L’événement a permis aux startups participantes de présenter leurs innovations devant un public composé d’investisseurs, d’institutionnels et d’acteurs de la finance.
Demo Day : Le Morocco Fintech Center (MFC), catalyseur national de l’écosystème Fintech marocain, a organisé le 30 juin à Rabat le Demo Day du programme Fintech Booster. Il s’agit d’un événement phare de son programme d’accompagnement dédié aux Fintechs. Cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs de l’écosystème fintech marocain. Elle a été l’occasion de découvrir les projets innovants développés par les entrepreneurs accompagnés par le MFC durant huit semaines. Cette rencontre a aussi mis en lumière les avancées réalisées par les porteurs de projets.
À Rabat, le Morocco Fintech Center (MFC) a réuni, mardi, l’écosystème fintech national à l’occasion du Demo Day du programme Fintech Booster. Il s’agit d’un moment charnière après huit semaines d’accompagnement entrepreneurial. L’événement a permis aux startups participantes de présenter leurs innovations devant un public composé d’investisseurs, d’institutionnels et d’acteurs de la finance. Cette rencontre a permis aussi de mesurer la maturité des projets accompagnés et d’illustrer la dynamique de développement de l’écosystème fintech au Maroc. Rappelant qu’un premier programme d’accélération, mené en 2025 avec l’UM6P, a accompagné 19 fintechs, le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza, estime que « la consolidation de ces partenariats est cruciale pour réaliser l’ambition du MFC de développer un deal flow de projets continu et de transformer ces projets en modèles d’affaires répondant aux besoins des citoyens et du secteur financier».
Dans un contexte où le Maroc ambitionne, à travers la stratégie Maroc 2030, de devenir un hub digital de référence, il considère que «le secteur financier doit être à l’avant-garde de cette accélération de l’innovation et les fintechs ont un rôle important à jouer», saluant la créativité démontrée par les startups accompagnées dans les programmes d’idéation et d’accélération du MFC. Le responsable de la Banque centrale a toutefois rappelé les défis auxquels fait face la transformation numérique du secteur. Il a notamment cité «le niveau exceptionnel de la circulation du cash», le faible usage des moyens de paiement numériques, les disparités persistantes en matière d’inclusion financière, notamment dans les zones rurales et auprès des femmes, ainsi que la hausse des risques de cyberattaques et de fraude. Autant d’enjeux qui, selon lui, mettent en évidence « l’importance du potentiel de digitalisation des services financiers et des paiements au Maroc ». Sur le plan réglementaire, Abderrahim Bouazza a mis en avant plusieurs réformes destinées à soutenir l’innovation. Il a rappelé que l’agrément de plusieurs établissements de paiement, le déploiement du paiement mobile et son interopérabilité, ainsi que l’assouplissement de la réglementation en 2024 ont créé «de nouvelles opportunités pour les fintechs». Il a également souligné l’intérêt suscité par le cadre dédié au crowdfunding qui a déjà permis l’agrément de trois opérateurs. Bank Al-Maghrib poursuit ses travaux sur l’Open Banking afin de favoriser de nouveaux cas d’usage, notamment dans l’agrégation de comptes, l’initiation des paiements ou le scoring de crédit. «Nous continuons à être à l’écoute des startups fintechs sur la simplification réglementaire», a assuré le DG de Bank Al-Maghrib, ajoutant que le régulateur veille à faire évoluer le cadre réglementaire pour le rendre «plus lisible et plus accessible», tout en préservant la confiance et la stabilité du système financier.
Un bilan prometteur
Présenté par Mustapha Lahlali, directeur exécutif de MFC, à l’occasion de ce Demo Day, le bilan du programme Fintech Booster dévoile une montée en puissance de l’écosystème fintech marocain. Sur les 117 candidatures reçues, 21 startups ont été sélectionnées. Pendant huit semaines, les startups retenues ont bénéficié d’un accompagnement intensif, dispensé principalement à Rabat et en ligne. Au programme : coaching personnalisé, master class, ateliers pratiques, mise en relation avec les principaux acteurs de l’écosystème, renforcement de leur visibilité et suivi post-programme afin d’assurer la continuité de leur développement. Cette édition se distingue également par son ouverture géographique. Répartis dans huit villes, les participants étaient majoritairement installés au Maroc (78 %), tandis que 22 % étaient issus de la diaspora, notamment à Montréal et Paris. Au terme de la période d’accompagnement, les startups ont bénéficié de 230 heures de coaching individuel, complétées par 40 heures de formations collectives et de sessions de partage d’expérience entre entrepreneurs, favorisant l’apprentissage collaboratif. L’intelligence artificielle a également occupé une place centrale avec 8 heures de formation consacrée à l’IA et au prototypage, permettant aux porteurs de projets de développer rapidement des solutions concrètes.
Le programme a également renforcé les opportunités de collaboration au sein de l’écosystème. Au total, 57 rendez-vous B2B ont été organisés, ouvrant la voie à de futurs partenariats commerciaux. À cela s’ajoutent 27 rencontres avec les autorités de régulation, facilitant les échanges autour des enjeux réglementaires du secteur. Plus largement, 32 institutions et organismes se sont mobilisés tout au long du programme pour accompagner les entrepreneurs. Les premiers résultats obtenus par les 23 startups confirment l’impact opérationnel du Fintech Booster. Sur le plan réglementaire, cinq projets ont déjà engagé leurs démarches auprès des régulateurs. Côté innovation, 100 % des startups disposent désormais d’un MVP (Minimum Viable Product) opérationnel, toutes les plateformes ayant atteint leur phase de finalisation technique, une étape déterminante pour toute jeune entreprise technologique. La dynamique commerciale est également bien engagée. Plus de 12 accords, signés ou en cours de finalisation avec des banques, institutions financières et grandes entreprises, ouvrent des perspectives de collaboration structurantes. De même, quatre solutions développées dans le cadre du programme sont d’ores et déjà entrées en phase de commercialisation, marquant le passage des startups de l’innovation au marché.
Après le Demo Day
Le MFC a conçu un plan d’intégration personnalisé pour chaque startup, afin de consolider les acquis du programme. Chaque startup sera suivie individuellement à travers 4 réunions de coaching, assurées en binôme par un conseiller Fintech MFC et un coach INSKIP. En complément, 3 sessions mensuelles d’office hours seront ouvertes à l’ensemble de la cohorte, couvrant successivement les grandes thématiques qui jalonnent la vie d’une jeune pousse : le juridique et le réglementaire d’abord, puis le produit, puis l’investissement. Un séquençage pensé pour coller aux besoins réels des startups à chaque étape de leur développement. Par ailleurs, l’ensemble de la cohorte se retrouvera le 29 septembre 2026 pour un meet-up de clôture, moment de bilan collectif destiné à mesurer les avancées post-programme et à entretenir la dynamique de réseau née durant les huit semaines d’accompagnement.










