Les participants ont passé au crible les enjeux de la souveraineté numérique, de la maîtrise des données et des prérequis énergétiques du développement de l’intelligence en Afrique.
Coopération technologique : Le Maroc affirme sa volonté d’accompagner l’Afrique dans sa transition numérique en partageant son savoir-faire
en IA pour l’agriculture, l’éducation et les langues locales. Porté par des projets souverains et écologiques comme «Igouda» à Dakhla, ce positionnement s’inscrit dans un appel à un partenariat euro-africain éthique, énergétiquement viable et centré sur la maîtrise des données.
Le Maroc se dit prêt à partager son expertise avec les pays d’Afrique en matière d’intelligence artificielle appliquée à l’agriculture, au développement de modèles de langage locaux et à l’éducation. Cette ambition a été exprimée lors d’un panel ministériel où des représentants gouvernementaux africains et arabes ont débattu de la redéfinition de la souveraineté à l’ère de l’intelligence artificielle. Les participants ont passé au crible les enjeux de la souveraineté numérique, de la maîtrise des données et des prérequis énergétiques du développement de l’intelligence en Afrique, soulignant par l’occasion la nécessité de mettre en place un partenariat technologique euro-africain, centré sur l’humain et fondé sur l’éthique et le partage.
Ce conclave a été une occasion pour mettre en avant l’engagement du Royaume en faveur d’une infrastructure souveraine. Ceci s’illustre par le lancement des études techniques pour la construction dans la région de Dakhla d’«Igouda», conçu comme une véritable «data embassy» à la lisière du Sahel. Il s’agit en effet du plus grand data center d’Afrique de nouvelle génération dont la capacité devrait atteindre les 500 mégawatts à l’horizon 2030. Il s’agira d’une infrastructure totalement «green», alimentée exclusivement par des énergies renouvelables et refroidie grâce à l’eau de l’océan Atlantique.
Du côté français; Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, a mis en avant la vision européenne d’une souveraineté technologique assumée pour réduire les dépendances dans des secteurs stratégiques tels que le cloud, la cybersécurité et l’IA. Mme Le Hénanff a dans ce sens salué la «forte convergence de visions entre l’Europe et l’Afrique, insistant sur l’importance de promouvoir une technologie éthique qui respecte l’environnement et place l’humain au cœur de ses préoccupations». Elle a par ailleurs exprimé la disposition de son pays à mettre son expérience à la disposition des pays africains afin de renforcer leur souveraineté numérique.
Pour sa part, Mark-Alexandre Doumba, ministre gabonais de l’économie numérique, de la digitalisation et de l’innovation, a rappelé que l’accès à une énergie en quantité suffisante et à un coût compétitif constitue la composante la plus critique pour développer une véritable économie de l’IA. Les pays africains, comme le Gabon, dont le mix énergétique repose fortement sur l’hydroélectricité, disposent d’un avantage comparatif majeur sur ce plan, a-t-il indiqué, appelant à une analyse sectorielle rigoureuse pour permettre aux États africains de valoriser stratégiquement leurs ressources naturelles et de se frayer durablement une place dans l’économie numérique de demain.
Les échanges ont mis en lumière la nécessité d’une approche coordonnée et pluraliste articulée autour du triptyque: souveraineté des données, sécurité énergétique et coopération technologique. Une feuille de route qui se trace pour que l’Afrique transforme ses atouts en leviers durables de développement par la technologie.










