflation sous-jacente s’inscrit également en baisse sur une année. C’est ce qui ressort de la note d’information du Haut-Commissariat au Plan relative à l’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois de mai 2026. «L’indice des prix à la consommation a connu, au cours du mois de mai 2026, une baisse de 0,9% par rapport au mois précédent. Cette variation est le résultat de la baisse de 2,1% de l’indice des produits alimentaires et de la stagnation de l’indice des produits non alimentaires», apprend-on auprès du HCP.

Carburants en baisse
Selon la même source, les baisses des prix des produits alimentaires observées entre avril et mai 2026 concernent principalement les «Légumes» avec 8,6%, les «Poissons et fruits de mer» avec 3,7%, les «Viandes» avec 1,9%, le «Lait, fromage et œufs» avec 1,7%, les «Huiles et graisses» avec 0,8% et le «Café, thé et cacao» avec 0,4%. En revanche, les prix ont augmenté de 0,2% pour les «Fruits» et les «Eaux minérales, boissons rafraichissantes, jus de fruits et de légumes». Pour les produits non alimentaires, la baisse a concerné principalement les prix des «Carburants» avec 3,6%. Pour le HCP, les baisses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Safi avec 2,1%, à Beni-Mellal avec 1,3%, à Casablanca, Tanger et Al-Hoceima avec 1,2%, à Fès et Errachidia avec 1,1%, à Agadir, Rabat et Laâyoune avec 1,0%, à Settat avec 0,8%, à Tétouan et Dakhla avec 0,7%, à Marrakech avec 0,4% et à Oujda avec 0,2%. «Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et les produits à tarifs publics, aurait connu au cours du mois de mai 2026 une hausse de 0,3% par rapport au mois d’avril 2026 et une baisse de 0,1% par rapport au mois de mai 2025», précise le HCP dans sa note.

Bouclier anti-inflation
La lutte contre les effets de l’inflation sur les ménages s’est transformée au cours des derniers mois en un enjeu mondial. Dans plusieurs pays, y compris ceux avec des économies fortes, la hausse des prix sous l’effet de l’inflation importée a fini par mettre les bourses des ménages à rude épreuve. Au Maroc et en dépit des défis rencontrés, un bouclier gouvernemental a été dressé. L’atténuation de l’impact de l’inflation importée en raison des turbulences internationales dans plusieurs zones géographiques est le résultat d’une série de mesures adoptées par le gouvernement au cours des derniers mois. Les mesures prises visent principalement le maintien des prix et la protection du pouvoir d’achat des citoyens. Ainsi, le pays consacrera mensuellement une enveloppe de 600 millions de dirhams pour le maintien des prix des bonbonnes de gaz de 12 kg, soit une subvention de 78 dirhams pour chaque bonbonne de cette catégorie, alors que cette même subvention ne dépassait pas les 30 dirhams avant la crise, soit une hausse de 48 dirhams supplémentaires comme subvention. Concernant la production de l’électricité, le gouvernement avait décidé de maintenir la même tarification pour les factures de l’électricité en dépit de la hausse des prix et des cours des intrants importés et utilisés dans la production de l’électricité au niveau national, notamment le fuel, le gaz naturel et le charbon. L’enveloppe budgétaire mensuelle consacrée à cette mesure par le gouvernement atteint les 400 millions de dirhams pour éviter un impact sur les tarifs. S’agissant des subventions accordées en faveur des chauffeurs professionnels, une subvention de 3 dirhams pour chaque litre utilisé avait été décidée avec l’objectif de créer des conditions similaires à celles qui ont précédé le déclenchement de la crise du Moyen-Orient. Le coût mensuel de ce dispositif pour le budget de l’État est de 648 millions de dirhams.

Contrôle des prix
Face à la hausse marquée des produits pétroliers sur les marchés internationaux et à son impact sur le marché national, le gouvernement a procédé au lancement du versement du soutien direct et exceptionnel en faveur des professionnels du secteur du transport de marchandises et de personnes, après traitement des demandes enregistrées via la plateforme électronique dédiée (https://mouakaba.transport.gov.ma), lesquelles ont dépassé 87.000 à l’instar de l’opération mise en œuvre par le gouvernement en 2022. Ce soutien exceptionnel a bénéficié à plusieurs catégories, notamment le transport public de voyageurs, le transport mixte en milieu rural, le transport de marchandises pour compte d’autrui, le transport du personnel pour compte d’autrui, le transport scolaire pour compte d’autrui, le transport touristique, les véhicules de remorquage, les taxis de première et de deuxième catégories, ainsi que les bus de transport urbain. Cette mesure visait à assurer un approvisionnement régulier des marchés et à garantir la continuité des services de transport public aux mêmes tarifs, sans aucune répercussion sur les citoyens, tout en veillant au strict respect, par les professionnels bénéficiaires, des tarifs en vigueur pour le transport des personnes et des marchandises. Par ailleurs, la Commission ministérielle chargée du suivi des répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie nationale avait tenu une réunion au lendemain du déclenchement de la crise au Moyen-Orient. Les responsables avaient expliqué en outre que les services de contrôle des prix vont intensifier leurs opérations pour vérifier l’impact de ces mesures sur leurs cibles.