Internationalisation de l’économie dans la période post-pandémie : Quels enjeux pour le Maroc ?

Internationalisation de l’économie dans la période post-pandémie : Quels enjeux pour le Maroc ?

Les opportunités à saisir pour le Maroc reposent sur un environnement propice aux affaires, le renforcement des synergies entre les écosystèmes industriels et la collaboration entre acteurs publics et privés.

L’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS) décrypte les perspectives d’évolution de la dynamique d’internationalisation de l’économie marocaine post-pandémie. Il met en avant dans une récente étude le positionnement du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales (CVM) et explore les relations économiques du pays sur les deux prochaines décennies. Intitulé «L’internationalisation de l’économie marocaine : projection 2020-2030», ce policy paper met les projecteurs sur la place actuelle du Royaume dans les CVM à travers des secteurs clés comme l’automobile, l’aéronautique, le textile, l’agroalimentaire, les services ou encore l’industrie pharmaceutique. Dans cette étude, des scénarios de perspectives d’évolution de ces industries sont retenus.

Il s’agit des scénarios de continuités qui pourraient ouvrir au Maroc des opportunités de croissance en lien avec la décomposition internationale des processus de production et des scénarios de ruptures qui constituent une menace pour les secteurs identifiés, et qui pourraient se matérialiser soit par un repli national, soit par un phénomène de relocalisation. Cette approche de l’IMIS examine aussi les relations économiques et financières qui représentent un enjeu stratégique de développement pour le Maroc. Ces relations devront être confortées à travers une politique de diversification des partenariats, notamment vers l’Afrique et les BRICS.

Challenges

Les chaînes de valeur mondiales impliquent des compétences et des capacités (CVM). «Au Maroc, la solidification du potentiel du commerce et de la participation aux CVM ne doit pas seulement passer par la modernisation du système éducatif et des formations techniques, l’amélioration de l’environnement économique et des réseaux de logistique et de transport. Elle doit également être soutenue par les nouvelles technologies et leur déploiement par le biais des CVM», précise ledit rapport. Actuellement, le monde s’oriente vers des technologies de production basées sur l’automatisation, la robotique et l’impression 3D. Ce qui va augmenter la demande de main-d’œuvre qualifiée et réduire celle de main-d’oeuvre non qualifiée. «A cet effet, les changements technologiques axés sur les compétences et associés aux CVM exigent un dédoublement des investissements dans le capital humain. Ainsi, c’est l’énigme des «Compétences et capacités complémentaires» que le Maroc est appelé à résoudre», peut-on lire dans cette analyse.

Stratégies à déployer

Les opportunités à saisir pour le Maroc reposent sur un environnement propice aux affaires, le renforcement des synergies entre les écosystèmes industriels et la collaboration entre acteurs publics et privés. Il s’agit aussi de viser l’intégration dans l’économie mondiale mais pas aux dépens des priorités nationales.
Actuellement, il est nécessaire pour les pouvoirs publics de s’adapter aux changements que connaîtront les chaînes de valeur et à innover en matière d’incitations. «En effet, les incitations des premières années de croissance des différents secteurs (réglementation, formation, promotion d’investissement, facilitations) doivent être renouvelées et réactualisées à travers une orientation vers la numérisation et un suivi des stratégies des opérateurs étrangers», indique cette étude. Par ailleurs, entre opportunités de relocalisations régionales et menaces de repli national, le Maroc sera appelé à renforcer sa résilience économique, à consolider son positionnement dans les secteurs stratégiques et à tirer parti des mouvements de relocalisations régionales.

Vers des partenariats d’avenir

Le Maroc mise sur de nouveaux partenariats. Dans les scénarios d’évolution des relations économiques Maroc-Afrique, les investissements marocains dans cette région sont en hausse. Ainsi, le secteur bancaire occupe la première place dans les investissements directs du Maroc en Afrique. Il en ressort que les banques marocaines «constituent une force gravitationnelle permettant non seulement d’accompagner les firmes déjà implantées en Afrique mais également d’y attirer de nouveaux investisseurs marocains», selon la même source. Néanmoins, trois défis font face à l’évolution de l’internationalisation des banques marocaines en Afrique. Cela concerne l’accompagnement de l’expansion des PME marocaines en Afrique, le renforcement de l’intégration économique africaine, l’amélioration de l’offre exportable marocaine. En termes d’accompagnement, le financement du cycle d’exploitation des PME marocaines en Afrique s’avère difficile. «Les banques sur place ne peuvent pas toujours les accompagner, surtout avec la montée des difficultés de paiement dans plusieurs pays africains. Ces PME attendent davantage de soutien des pouvoirs publics afin d’optimiser leurs résultats africains. Les experts leur recommandent d’opter pour le regroupement dans leurs stratégies d’internationalisation à travers la création de consortiums», précise l’IMIS.
Plus globalement et sur le plan des opportunités, la Zlecaf ambitionne de faire de l’Afrique la plus grande zone économique dans le monde à l’horizon 2050, avec 2,5 milliards de consommateurs. «Toutefois, l’appartenance à un accord d’intégration régional ne suffit pas pour expliquer l’intensification des échanges. La distance géographique et les questions logistiques, la distance économique et l’écart des structures de spécialisation sont autant de questions auxquelles le Maroc devra prêter attention», relève-t-on.

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