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Intelligence artificielle : La douane prépare son grand virage

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Un volet important sera consacré à la gouvernance, à l’éthique et à la gestion des risques liés à l’IA, avec un cadre aligné sur les standards internationaux, notamment les normes ISO. 

Feuille de route: L’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) prépare une stratégie d’adoption de l’intelligence artificielle, accompagnée d’une feuille de route opérationnelle. L’objectif est d’identifier et de prioriser les usages de l’IA, notamment pour le ciblage des contrôles, l’automatisation du dédouanement, l’analyse documentaire et le contrôle non intrusif. L’ADII entend ainsi poser les bases d’une adoption progressive et souveraine de l’intelligence artificielle, en privilégiant une approche à la fois innovante, sécurisée et directement alignée sur ses besoins opérationnels.

L’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) entend franchir un nouveau cap dans sa transformation numérique. Elle s’apprête ainsi à élaborer une stratégie d’adoption de l’intelligence artificielle (IA), accompagnée d’une feuille de route opérationnelle destinée à encadrer l’intégration progressive, sécurisée et maîtrisée de ces technologies au sein de l’Administration. L’objectif ne se limite pas à identifier des cas d’usage de l’IA. Il s’agit également de définir les conditions organisationnelles, technologiques, réglementaires, humaines et opérationnelles nécessaires à leur industrialisation et à leur déploiement à l’échelle de l’ADII.

À terme, l’Administration souhaite disposer d’une vision stratégique claire et d’une feuille de route pragmatique, priorisée et chiffrée, conciliant innovation, sécurité des données, conformité réglementaire, souveraineté numérique et cohérence avec les projets de transformation déjà engagés. L’accompagnement envisagé devra notamment permettre d’évaluer le niveau de maturité de l’ADII en matière de données, d’analytique avancée et d’intelligence artificielle, ainsi que ses capacités technologiques actuelles. Il s’agit également d’examiner la pertinence, la faisabilité et la maturité des cas d’usage déjà identifiés et, le cas échéant, en proposer de nouveaux.

L’étude devra par ailleurs déterminer les prérequis organisationnels, technologiques, humains, normatifs et de gouvernance nécessaires à l’adoption de l’IA. Elle devra aboutir à la définition d’une architecture technique cible de référence, en cohérence avec la gouvernance des données et la plateforme Big Data de l’Administration. Un volet important sera consacré à la gouvernance, à l’éthique et à la gestion des risques liés à l’IA, avec un cadre aligné sur les standards internationaux, notamment les normes ISO. La mission devra également définir une stratégie de développement des compétences et de conduite du changement, tout en hiérarchisant les cas d’usage à court, moyen et long termes et en identifiant les initiatives susceptibles de générer des résultats rapides, les « Quick Wins ». Ce projet devra couvrir l’ensemble des activités de l’ADII susceptibles de bénéficier de l’intelligence artificielle.

Il s’agit d’analyser les opportunités offertes par un large éventail de technologies, allant de l’IA générative aux grands modèles de langage (LLM), en passant par l’IA agentique, les architectures RAG, le Machine Learning et le Deep Learning. L’analyse portera également sur l’intelligence prédictive et prescriptive, la vision par ordinateur, le traitement automatique du langage naturel (TALN), l’automatisation intelligente, les systèmes de recommandation et l’analyse comportementale. Les technologies de détection de la fraude et les solutions émergentes liées à l’intelligence artificielle feront également partie du périmètre. L’approche se veut ainsi prospective et ne devra pas se limiter aux technologies actuellement les plus médiatisées, mais couvrir les solutions susceptibles d’apporter une valeur ajoutée à l’Administration à court, moyen et long termes.

Les domaines prioritaires

Plusieurs domaines ont d’ores et déjà été identifiés comme prioritaires notamment le ciblage des contrôles, le dédouanement et l’automatisation des processus, l’analyse documentaire et la valorisation de la donnée, ainsi que le contrôle non intrusif et la confiance numérique. Cette démarche devra par ailleurs s’inscrire dans la continuité des projets structurants déjà engagés par l’ADII, notamment ceux relatifs à la gouvernance des données, à la plateforme Big Data et à l’intégration de l’IA. Un examen devra être fait, pour chacun de ces projets, les objectifs, les livrables, les architectures envisagées, les cas d’usage identifiés ainsi que les contraintes et les résultats obtenus ou attendus. Une attention particulière sera accordée à plusieurs cas d’usage déjà identifiés, notamment l’OCR et la compréhension documentaire, le classement tarifaire assisté, l’analyse des images issues des scanners, le profilage, le clustering et la détection des anomalies, ainsi que la blockchain appliquée à la confiance numérique.

Des « Quick Wins » pour démontrer rapidement la valeur de l’IA

L’identification d’initiatives à gains rapides constitue l’un des objectifs majeurs de la mission. Des projets à forte valeur ajoutée, réalisables à court terme et compatibles avec les capacités actuelles de l’ADII seront proposés. Le choix de ces « Quick Wins » ne reposera toutefois pas uniquement sur leur facilité de mise en œuvre. Leur valeur métier, leur impact mesurable et leur cohérence avec la trajectoire globale d’adoption de l’IA devront également être pris en compte. Les recommandations devront par ailleurs tenir compte des contraintes d’infrastructure. Les équipements destinés à supporter les futurs usages de l’IA étant encore en cours de déploiement, la feuille de route devra distinguer les initiatives immédiatement réalisables de celles qui dépendront de la mise en place de nouvelles infrastructures.

Souveraineté et sécurité des données au cœur du dispositif

La sécurité, la conformité et la souveraineté des données constituent un autre axe central du projet. Toutes les recommandations devront respecter la réglementation nationale applicable, les exigences de confidentialité, les règles de cybersécurité ainsi que les politiques internes de l’ADII. Le recours à un cloud public hébergé à l’étranger pour le stockage ou le traitement de données sensibles est notamment exclu. Le futur dispositif devra ainsi privilégier un environnement maîtrisé par l’Administration, qu’il s’agisse d’une infrastructure « On-Premise », d’un cloud privé ou d’un environnement souverain équivalent.

Vers un socle Data & IA souverain

La mission prévoit enfin la définition d’une architecture cible de référence couvrant la gouvernance des données, la plateforme Big Data, les capacités analytiques, les plateformes de Machine Learning, les dispositifs MLOps et LLMOps, l’IA générative, la sécurité, l’auditabilité et les différents modèles de déploiement.
Cette architecture devra intégrer les exigences de sécurité tout au long du cycle de vie des modèles ainsi que les mécanismes de protection des données. La prestation prévoit également la mise en place d’un socle technique Data & IA souverain et sécurisé, ainsi que la réalisation d’un produit minimum viable (MVP) autour d’un cas d’usage prioritaire. Ce démonstrateur devra couvrir l’ensemble de la chaîne, depuis l’accès aux données jusqu’à la restitution des résultats aux utilisateurs métiers.

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